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8/11/05 -
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Logiciels, sites Internet : essayez-les avant d’acheter !

Dix-sept millions. Voici le nombre de sites Internet déjà créés en 2005 selon l’institut Netcraft, le chiffre explosant le record datant de 2000 (16 millions). Ces très nombreux sites ne sont pas tous actifs, ni même tous dignes d’intérêt, mais sur le tas chacun trouvera sans doute de quoi éveiller sa curiosité, parfaire ses connaissances ou encore trouver une alternative aux trop nombreuses heures passées quotidiennement devant la télévision. Dans cette conquête de l’information et de la connaissance, le novice apprendra à se servir d’un moteur de recherche, deviendra membre de communautés virtuelles, et se livrera même parfois à l’installation d’un ou plusieurs logiciels. Lesquels logiciels font eux aussi désormais partie intégrante du quotidien de l’internaute, ne serait-ce que parce que plusieurs sont en général nécessaires pour se connecter. Étonnamment, les photographes sont parmi les premiers à avoir utilisé des logiciels...
Photo : © Laurent Fabry
Malgré une certaine mésentente aujourd’hui [1], ce sont en effet surtout les photographes, les amateurs notamment, qui ont contribué à faire d’une firme comme Adobe, et son légendaire Photoshop, ce qu’ils sont aujourd’hui. Quinze ans de nouvelles versions et d’améliorations, mais aussi 15 ans de copies illégales, un piratage jusqu’ici peu contrôlé [2] car contribuant à faire de cette application un "must have" (un indispensable, un incontournable, au risque de passer pour un ringard si on ne l’a pas encore installé sur son ordinateur, que l’on en ait besoin ou non), utilisé par tous, et supposé savoir tout faire ou presque. Pourtant, il se trouve que pour certaines tâches les plus triviales [3], ou ne serait-ce qu’en terme d’accessibilité, celui-ci sera longtemps resté en-dessous de tout. Et ne parlons pas d’un ordinateur macintosh, équipé du dit logiciel, mais livré en standard comme c’est le cas aujourd’hui avec une souris sans molette ni bouton. Autant essayer de pratiquer la flûte traversière avec les pieds, le violon avec des gants de boxe comme le fit un jour si poétiquement notre très regretté Coluche...
Et les photographes de nager dans l’embarras le plus complet, sauf à envisager dépenser encore plus d’argent dans des livres et formations en tous genres pour espérer savoir un jour piloter l’engin. Bref, toute une industrie reposant sur la complexité d’un logiciel [4]. Alors pourquoi les photographes adoptent-ils les yeux fermés des systèmes qu’ils ne maîtrisent pas et dont ils n’ont, pour certains, pas besoin ? Tout simplement parce qu’ils n’ont pas pris la peine d’essayer autre chose. Or s’il est vrai que le logiciel en question reste celui qui a le plus de cordes à son arc, il n’est d’abord pas le seul à prétendre à une telle palette de fonctionnalités, Gimp, un logiciel libre, c’est-à-dire gratuit, se veut tout aussi complet. Et du reste, rien n’empêche d’employer des logiciels monotâches, moins chers ou plus légers, qui ne font que ce dont on a besoin et qui le font bien. Encore faut-il ne pas céder à la tendance générale, prendre le temps de comparer, de se faire sa propre opinion.
Malheureusement, même avec la meilleure volonté du monde, il n’est parfois pas évident de faire le bon choix, pour exemple, les logiciels qui semblent bien fonctionner, mais qui bien vite montrent leurs limites. Pour citer l’expérience vécue de celui qui un beau matin cède au concert de louanges de toute une communauté d’utilisateurs unanimes plutôt que de continuer à utiliser de parfaits petits programmes très pratiques coûtant moins de 50 dollars, je voudrais évoquer le cas de Dreamweaver, de Macromedia. Coïncidence fortuite, c’est une des sociétés qui vient justement de se faire racheter par Adobe ! Dreamweaver existe depuis bien des années, certes pas aussi longtemps que Photoshop (lequel vient de fêter ses 15 ans) mais il passe en tous cas déjà comme ce dernier pour la référence, la Rolls Royce dans son domaine (ici la création de sites web), avec bien entendu un prix qui s’en ressent. Pour le web designer en charge de petits sites de présentation en html ou en flash, Dreamweaver est une application géniale, qui gère à la fois un éditeur WYSIWYG, la gestion de sites et de leur arborescence, des fonctions de synchronisation FTP, etc. Pour le développeur en revanche, celui qui doit gérer de gros fichiers et n’a besoin que d’une chose essentielle, pouvoir s’y retrouver facilement dans un code bien organisé, ce logiciel qui permet pourtant des tas d’autres choses à priori plus complexes, se montre beaucoup trop court, voire carrément inadapté : impossible, par exemple, de poser des "marque-page" pour naviguer rapidement d’un point à un autre dans les lignes d’un même fichier. Pire encore, des fichiers qui, lorsqu’ils sont trop gros, sont soit ouverts jusqu’à la moitié seulement, soit tronqués avant la fin lors de leur enregistrement (problème reporté et vérifié par l’éditeur dans la version MX 2004 du logiciel, qui ne se manifeste plus en revanche sur la nouvelle et actuelle version 8). Une panique absolue, une véritable aberration qui n’appellera pas d’autres commentaires...
