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11/03/06 -
Par Lydie Le Gléhuir
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Mongolie, rêve d’infini

Photographe indépendant pour les grands magazines internationaux, de tous les pays parcourus au cours de ses reportages Michel Setboun a élu la Mongolie comme sa terre de rêve. Réédition du livre paru en 2002 chez le même éditeur.
Quand on dit « Mongolie », on pense chevaux et cavaliers, guerriers, steppe immense et vie difficile. On voit quelques images, celles des yourtes soigneusement fermées entourées de troupeaux et d’enfants, des visages fiers et tannés par le grand air, et des étendues qui s’unissent au ciel à perte de vue. C’est tout cela la Mongolie, mais tellement plus encore.
Michel Setboun a posé son regard sur ceux qui ont choisi de suivre les traditions du nomadisme. Pour eux la vie parait simple et dépouillée, rythmée par la traite des bêtes et les saisons. En fait tout y est codifié : des gestes et des places à l’intérieur de la yourte, des pratiques liées à l’élevage et au temps, des noms qu’on ne prononce pas, des rites et des cérémonies qui animent la communauté. Par ses photos on retrouve tout ce qui fait l’identité mongole : les enfants, considérés comme un don du ciel, les chevaux, les troupeaux sans lesquels la vie ne serait plus assurée dans ces immensités, les chants, qui rassemblent et font se souvenir, les jeux enfin, tel la lutte, proche du combat de sumo, les courses de chevaux, de tir à l’arc ou le polo. Le rôle des sexes est bien défini mais les femmes ne sont pas mises à l’écart dans cette société tolérante et gaie. Cavalières émérites, elles participent également aux compétitions, quelque que soit leur âge.
Les textes d’Edith Canestrier, de Jacques Legrand et d’Alain Desjacques viennent brillamment compléter ces images qui semblent tirées d’un autre âge, en nous révélant le hors-champ plus sombre de ce pays, toujours terre de rêve mais aujourd’hui partagé entre mondialisation et tradition. Car si le communisme a traversé son histoire sans l’atteindre vraiment, il a marqué la terre par la laideur du béton et des HLM mal intégrés, par la démesure des rues et des places que la steppe revient grignoter peu à peu. Aujourd’hui le capitalisme intensifie l’exode rurale en apportant la pauvreté, les bidonvilles et des milliers d’enfants abandonnés qui survivent dans les canalisations des villes.
Sur fond de steppe tour à tour verte, dorée, rousse et blanche, on découvre un peuple nomade que l’on sent uni à travers le temps et l’espace grâce à sa figure historique Gengis Kan. La Mongolie a l’image d’une immensité, mais elle est plus habitée qu’il n’y parait, sillonnée par ses troupeaux et ses bergers, remplie de la grande et des petites histoires que les vivants entretiennent avec ferveur car elles sont leur bien le plus précieux, celui qui les rassemble tous et qui leur donne une identité contre vent et modernité.
Informations pratiques, notation et achat :
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Nombre de Pages : 187 Date parution : 9 février 2006 N° ISBN : 2732433799 Format : 25 x 2 x 29 cm Prix : 32 Euros Nos appréciations : Sujet : 4,5/5 Photos : 4,5/5 Textes : 5/5 Esthétisme : 4/5 |
En savoir plus sur :
- Michel setboun Photographe
- Edith canestrier Auteur
- Alain desjacques Auteur
- Jacques legrand Auteur
- La Martinière Editeur
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1 Message
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12 juin 2008 06:44

