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Exposition photo

Le voyage Infini

Le voyage Infini

Répartie sur deux lieux distincts à Paris, la Maison de l’Amérique latine et l’Institut Cervantes, cette exposition dans son ensemble est une invitation à pénétrer dans l’univers du grand écrivain argentin Julio Cortzar (Bruxelles,1914 - Paris,1984), à travers la présentation d’une sélection de ses archives photographiques personnelles, déposées en 2005 au Centro Galego de Artes da Imaxe (CGAI) par Aurora Bernrdez, la première épouse de Cortzar et sa légataire universelle. Constitué de plus de quatre mille images - tirages photos, négatifs, diapositives, films en super 8-, de lettres et de manuscrits, ce fonds est unique au monde

A l’image d’une vaste Marelle, clin d’œil au célèbre roman de Cortzar, l’exposition offre un parcours à la fois chronologique et artistique. Véritable album photographique qui mène le visiteur, des tout jeunes portraits d’enfance en Suisse à ceux des premières années de sa vie à Paris, dans ses nombreux voyages à travers le monde et dans les années soixante-dix marquées par la consécration littéraire, et enfin, jusqu’à la fin de sa vie à Paris à nouveau, parmi les amis peintres, écrivains, photographes et cinéastes.

Julio Cortázar, La Havane, Cuba, 1966
Julio Cortzar, La Havane, Cuba, 1966
© Photo Chino Lpez Fonds Aurora Bernrdez, Coll CGA

La lecture de ses lettres, écrites depuis l’Inde, l’Iran ou la Galice, permet de mieux cerner celui pour qui la littérature devait rompre avec les schémas narratifs traditionnels. Des documents appartenant à des collections privées et publiques rendent compte de la relation très nourrie de Cortzar avec ses éditeurs en général et ses premiers lecteurs, exilés galiciens à Buenos Aires, artisans de ses publications initiales. Où l’on note également que son goût prononcé pour l’intrusion du fantastique dans le quotidien et pour toutes les formes d’expression n’empêchèrent nullement l’écrivain de devenir plus tard un homme engagé, à l’écoute des bruits du monde et de ses transformations politiques.

Julio Cortázar et Lezama Lima, La Havane, Cuba, 1966.
Julio Cortzar et Lezama Lima, La Havane, Cuba, 1966.
© Photo Chino Lpez Fonds Aurora Bernrdez, Coll CGAI

Mais la chronologie se fond dans un parcours artistique qui témoigne de l’univers intime, subjectif et multiple de l’inventeur des Cronopes et des Fameux. Sa curiosité aux aguêts, son esprit ludique, sa vocation à transgresser les genres, a jouer des miroirs et des labyrinthes, sa fascination pour l’image sont ici mis à nus.

Julio Cortázar, Buenos Aires, 1940
Julio Cortzar, Buenos Aires, 1940
© Fonds Aurora Bernrdez, Coll CGAI

Car homme de l’image, Cortzar l’était, lui qui sortait toujours avec un appareil photo et comparait la photographie au conte et le cinéma au roman. Ces quatre éléments, auxquels il faut ajouter un cinquième, la musique -jazz et tango- constituaient les fondements et le moteur même de sa vie. Les nombreuses photographies de Sara Facio, Alicia D’Amico, Antonio Glvez, Pepe Fernndez, José Gelabert reflètent fidèlement les passions d’un homme à l’affût de tout, occupé à déchiffrer les signes du monde comme on déchiffre les pages d’un livre où le mot « fin » aurait été omis.

Autoportrait, Buenos Aires, Argentine, 1947
Autoportrait, Buenos Aires, Argentine, 1947
© Fonds Aurora Bernrdez, Coll CGAI

Puis l’on découvre au complet les séries photographiques réalisées par lui-même, comme la troublante Mueca rota (Poupée cassée) et la poétique Prose de l’Observatoire, où se dévoile une sensibilité obsessionnelle pour les ressorts de la nature humaine et l’architecture comme paysage. Des films en super 8 tournés par lui et pratiquement inconnus du public soulignent encore un peu plus le rôle prédominant de l’image pour l’auteur de la nouvelle Les fils de la vierge, où le héros est un photographe, portée à l’écran par Antonioni avec Blow up. A ses propres créations, il faut ajouter celles d’artistes représentés ensemble pour la première fois, les amis de Paris comme Julio Silva, Luis Tomasello, Alechinsky, et Antonio Saura, galiciens comme Luis Seoane, Leopoldo Nvoa, dont les œuvres figuraient dans la collection personnelle de l’écrivain.

<b>Julio Cortázar, Premier voyage en Inde, 1956</b><br />(c) Photo de Aurora Bernárdez
Fonds Aurora Bernárdez, Coll CGAI
Julio Cortázar, Premier voyage en Inde, 1956
© Photo de Aurora Bernárdez
Fonds Aurora Bernárdez, Coll CGAI
<b>Julio Cortázar, Chino López et Lezama Lima, La Havane, Cuba, 1966</b><br />(c) Fonds Aurora Bernárdez, Coll CGAI
Julio Cortázar, Chino López et Lezama Lima, La Havane, Cuba, 1966
© Fonds Aurora Bernárdez, Coll CGAI
<b>Autoportrait, Paris, 1975</b><br />(c) Fonds Aurora Bernárdez, Coll CGAI
Autoportrait, Paris, 1975
© Fonds Aurora Bernárdez, Coll CGAI

Informations pratiques :

Le voyage Infini
Archives photographiques de Julio Cortzar
Du 12 janvier au 30 mars 2007
Maison de l’Amérique latine (Paris, 7ème)
 


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