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Communiqué
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Mexique Multiple

A travers les regards croisés de 5 photographes mexicains de tout premier plan, Augustin Casasola, Lourdes Grobet, Marco Antonio Cruz, Miguel Guerrero et Pablo Ortiz Monasterio, l’exposition Mexique Multiple montre ce pays mythique sous des aspects souvent absolument inattendus. En 300 images, Mexique Multiple traverse de gigantesques pages de l’histoire mexicaine. La grande et la petite histoire au tournant des 19ème et 20ème siècles racontées à travers l’objectif d’Augustin Casasola, les légendes aztèques métaphoriquement illustrées par les volcans surplombant Mexico par Pablo Ortiz Monasterio, les étranges histoires des protagonistes encagoulés de la Lucha Libre (le catch mexicain) par Lourdes Grobet, l’histoire secrète et discrète d’une ethnie méconnue, les Huicholes, avec qui a vécu Miguel Guerrero. Et, enfin, l’histoire douloureuse et courageuse, photographiée pendant 20 ans par Marco Antonio Cruz, des aveugles mexicains.
Miguel Guerrero : les Huicholes, pèlerins de la vie
Né en 1957 à Mexico, Miguel Guerrero a vécu pendant près de 20 ans entre le Midi de la France et le Mexique. Exposé en 1997 à la Galerie Photo de Montpellier, il a commencé ensuite un projet qui lui tenait particulièrement à coeur, relater la civilisation d’un des derniers peuples indigènes, les Huicholes. Implantés dans la Sierra Madre Occidentale, une zone de grands plateaux, de montagnes, de canyons et de fleuves, les Indiens Huicholes ont conservé une mythologie considérée comme une des plus complexes de l’Amérique indigène. Leur vie quotidienne est marquée par une profonde spiritualité se manifestant dans l’agriculture, les vêtements et l’art. Pendant les longs mois de vie partagée avec eux, Miguel Guerrero a participé aux moments forts de cette intense vie spirituelle, le pèlerinage dans le désert de San Luis Potosi où tout le peuple Huicholes part à la recherche du jikuri, la source de vie représentée sous la forme du cactus, du cerf et du maïs. Photographiés en noir et blanc, dans une vision très éloignée des reportages géographiques ou ethnographiques, les Pèlerins de la Vie sont en empathie totale avec ce peuple méconnu.
Augustin Casasola
On l’a appelé le photographe de la révolution mexicaine, une assertion restrictive, l’œuvre de cet immense photographe ayant largement débordé l’épisode révolutionnaire proprement dit. Sa carrière commence à 20 ans, il est journaliste à Mexico, photographe bien établi. Conscient de l’importance de l’image, témoin de son époque, il fonde son agence aux lendemains de la révolution, en 1912, en compagnie de son frère Miguel. Très vite ses fils et, plus tard, son petit-fils, se joignent à l’équipe initiale, régulièrement augmentée de photographes professionnels indépendants. Le Fonds Casasola, riche de près d’un demi-million de photographies, couvre les années 1900- 1940. Dès les années 20, sa vocation historique était déjà clairement établie, comme l’annonce la devise de la maison : J’ai ou je prends la photo qu’il vous faut.
L’exposition présente quelques thèmes soigneusement choisis parmi les centaines de milliers de clichés conservés aux archives Casasola. La première section est composée de photographies prises pendant la dictature de José de la Cruz Porfirio Diaz, appelée au Mexique le Porfiriat, qui se termina en 1911 par la guerre révolutionnaire. Période pacifique, le Porfiriat donne l’occasion à Casasola de photographier des scènes de la vie quotidienne qui deviendront par la suite de précieux témoignages de la modernisation du pays. Vient ensuite la période révolutionnaire qui commence par les insurrections armées menées au nord du pays par le général Madero et le caudillo Pancho Villa et au sud par le paysan Emiliano Zapata. Cette révolution, écourtée par la prise de pouvoir du général Herta est suivie d’une décennie de violences reportées par les objectifs des Casasola. Les autres sections de l’exposition montrent différents aspects de la société mexicaine dans les années 20, 30 et 40. Intellectuels et artistes (Frida Kahlo et Diego Rivera), réfugiés politiques célèbres (Trotsky), hommes de lois, noctambules et prostituées ou artisans et ouvriers sont à l’honneur à travers d’innombrables portraits.
Lourdes Grobet : Lucha Libre
Elle est née le 25 juillet 1940 à Mexico où plus tard, elle étudia les arts plastiques à l’université. Très influencée par Mathas Goeritz, un de ses professeurs sculpteurs originaire de Gdansk et par Aceves Navarro, un grand maître de l’art muraliste mexicain, elle revendique un troisième maître important dans l’évolution de son parcours artistique, El Santo, un des plus grands catcheurs, héros de la Lucha Libre. Depuis 1972, elle a réalisé plus de 11 000 photographies sur le thème de ce sport carnavalesque très apprécié des Mexicains.
Importée des États Unis dans le courant des années 30, la Lucha Libre est devenue en quelques années un véritable substrat de la culture populaire mexicaine. Cette variante du catch aux protagonistes masqués et costumés a suscité une importante littérature et une véritable industrie de presse autour de combats souvent mythiques. L’exposition montre les plus grands héros de ce genre à la limite du sport, du carnaval et du spectacle de music-hall, ses aficionados les plus incongrus, ses manifestations les plus délirantes.
Pablo Ortiz Monasterio : La Montana Blanca
Né en 1952 à Mexico, il photographie depuis plus de 30 ans les innombrables facettes de son pays, s’attachant particulièrement à ses côtés les plus baroques. Exposé en 2000 à la Galerie Photo de Montpellier, il y avait présenté en première Ultima Ciudad, une œuvre couronnée par le prix du festival des Trois Continents de Biarritz.
Inspirée d’une légende aztèque racontant la genèse des deux volcans gardiens de Mexico, le Popocatépetl et l’Iztaccihuatl, l’exposition la Montagne Blanche est une suite lyrique placée sous le signe du symbolisme, remix contemporain de la peinture de genre 19ème.
Marco Antonio Cruz : Obscurité habitée
Né le 3 novembre 1957 à Puebla, Marco Antonio Cruz a étudié la peinture avant de se diriger vers la photographie. Créateur en 1984 de l’agence de presse Imagen Latina, il a été remarqué dans de nombreuses expositions aux États Unis, en Amérique Latine ou en Europe grâce à son reportage Cafetaleros sur les conditions de vie des travailleurs du café au Guatemala.
Depuis plus de 20 ans, Marco Antonio Cruz photographie les aveugles mexicains à travers tout le pays. Enfant, il a été bouleversé par l’histoire d’un de ses camarades atteint d’une cécité progressive qui vit une éclipse pour ultime image. Ses photographies, documents sur un groupe humain important (le Mexique compterait un peu plus de 800 000 aveugles), sont avant tout une troublante histoire d’amour et de regard entre un photographe et les condamnés à l’obscurité habitée.
Informations pratiques :
Mexique MultipleExposition collective
Du 15 février au 20 avril 2008
Le Pavillon Populaire, Montpellier (34)
Entrée libre
Vernissage le vendredi 15 février à 18h30
En savoir plus sur :
- Marco Antonio cruz Photographe
- Louise grobet Photographe
- Miguel guerrero Photographe
- Pablo ortiz monasterio Photographe
- Agustín víctor casasola Photographe
- Pavillon Populaire Lieu d’expo
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