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Par Galerie Isabelle Gounod
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Exposition photo Paris (75)
Light Incident

Thomas Léon
Les travaux de Thomas Léon se déploient principalement à travers la vidéo numérique. Ce sont des installations complexes et condensées, explorant un environnement urbain antiromantique (habitats collectifs, urbanisme périphérique) investi d’une tension émotionnelle forte au travers d’images et de sons de synthèse. Ses productions entretiennent des relations avec le cinéma structurel et accordent une grande importance à la forme et au mode de construction de l’œuvre. Ses installations ont une dimension réflexive, rendant explicite le mode d’apparition de l’œuvre (le temps de déroulement du film) autant que l’action du spectateur (le temps passé à parcourir l’installation).
L’exposition s’articule autour de "The Time Machine" (2009), installation vidéo inspirée du roman éponyme d’Herbert George Wells (1895). L’auteur livre un récit d’anticipation très influencé par les développements scientifiques et le contexte politique de son époque. Le roman est également contemporain de la construction des premiers métros et des réflexions sur les cités-jardins. Il met en résonance un ordre social bipolaire avec l’organisation urbanistique du début du 20ème siècle en faisant des conjectures sur leurs développements conjoints.
L’installation "The Time Machine" se focalise sur des lieux emblématiques, (la Cité Universitaire Internationale à Paris, les tunnels du métro) envisagés comme décors possibles du récit de Wells. Elle les parcourt et révèle les tensions qui les traversent encore en mêlant à cette déambulation une réflexion sur le territoire et ses représentations à l’ère du numérique. L’installation à été réalisée à l’invitation de Glassbox et de la Cité internationale universitaire de Paris dans le cadre de leur programme "Acteurs Autonomes".
Une série de tirages photographiques en noir et blanc, les "Lightmaps" (2009) répond à l’installation. Ces images sont des représentations synthétiques d’espaces virtuels et des valeurs d’éclairement de leurs surfaces. La traduction de ces valeurs en niveaux de gris et leur organisation dans l’espace du tirage font se croiser les fondamentaux de la photographie avec l’imagerie informatique et la cartographie. Sont également proposées les deux vidéos "High Latency" (2007) et "Exposition automatique" (2008). Ces explorations d’habitat rationalisé sont toutes deux construites autour d’un travelling continu, à partir duquel l’oeuvre se déploie comme une aventure où se croisent des références à l’architecture et au modernisme. Ces deux pièces sont présentées sur moniteur dans un dispositif binoculaire inédit.
"The Time Machine", installation vidéo, a été réalisée avec le soutien de la DRAC – Direction régionale des affaires culturelles – Île-de-France – Allocation pour l’achat de matériel, 2008.
Thomas Léon :
Né en 1981 à Dijon, Thomas Léon vit et travaille actuellement à Paris. Ses installations ont notamment été présentées lors des expositions suivantes : « Les enfants du sabbat 07 » au Creux de l’enfer, Centre d’Art Contemporain de Thiers en 2006, « Multipolaire » à la Halle 14 de Leipzig (Allemagne) en 2006, « Filterbox » à Glassbox (Paris) en 2006, « Le syndrome de Broadway » au Centre d’Art du Parc Saint-Léger à Pougues-les- Eaux en 2007, « Science et fiction » à la Générale en Manufacture (Sèvres) en 2008.
Ses travaux vidéos ont été diffusés dans le cadre de la "saison vidéo 2008", des "Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid 2008", au sein du programme "Macula" sur la chaîne "Souvenirs from earth" en 2009.
Glissements de terrain. Elie During :
Duchamp aurait pu le dire, s’il ne l’a pas dit : le virtuel, c’est l’inframince. Ce que Thomas Léon, pour son compte, désigne parfois comme des « micro-activités » ou des « événements de faible intensité ». « St Ouen, 13 mai 2004 » (2005) mettait en oeuvre les techniques de traitement d’image par ordinateur pour produire un événement minimal, enchâssé dans un devenir imperceptible : la variation continue de l’intensité de la lumière réfléchie sur les surfaces d’un décor urbain, le tremblement d’une feuille qui finit par se détacher pour tomber lentement. Dans le même ordre d’idées, un ralenti infini donnerait un plan quasifixe, une « nature morte animée » d’un mouvement catatonique, aussi inhumain que la reptation vermiculaire qui fait défiler le sol dans « Playground » (2005).
L’art croise le virtuel, ses technologies et son imaginaire, au point où le problème de la représentation (l’espace de la simulation) se transforme en un problème de durée. Le virtuel est un travail sur la durée, sur le temps envisagé dans ce qu’il a de substantiel, de matériel, de plastique. Il est du côté du ralenti, ou encore des raccords de durées et des accélérations qu’autorise le traitement numérique des images : voyez « Bullet-time » (2004) ou « Delay » (2004).
