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Communiqué
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Métamorphoses / Représentation du corps humain / Autoportrait 1994-2004

Ce sont des approches et des regards très différents, contrastés voire opposés, que portent trois photographes sur le corps, sur l’apparence, et sur la société.
Juraj Lipscher ausculte depuis des années les « lieux sociaux du corps » dans la société suisse contemporaine. Il a ainsi développé des séries du centre de body building à la salle d’autopsie qui établissent un rapport au corps distancié, d’une« froideur » troublante. À l’opposé, Virginie Restain montre la relation intime, rare et complice qu’elle-même, sa mère et sa grand-mère ont entretenue. À aucun moment ne se pose la question du voyeurisme dans ce travail, mis en scène et réalisé sur une période de dix ans. Quant à Annet van der Voort, elle saisit, par un protocole de prise de vue proche de l’installation, la métamorphose que huit femmes effectuent, et répètent jour après jour, du réveil au moment de leur immersion dans le « corps social ».
Annet Van Der Voort
Le projet d’Annet van der Voort repose sur une démarche simple : la captation de la transformation du visage de huit femmes, âgées de huit à quatre-vingts ans, en sept photographies : du sortir du sommeil, la première prise de vue, à la dernière juste avant de quitter son "chez soi" et d’être confrontée au dehors, au regard de l’autre. Ce processus, qui met en évidence un rituel de métamorphose du visage, répond à de multiples enjeux : faire coïncider notre "image" avec ce que l’on accepte de laisser (trans)paraître de nous même, mais aussi correspondre à ce que la demande sociale exige parfois de nous [ou que nous supposons tel] ou encore provoquer le regard et l’intérêt des autres et pourquoi pas se mettre volontairement en rupture par une mise à distance volontairement provocatrice... Le procédé d’Annet van de Voort est à la fois simple et d’une efficacité redoutable. L’effet est saisissant et d’autant plus convaincant qu’il ne s’embarrasse pas de maniérisme. Il y a par certains aspects formels de cette démarche une proximité avec la photographie judiciaire. Cette volonté de "capturer" le temps par la série se croise avec le choix de la photographe de solliciter des femmes de huit à quatre-vingts ans. Il s’agit là de quelque chose de fondamentalement féminin, de mystérieux, de profondément intime et peut-être inné.
Juraj Lipscher
Exploration photographique de l’identité suisse. Depuis une quinzaine d’années environ, j’étudie une certaine « topographie » de la vie suisse. Cette série photographique sur la représentation du corps humain peut être perçue dans deux dimensions différentes, sur deux niveaux. D’une part, je suis passionné par toutes les machines, tout l’équipement et l’appareillage qui accompagnent un être humain, de son premier à son dernier cri. Sur un plan philosophique et universel, cette machinerie, bien qu’à l’opposé de la nature humaine, lui est pourtant intimement liée. D’autre part, je me suis mis à étudier l’identité nationale suisse selon les codes établis dans ces lieux. Ces endroits sont-ils en effet plus stériles, plus propres et plus brillants que dans d’autres régions du monde ? L’exploration des traits caractéristiques de l’identité suisse est devenue l’une de mes plus fortes motivations en tant que photographe et ce malgré ou peut-être, parce que je suis un étranger dans ce pays. Par la suite, j’ai poursuivi cette démarche dans mon travail sur les abris de la défense civile. L’esthétique du béton coulé de ces bunkers souterrains, leur perfection technique et leur absurdité incarnent pour moi la quintessence même de la Suisse.
Virginie Restain
Autoportrait 1994-2004 débute avec mes premiers autoportraits et se clôt avec la mort de ma grand-mère. Il retrace un cheminement personnel de femme qui devient telle tout en accompagnant celle qui, malade, tend à n’être plus. Il présente un double mouvement tragique mais naturel, à la fois vers la vie et vers la mort. Ma mère, par sa présence solaire, y figure comme l’image de la femme au zénith. Mes photos expriment donc la séparation, depuis la naissance quand l’enfant se sépare de la mère, jusqu’à la mort. (...) Ce recueil n’est pas pour autant un album ou portrait de famille, il ne cherche pas à documenter notre histoire familiale. Dans ce recueil sont montées des photos de moments privilégiés saisis sur une période de dix ans. Les mêmes cadrages reviennent. Ils sont souvent très serrés sur les visages, saisissent les mêmes gestes et retiennent peu du décor, si ce n’est des détails de la maison de ma grand-mère qui offrait le lieu de nos retrouvailles. Prendre des photos faisait partie du rituel de ces retrouvailles. L’écoulement de temps est d’autant plus sensible qu’on ne voit pas les gens tous les jours. Après une période d’éloignement, on mesure avec plus d’acuité les petits changements qui font que l’on grandit, s’épanouit et fane.
Informations pratiques :
Métamorphoses / Représentation du corps humain / Autoportrait 1994-2004Photographies de Annet Van Der Voort, Juraj Lipscher et Virginie Restain
Du 08 février au 15 avril 2007
La Filature (Mulhouse, 68090)
Conférence le mercredi 14 février à 18h30 de Nathalie Herschdorfer (conservatrice associée au musée de l’Elysée de Lausanne ) : Le visage comme champ de bataille
19h30 apéritif-rencontre avec les photographes
En savoir plus sur :
- Juraj lipscher Photographe
- Virginie restain Photographe
- Annet van der voort Photographe
- La Filature Lieu d’expo
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