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18/02/08 -
Communiqué
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Mauritanie, la Ville aux 12.000 Manuscrits

Terre des Maures et Royaume du nomadisme, où poteries d’Afrique du nord et or du Soudan passaient de mains en mains, terre d’échanges sillonnée pendant des siècles par les grandes caravanes venues troquer le sel du désert contre le mil de la savane, la Mauritanie, ouverte seulement au tourisme depuis 1997, est un pays fascinant et encore méconnu aux innombrables richesses à découvrir.
Amateurs inconditionnels de randonnées chamelières ou simplement passionnés de vestiges laissés par la mémoire des hommes, avant de vous enfoncer plus loin dans le Sahara, venez faire escale à Chinguetti.
Au milieu des innombrables empreintes laissées là par Théodore Monod, qui consacra soixante ans de sa vie au désert, bienvenue au pays de Shinguet , étape incontournable de l’Adrar, en plein cœur du désert mauritanien. Bienvenue dans l’ancienne ville Sainte aux douze mosquées et aux douze mille manuscrits vieux de plusieurs siècles…
Envahie, siècles après siècles, par les assauts répétés et implacables de la grande mer de sable de l’Erg Ouarane, gigantesque succession ininterrompue de dunes de plus de 800 kilomètres de long, Chinguetti est aujourd’hui plus que jamais menacée de disparition sous les sables du temps.
Ancien centre religieux et économique de la Mauritanie, autant que plaque tournante des rencontres entre commerçants d’Afrique de l’ouest, d’Andalousie, du Maghreb et de l’Orient musulman, Chinguetti fut fondée vers le 13ème siècle et vénérée à l’époque par les mauritaniens comme le septième lieu Saint de l’Islam, après la Mecque, Médine, Jérusalem et Le Caire.
Les habitants du Pays de Shinguet s’y rassemblaient alors en de longues caravanes, et entreprenaient à pied et à dos de chameaux, à travers le désert, la longue et périlleuse traversée, de plus de six mois, qui les conduisaient au Saint des Saints, la Mecque.
Il ne reste pourtant pas grand-chose de l’ancienne ville sainte de quelques dizaines de milliers de km qui connut son apogée au 18ème siècle, puis tomba, en janvier 1909, « comme un fruit mûr », aux mains de (…)
Le sable, les rats…et l’Unesco
(…)
Enfouies aussi, les douze mosquées de la ville d’origine, qui, à environ 4 kms de là, portait alors le nom d’Abweir. Sur ces douze mosquées, une seule et unique, au minaret surmonté d’œufs d’autruche, signe bénéfique au Sahara, se dresse désormais, fière et courageuse, au centre de la vieille ville. Chefs d’œuvres en périls, chroniques d’une mort annoncée et préoccupation de la Communauté Européenne en 2003, dont les fonds débloqués à l’époque permirent aux habitants, armés de simples pelles, pioches et aidés de mulets, d’arracher péniblement au désert la hauteur de trois (…)
C’est Dieu qui protège nos manuscrits, pas l’Unesco !
Saïf, « l’Erudit de Chinguetti », religieusement penché sur ses manuscrits multi centenaires, est responsable d’une des douze bibliothèques que compte la ville. Il fait partie des irréductibles qui se battront jusqu’au bout pour ne pas retrouver un jour ses manuscrits enfermés « ad vitam aeternam » dans les vitrines des (…)
La Fondation Sidi Mohamed Ould Habott
Il faut dire que, comme des milliers d’autres écrits conservés, tant bien que mal, dans toutes les autres bibliothèques de la ville, la plupart des manuscrits de Chinguetti sont aujourd’hui mangés par les rats, ou rongés par les vents de sables implacables du Sahara qui entoure la ville.
Histoire de dissuader définitivement toute velléité de rachat ou de « déplacement » de son « patrimoine », jalousement gardé de génération en génération, Mohamed a même crée, avec sa famille, sa propre (…)
Et en plus, aujourd’hui, on n’est que lundi…
Les rats, le sable et l’Unesco ne sont pourtant pas les seuls problèmes des anciens habitants du Pays de Shinguet : il y a aussi la sécheresse grandissante, le manque d’eau, l’exode rural (depuis l’indépendance, environ 50 % de la population s’est concentrée autour des villes), l’industrialisation dans le Nord, la sédentarisation de plus en plus grande des nomades, et récemment, l’arrivée en masse des ouvriers chinois venus exploiter les minerais de fer du pays. Malgré tout, la vie sociale se poursuit à Chinguetti : les pèlerins d’hier ont cédé la place aux (…)











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- François-Xavier prévot Photographe
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