Il faut enfin revenir du temps à l’espace, recomposer l’espace de proche en proche, à partir de « terrains vagues » (virtuels) qui sont aussi des lambeaux de durées. Des vues de non-lieux ou de no man’s lands (tronçons de route, friches industrielles), toujours prises au ras du sol et comme courbées pour se raccorder les unes aux autres : voilà le matériau de « Playground ». Partout affleure l’imaginaire matériel du jeu vidéo, avec les effets de texture de ses paysages déroulés au kilomètre, générés de manière aléatoire par le raboutage de quelques motifs de base. Ce patchwork est traversé par un mouvement d’ensemble indéfinissable. C’est un travelling à la fois fluide et erratique ; quelque chose comme un glissement de terrain. Il n’y a là nulle scène, nul paysage, en dépit des projections mentales que suggère la bande-son.
Ce n’est pas la Terre vue du Ciel, mais l’espace déployé à ras de terre pour des yeux qui n’ont plus rien d’humain. Tout est plat, tout vient s’écraser sur un seul plan : espace haptique plutôt qu’optique, espace lisse, espace animal. Sous le lieu, sous le site, sous l’espace codé par ses usages, ses significations, sa symbolique, il aura donc fallu retrouver le sol dans ce qu’il a de plus matériel. Il aura fallu reconduire le terrain au désert, ou à l’apparence d’un sol lunaire. C’est ce chemin du désert qu’évoquent encore les trois vues imprimées sur opaline (« 3 vues et un courant d’air », 2004). Cet espace-là, on ne peut l’occuper, ni à fortiori l’habiter ; on ne peut que le sillonner en tous sens en glissant, ou y faire passer le souffle du vent.
L’exposition est aussi, à sa manière, un terrain vague. Le sol bétonné et ses marquages, les inévitables piliers qui obstruent la vue, les parois mobiles montées pour l’occasion... Il faudrait pouvoir traverser tout cela comme une bête, la tête inclinée vers le sol, en alternant des phases d’extrême rapidité et de lenteur, en s’arrêtant de loin en loin pour faire le point. « Treasure Island » (2005) parasite les voies habituelles de circulation dans l’espace de l’exposition. Le poste d’observation, la table d’orientation, l’emblème de la piraterie imprimé sur un T-shirt, placent le spectateur en position de vigie. L’exposition rejoint l’espace lisse et silencieux du glacis maritime : elle glisse, elle aussi, dans le virtuel.
In Catalogue de l’exposition « Les enfants du Sabbat », Thiers, 2006.
Benjamin Seror : Le Kammerspiel de Thomas Léon
Thomas Léon et la galerie Isabelle Gounod ont souhaité inviter Benjamin Seror à réaliser la performance "Le Kammerspiel de Thomas Léon" dans l’espace d’exposition le samedi 13 juin 2009 à 19h.
Le Kammerspiel est un terme inventé par August Strindberg pour désigner quatre courtes pièces de théâtre écrites à l’automne 1907 pour un théâtre qu’il imagine redimensionné à l’échelle d’un intérieur bourgeois du début du siècle pour s’attacher à décrire les tensions psychologiques des différents personnages en nous plongeant directement au coeur de leurs pensées où par effet de gros plan le théâtre de chambre devient un théâtre de tête, plongé dans la pensée de chacun des personnages.
Le Kammerspiel de Thomas Léon est une performance construite à partir de l’exposition, et dont le mode de narration se situe entre la conférence et la chanson de geste. Il sera question de paysage, de sa capture, de sa restitution, d’Hubert Robert, du continu, du neutre et de son intensité possible à la lumière de Roland Barthes, et de savoir si tout cela ou non constitue un théâtre de la pensée.
...
Benjamin Seror réalise des installations et des performances dans lesquelles la musique et plus particulièrement la chanson lui sert d’outil critique et narratif pour aborder une réflexion sur les moyens de décrire la complexité d’objets tels un volcan, un site internet, un groupe de musique des années 80 ou le travail d’autres artistes.
Né en 1979, Benjamin Seror vit et travaille à Lyon, où il suit le post-diplôme de l’ENBA. Son travail a été présenté au cours des expositions suivantes : "La chaussette retournée", à Live in your Head à Genève (Suisse) en 2009, "Sound time material" au Château des Adhémar à Montélimar en 2008, "15% d’héroïsme" à la Box à Bourges en 2008, "Capriccio cherche comtesse" de Sarah Tritz à Bétonsalon (Paris) en 2008, "filterbox" à Glassbox (Paris) en 2006. Il interviendra prochainement au centre d’art Oui à Grenoble et au Mac/Val à Vitry-sur-Seine.
Informations pratiques :
Light IncidentVidéos et Photographies de Thomas Léon
Du 6 juin au 18 juillet 2009
Galerie Isabelle Gounod (Paris 3ème)
Vernissage le samedi 6 juin 2009
Performance de Benjamin Seror samedi 13 juin 2009 à 19h
La galerie sera fermée du mercredi 24 au samedi 27 juin 2009
13, rue Chapon
75003 Paris
Tél./Fax : +33 (0) 1 48 04 04 80
Ouverture du mardi au samedi de 12h à 19h
http://www.galerie-gounod.com/
En savoir plus sur :
- Thomas léon Photographe
- Galerie Isabelle Gounod Lieu d’expo (abonné annuaire)
D'autres événements sur :
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