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6/10/08 -
Par Claire Caquel
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Mauvais air

L’art du photojournalisme
Le terme “malaria” (de l’italien “mauvais air”), provient du fait que les Romains ont longtemps cru que l’air nauséabond respiré dans les marais était à l’origine de cette fièvre, plus communément appelée paludisme dans la plupart des pays francophones. En réalité, c’est la piqûre d’un moustique, l’anophèle, qui pullule dans ces marais, qui transmet le parasite vecteur de cette maladie responsable de 1 à 3 millions de morts par an, dont 80% en Afrique subsaharienne.
Sensible aux thèmes de société et aux sujets liés à l’humanitaire, William Daniels a été récompensé pour ce travail sur le paludisme par le prix Espoir François Chalais du jeune reporter, le 3ème prix du concours World Press Photo ainsi que le 1er prix au Picture of the Year 2008. Lauréat de la bourse Défi Jeune au sortir du Centre Iris, il avait déjà remporté en 2004 le prix de la photographie sociale et documentaire pour son reportage « Les petits fantômes de Manille », puis en 2007 la Bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère qui lui a permis de réaliser un portrait de la toute jeune démocratie kirghize.
Cet ouvrage - publié avec le soutien des Amis du Fonds Mondial Europe, du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, de l’association « Roll Black Malaria » et de la fondation Jean-Luc Lagardère - rassemble 42 photographies en couleurs discrètement légendées en fin de livre. Des camps de réfugiés aux unités de soins intensifs, des bidonvilles aux rizières, des internats scolaires aux usines de fabrication de moustiquaires, le photographe a sillonné tous les pays du monde en proie à ce véritable fléau que constitue cette maladie parasitaire.
Jeune photographe de 31 ans, William Daniels s’inscrit dans le style du reportage photojournalistique tout en poussant l’esthétisme à l’extrême : une légère contre-plongée sur une distribution gratuite de moustiquaires sous un ciel menaçant, par exemple. Et bien sûr, il ne manque pas l’occasion d’explorer l’atout photogénique de l’eau en mouvement (avec ces enfants réfugiés karens jouant dans la rivière Moei, qui forme la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, ou ces sans-abri se lavant dans les rues de Calcutta) ; ni celle de saisir la lumière blafarde d’un hôpital.
Le caractère global de cette pandémie m’a poussé à documenter ce fléau dans plusieurs pays et plusieurs continents. Je me suis d’abord rendu en Ouganda pour suivre les campagnes de distributions massives de moustiquaires imprégnées d’insecticide (...). Au Burkina Faso pour photographier les actions de sensibilisation vers les populations pauvres et analphabètes (...). À la frontière birmano-thaïlandaise, là où la jungle est infestée de moustiques et où le parasite serait le plus résistant au monde. À Calcutta, mégalopole considérée comme la capitale indienne de la malaria (...). Enfin, au Sierra Leone, pays tellement affecté par la maladie qu’il a longtemps été surnommé "la tombe des hommes blancs". William Daniels
Selon le professeur Michel Kazatchkine - directeur exécutif du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme - ces photographies contribueront « à faire prendre conscience (...) de ce que l’indispensable solidarité avec les populations des pays du Sud exposées au paludisme est une condition du développement économique et humain de ces pays, lui-même gage de pays et de stabilité pour notre planète ».
Les photographies de William Daniels (...) sont comme autant de fenêtres donnant sur la condition humaine dans les zones affectées. Certaines images illustrent de façon très crue le vécu quotidien de la maladie, et le contexte de pauvreté dans lequel elle se propage. En revanche, le photographe nous montre le pouvoir et le potentiel des interventions efficaces de lutte contre la maladie : nous jetons notre regard sur les familles protégées par des moustiquaires ; l’administration de traitements contre la maladie aux populations à risques ; les efforts de prévention auprès des femmes enceintes ; et les séances de pulvérisation d’insecticide sur les murs intérieurs des domiciles. Awa Marie Coll-Seck, directrice exécutive du partenariat « Faire reculer le paludisme »
Les photographies de William Daniels nous racontent avec émotion, tendresse, réalisme, dureté ou joie ces moments de vie qui parlent si bien de l’Afrique. Ceux où l’on passe de la vie débordante, des rires, si particuliers, au drame de ceux qui meurent d’avoir trop attendu, et le dédain de ceux qui sont loin, de l’autre côté des mers et qui disposent de tout ce qui pourrait changer le cours de leur vie. Michèle Barzach, présidente des Amis du Fonds Mondial Europe
Informations pratiques, notation et achat :
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Mauvais air Photographies de William Daniels Editeur : Images en Manoeuvres (4 septembre 2008) Langue : Français / Anglais Relié : 112 pages 26 x 26 cm ISBN-10 : 2849951331 ISBN-13 : 978-2849951330 Prix : 27 euros Intérêt du sujet : 5/5 Photographies : 5/5 Textes : 5/5 |
En savoir plus sur :
- William daniels Photographe
- Michèle barzach Auteur
- Awa Marie coll-seck Auteur
- Michel kazatchkine Auteur
- Images En Manoeuvres Editeur
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