Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Agenda Expositions :
(actuellement 46)
Prochains vernissages >>
Autres événements >>
Stages - Formations >>
Par Galerie le Réverbère
- 276 visites
- Impression (PDF)
Les pépinières du Réverbère

Il est dans la vie d’une galerie des difficultés inattendues comme programmer de nouveaux photographes sans rompre le rythme naturel du flux des productions des artistes représentés depuis longtemps. Notre frustration de laisser de côté tant de photographes dont les images nous intéressent nous a amenés à imaginer cette ouverture que nous nommons Les pépinières du Réverbère. Dans l’ensemble des dossiers que nous regardons se dégagent des préoccupations communes. De ces rencontres naissent les « pépinières ».
Les lieux, les personnes, les livres, les odeurs tissent entre eux des liens secrets, liens tricotant nos bribes de mémoires latentes, contre l’oubli. Nous sommes faits de ces latences, elles organisent notre rapport au monde. Dès l’enfance, la langue nous éloigne du réel pour nous installer dans un espace de fiction. La langue et ses multitudes de formules créent des images du monde, images qui ne se montrent pas mais qui se rassemblent. Il s’agit de l’empreinte de l’intime et de ses passions, distincte de toute représentation. Pour être sage comme une image, suffit-il d’en être une ?
Delphine Balley, François Deladerrière, Julien Guinand et Géraldine Lay sont de cette première génération qui a découvert le monde par l’écran cathodique, et qui instinctivement sait que l’image n’est pas sage et que, comme les mots, elle ne définit pas la chose mais s’en distingue. Chacun à sa manière tisse la présence invisible du distinct, présence qui n’appartient pas au domaine des objets, de leur perception, mais à celui des forces sous-jacentes, de leur lien silencieux avec celles-ci.
L’une, Delphine, par la mise en scène d’un album de famille, avide de consigner un maximum de détails, dessine l’impossible contour de ce que l’on appelle le cadre de vie. Cadre de vie qui s’inscrit dans des formats carrés en couleur où les apparences futiles et le kitsch laissent la place à un dérèglement du quotidien.
L’autre, François, qui par une science toute particulière du cadrage nous prend à revers de nos habitus en nous obligeant à regarder ses photographies de bas en haut, nous soumet à une lecture où le défilement du monde est inversé. Nous sommes sous le poids des images : le regard, la couleur, le temps montent par la base de ses formats carrés.
Julien, lui, saisit la lutte sans cesse jouée du crépuscule, il affronte de face dans des formats rectangles la lumière qui biaise, il concentre l’espace dans un jeu centripète où couleur et noir et blanc foncent littéralement au coeur de l’image. Dans cette projection du regard au-delà de la surface naît un aller et retour, le jusant du temps.
Pour Géraldine, l’éblouissement suspend le monde en images : ses photographies figent dans l’éclair l’inquiétante présence du quotidien. L’apparente désuétude des scènes laisse affleurer une violence retenue là, juste au bord de la coupe du cadrage. Malgré la discrétion et la distance de la photographe, nous sommes confrontés à la déchirure et au bruit fracassant de l’acte photographique. L’acteur du délit est dénoncé : l’appareil photo.
Chacun d’eux cherche l’évidence de l’invisible. Bercés par le flux des imagesmouvement, ils se sont tricoté une mémoire de lapsus visuel dont ils se servent pour arrêter le temps en images fixes. Les photographies de ces artistes sont des blocs de sentiments retenus, des blocs d’attentes qui suspendent le cours du temps. Elles s’ancrent dans leurs réminiscences tout en faisant écho aux nôtres. Elles sont leurs paroles muettes et se logent au coeur des choses. Cette parole muette devient alors l’éloquence de cela même qui est muet, plus véridique que tout discours, plus inquiétante que la réalité puisqu’elles en sont le lapsus dont nous cherchons le sens.
Jacques Damez
Informations pratiques :
Galerie Le Réverbère LyonVernissage le 1er mars 2005, de 18h à 21h, en présence des photographes
38, rue Burdeau
69001 Lyon
Tél : 04 72 00 06 72
http://www.galerielereverbere.com/
Entrée libre du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous
Accès : à 5 minutes à pied de la place des Terreaux, métro Croix-Paquet ou Hôtel de Ville, parking des Terreaux ou parking Tolozan
En savoir plus sur :
- Delphine balley Photographe
- François deladerrière Photographe
- Julien guinand Photographe
- Géraldine lay Photographe
- Galerie le Réverbère Lieu d’expo
(abonné annuaire)
Participer :
Donnez votre avis sur cet événement (forum)
Devenez chroniqueur (rub. livres)










