Votre publicité ici

Statistiques du site



Trouver un photographe professionnel


Acheter cet ouvrage :

Voir aussi : notre boutique

25/02/05 - Par Loïc Fel (usage interdit)  - 832 visites  -  Impression (PDF) 

Les hommes de chair

Les hommes de chair - Sincérité du Visage

Sincérité du Visage

Les photographies de Didier Ben Loulou, éditées par le Consulat Général de France à Jérusalem, sont magistralement expliquées par le texte de Catherine Chalier qui les accompagne, à tel point d’ailleurs que nous ne prétendrons pas analyser ces surprenants clichés. Pourtant, nous pouvons vous inviter à partager l’impression ressentie à l’ouverture de ce beau livre.

L’objet lui-même déjà est sobre, le papier est épais, la couverture finement granuleuse pour un bon maintient et le format à la taille du visage permet de s’immerger totalement dans le travail du photographe. On ouvre. On découvre alors des portraits. « Encore ! » me direz-vous. Le public en a soupé de ce genre éculé. D’accord, ce sont uniquement des gros plans, ça ne pose pas problème non plus. À travers la publicité en général et les cosmétiques en particulier, des gros plans sur des ongles faits, des paupières maquillées ou un grain de peau unifié par le dernier fond de teint ne surprennent plus, ne choquent plus, ne gènent plus, parce que le modèle est déjà esthétisé, magnifié par la lumière savamment aménagé et le photographe spécialisé. Oui, mais là, ça n’a rien à voir ! Pas d’artifice, pas d’idéalisme béat. Ce qui est montré, ce ne sont plus des objets esthétiques qui se revendiquent comme tels, mais des sujets humains de chair et de sang, qui ont un vécu une histoire, inaccessible dans son contenu, mystérieuse, mais tellement présente !

De prime abord ces photos déroutent non pas en raison de leur forte originalité, mais bien plutôt parce qu’elles renvoient le spectateur à ce que signifie vraiment d’être humain. Avant tout c’est être un être de chair. En faisant des gros plans, parfois si rapprochés qu’on ne distingue que la peau sans pouvoir situer son emplacement sur le corps, apparaissent toutes les particularités de sa structure. Ses marques, ses défauts, ses plis, ses poils les plus insoupçonnables, rien ne nous est épargné. C’est là la peau telle qu’elle est, ni maquillée, ni exposée à une lumière de mise en scène. On devine la sècheresse, ou ici une peau grasse, là les rides, ici encore les gerçures, mais sans excès non plus, le sujet n’est pas là. Ben Loulou prend les clichés des gens qu’ils croise, il ne choisit pas ses sujets en fonction de leur age ou de leur ethnie, et la plupart du temps on serait bien incapable de le préciser. Voilà, être humain c’est simplement être fait de chair, d’abord et avant tout, et la peau en est la partie exposée à tous. Socialement il s’agira des mains et du visage, le cou aussi, les pieds parfois. C’est pourquoi toutes ces parties sont photographiées sous le terme général de « visage », visage étant compris comme les parties du corps exposé à l’air et au regard. Ensuite c’est être particulier et donc seul... Il y a comme une inéluctable condamnation à la solitude qui émane de ces clichés sans que l’on puisse vraiment dire pourquoi. Effectivement on ressent un silence, un silence respectueux face à la chair qui exprime la mortalité. Ce n’est pas un silence gêné, ce n’est pas un silence de deuil non plus parce que ces visages portent une profondeur qui suppose la vie et l’histoire personnelle, non, c’est un silence nécessaire face à l’indicible. On touche à l’inénarrable quant on aborde le plus grand de tout les secrets et que l’on touche au sacré absolu : le sujet en tant que personne humaine. Et cette forte individuation, par delà la chair, la même pour tous, nous renvoie à la difficulté de rencontrer l’autre, même cet autre dont le visage nous est exposé et qui ne nous dit rien de lui en dehors de sa chair. Enfin, ces clichés impliquent discrètement qu’être humain c’est être historique. Peut-être est-ce la raison du lieu des portraits : la vielle ville de Jérusalem, avec le poids de l’histoire et de l’actualité que l’on connaît... On ne voit pas la ville, on n’identifie pas les modèles, mais on le sait et on en comprend toute la profondeur, confusément, spontanément. Alors ces photographies nous mettent face à des hommes, et pas face à nous-même, pas face à notre moi idéal ou un canon esthétique contemporain comme dans le grand reportage, la mode ou la publicité, l’esthétisme n’est pas formel, du moins pas le même, non, ces clichés sont à part. Ils ne témoignent pas, ils montrent des gens, inconnus, et c’est tout, mais c’est déjà incommensurable !


Informations pratiques, notation et achat :

Parution : 01/07/2004
35 euros
25 x 25 broché 596 g
96 pages
ISBN : 2-914381-8
Note sujet : 5/5
Note photos : 5/5
Note textes : 5/5
Note esthétique : 5/5
 


En savoir plus sur :



Participer :


  Donnez votre avis sur cet ouvrage (forum)
  Devenez chroniqueur (rub. livres)
Enregistrer au format PDF  Enregistrez / imprimez cet article (PDF)


      Choisir un photographeRetour en haut ^   
 
    Evénements
   partenaires :


   En savoir plus


Tous nos Flux RSS 
Chercher un photographe professionnel