Pourquoi alors, au risque de se faire conspuer par une armée de petits soldats gonflés de leurs certitudes, oser critiquer ainsi Photoshop ? Pourquoi cette fronde contre des outils pourtant très bien et contre lesquels nous n’avons aucun haine ? Par défiance, par rébellion contre les produits commerciaux trop bien huilés qui ne laissent aucune place à la concurrence diront certains. Pas totalement faux, et les exemples sont nombreux, Internet Explorer, pour ne citer que lui, le navigateur Internet imposé par Microsoft, est de loin l’outil de navigation Internet le plus utilisé au monde. C’est pourtant celui qui respecte le moins les standards, faisant régner et perdurer le cauchemar des incompatibilités (nous lui préférons très largement Firefox). Mais pas seulement. Le but de cette démonstration est surtout d’illustrer l’erreur la plus commune qui consiste à se doter de matériels/logiciels en fonction de leur popularité, de leur prix exorbitant tenu pour gage de qualité, ou parce que quelqu’un de très bien informé en a dit le plus grand bien. Plutôt que par rapport à un besoin connu et précis. A moins que ce ne soit par flegme, un logiciel étant par définition un produit qui doit être installé, mis à jour, et maintenu, d’où parfois certaines réticences bien compréhensibles à la perspective de devoir jongler avec de si embarrassants dispositifs.
La bonne nouvelle dans tout cela ? C’est que justement Photosapiens, une application recommandée à tous les photographes quels qu’ils soient pour gérer leur propre site Internet, fonctionne, elle, sans logiciel ! Notre site permet même d’essayer son service en ligne exclusif sans attendre. Un simple login/mot de passe sont délivrés, après quoi il est possible de tester durant 7 jours toutes ses fonctionnalités : Téléchargez vos photos, fabriquez un site à vos couleurs, paramétrez vos rubriques pour présenter vos images, vos spécialités, vos travaux en cours, etc.
Que ce soit pour un logiciel ou un site Internet, ayez le bon réflexe qui vous permettra de faire le meilleur choix : demandez à essayer, puis faîtes l’effort de tester !
[1] L’UPC, première organisation professionnelle de défense du photographe, soutenue par Photosapiens depuis 2005, vient de quitter un de ses partenaires historiques et appelle les photographes auteurs à signer la pétition à l’attention de l’éditeur Adobe pour protester contre l’intégration dans la nouvelle version de son logiciel Creative suite, d’un accès direct à des banques d’images américaines libres de droit
[2] Attention, l’éditeur dispose aujourd’hui de son organe de contrôle, le BSA, une entité commune à d’autres éditeurs du même calibre. Il communique également depuis peu sur les implications pénales qu’entraine l’utilisation frauduleuse de ses logiciels
[3] Une des tâches les plus communes pour le photographe dans la gestion de ses images numériques, consiste à dupliquer un lot d’images afin d’en générer une version plus légère, dans une résolution moindre par exemple, pour un archivage, une indexation, un envoi sur le web ou par email, ou tout simplement pour une visualisation plus rapide. Eh bien disons le clairement, cette opération rendue simplissime par certains petits logiciels gratuits, si importante qu’elle doit être accessible à tout moment, comme c’est le cas de la dernière version du gestionnaires d’images pour Mac Graphic Converter restait encore parfaitement impossible à réaliser sous Photoshop jusque très récemment. A moins bien sûr de savoir utiliser les scripts, une procédure complexe qui ne se limite pas à enregistrer une suite de commandes pour l’exécuter à nouveau sur un lot de fichiers, mais qui demande en plus dans le cas de Photoshop, une minutieuse préparation des images au préalable, en fonction de leur taille en pixels, de leur orientation, ou de leur format de fichier, détails ignorés ou très mal gérés par les scripts. Le tout revenant à une perte de temps considérable plutôt qu’un gain de productivité, un comble... Cette lacune est, soulignons le, résorbée depuis l’apparition de la Creative Suite et son processeur d’images (article sur ce sujet dans le n°1633 du magazine Le Photographe daté octobre 2005), reste que la facilité d’accès n’a jamais été la priorité des éditeurs de ce logiciel, lesquels ont, à priori, préféré orienter l’application vers un public de spécialistes, ne s’attendant sans doute pas à un tel succès auprès des profanes et des amateurs. L’astuce qui consiste à laisser des commandes incomplètes ou très peu optimisées est aussi une stratégie bien connue de la part des éditeurs, leur permettant d’avoir de très bons arguments pour vendre une nouvelle version bien meilleure encore...
[4] Adobe se payant même le luxe de proposer des formations gratuites. Profitez-en, c’est jusqu’au 15 décembre 2005 !
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