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29/06/08 -
Par Floreal Meneto
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Mes yeux ont vu

La cause des Noirs américains : un combat pour la liberté
Plus de cinquante ans après l’affaire Rosa Park, un afro-américain est candidat à la Maison Blanche : une occasion de revenir sur le Civil Rights Movement avec un livre du photojournaliste Bob Adelman.
Partisan blanc du mouvement des droits civiques, il en a photographié l’histoire. Après un ouvrage consacré à Martin Luther King (chez le même éditeur), il livre un témoignage, accompagné d’un texte de l’essayiste Charles Johnson. Dans une première partie, il dresse un portrait de la société afro-américaine. Ses difficultés, sa servitude mais aussi ses joies et ses succès. D’un côté une misère décrite sans misérabilisme : conditions de vie difficiles, situations évoquant l’esclavage – métayers dans les champs de coton ou personnel de maison dans de luxueuses demeures – la ségrégation, les corps fatigués des vieux. De l’autre, les signes d’une certaine réussite sur laquelle rayonnent des sourires d’enfants endimanchés : discrète mixité, toques de diplômés, vedettes du show-business et du sport. A cela s’ajoute l’énumération de quelques traits culturels typiques : le base-ball (des gamins du Queens au légendaire frappeur des Milwaukee Braves, Hank Aaron), la figure patriarcale et anti-esclavagiste de Lincoln et, plus improbable, le patchwork ou un cow-boy sur un cheval cabré. Il en résulte le sentiment qu’en dépit de la discrimination, il existe une profonde adhésion des noirs aux standards de la culture américaine.
Insolence
La nécessité de changer la loi devient alors évidente. Dans un tribunal de Louisiane, un « nigger » à l’attitude désinvolte sort d’un local réservé « white men only ». Cette image, heureuse de son insolence, assure avec justesse la transition vers la deuxième partie. Le « mouvement » proprement dit y est évoqué par quelques moments forts. L’auteur décline, sans vraiment de rythme, le racisme ordinaire, la lutte pacifique et mixte – désobéissance civile, marche etc. – la répression – les bagarres à Birmingham. Puis, en guise de morale politique, la victoire obtenue avec le Voting Right Act (1965). Enfin, un hommage rendu aux martyrs : MalcomX - avec une très belle photo de son épouse Betty Shabazz lors de ses obsèques – et Martin Luther King. Le montage en est très didactique et démonstratif, et de ce fait laisse peu de place à une ouverture sensible aux événements.
Inégale
Le livre souffre par ailleurs de quelques curiosités éditoriales. On ne comprend pas bien pourquoi certaines photographies de belle factures sont présentées sous forme de vignette en marge du texte, alors que d’autres, plus faibles, prennent une pleine page. On pourrait également s’interroger sur la pertinence de montrer autant d’images, de qualité inégale, parfois redondantes ou inconséquentes. Les meilleures (il n’en manque pas) sont affadies par une volonté aussi généreuse qu’inefficace de vouloir en donner beaucoup et ce, dans un agencement laborieux. L’écriture en sort affaiblie. Venant après des ouvrages marquant comme ceux de Danny Lyon (Memories of the Southern Civil Rights Movement), Bruce Davidson (Time of Change) ou dans un style journalistique plus proche de celui de l’auteur, Charles Moore (Powerful Days), « Mes yeux ont vu » aurait gagné à plus de sobriété.
Informations pratiques, notation et achat :
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Relié : 196 pages Editeur : Editions de la Martinière (10 avril 2008) Collection : Les grands reportages de Life Langue : Français 25,5 x 25,5 cm 39 euros ISBN-10 : 2732437735 ISBN-13 : 978-2732437736 |
En savoir plus sur :
- Bob andelman Photographe
- Charles johnson Auteur
- La Martinière Editeur
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