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Communiqué
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Off du off au couvent

Dans le cadre des Rencontres Internationales de la Photographie d’ Arles
Sylvie de la Dure présente dans le cadre des Rencontres Internationales de la Photographie d’ Arles et du programme spécifique "autour des rencontres", Off du Off au couvent. Il s’agit d’une exposition de 15 photographes indépendants, 8 regards européens et américains portés sur l’inde d’aujourd’hui, 7 regards sur le monde. Cela dans un lieu exceptionnel, un ancien couvent de 1 200 m2 est mis à la disposition de photographes et d’éditeurs de livre d’art et de photographie pour faire découvrir leur travail.
Quatre évènements se déroulent simultanément :
Une exposition de photographies autour de 3 thèmes « Sacrée Inde !, regards sur l’Inde contemporaine », « Sardaigne, regard sur le sentiment religieux d’un peuple » et « Liban Mongolie, regards sur les violences du monde ».
Le « Tchai » dans le jardin, lieu de rencontres et de repos.
Présentation de la production littéraire de plusieurs éditeurs engagés dans la photographie contemporaine.
Et une projection dans le jardin lors de « la nuit de la Roquette » le vendredi 6 juillet, dans le cadre du programme des Rencontres d’Arles.
Sacrée Inde ! regards sur l’Inde contemporaine
Sylvie Boyer : Partitions célestes
Le cablage électrique des villes, comme espace visuel, est une sélection issue d’une collection planétaire de trente ans de déplacements. Il pose un regard sur notre état du monde, sur nos connexions empiriques entre sources de production et de diffusion. Ce courant électrique s’achemine tranquillement dans nos campagnes mais terriblement surchargé dans nos villes au risque d’un court circuit ou d’un embrasement pourtant rare. Tout marche rien ne brûle. Et les cables donnent à voir le ciel à travers une résille. Les nuages se posent sur la portée, on est proche d’une écriture musicale où se délectent les variations de rythmes, de vitesses et de tonalités. Tendus ou entremêlés, ces cables dansent avec le ciel. Ciel bleu ou ciel nuageux, ciel pluvieux ou ciel gris intense RAL 9001 chargé de pollution « croches et double croches » viennent relier les fils d’une portée classique, d’autres sont lus plus proches de la récitation ou d’un travail de composition de Luciano Berio avec « Sequenza III » ou « Troubles III »....
Aurélie Derhee : …In between : fragments of India…
« Que s’est-il vraiment passé pendant ces errances en Inde ? Pour être honnête, je dirais que personne ne le saura jamais. Ni même moi. »(Aurélie Derhee)
Il est bien difficile de réunir sur quelque support que ce soit, la somme des expériences que cela représente. Sensations subtiles et fugitives, lorsqu’elles ont surgi devant l’objectif, elles ont provoqué émerveillement, incompréhension, stupeur. Ce sont de fragiles fragments de temps, sur cette planète malade, qui n’en finit pas de nous fasciner. Il en résulte des images sensitives, rendant compte de cet état vaporeux inhérent à tout voyage, comme si les étendues traversées étaient impossibles à rendre compte. Tentative d’être le plus fidèle à soi-même, et se laisser guider, de laisser errer son regard au chaos du voyage. Tentative de matérialiser l’imaginaire dans lequel plonge la découverte de l’Inde. Ces images sont une vision d’une Inde. Elles sont un monde qui s’atteint par l’esprit, un monde imaginaire. Un monde où les repères s’évaporent, où l’on se laisse emporter, loin, au-delà de ce qu’il est convenu d’appeler le réel. Bombay, Allahabad, Bénarès, Katmandou, Agra, Jodhpur, Jaipur, … Par petites touches discrètes et sincères, ces images révèlent le regard à la fois distancié et émerveillé de la découverte d’une terre étrangère profondément troublante, sur laquelle on glisse et dont on ne peut se faire une idée précise au premier regard.
L’utilisation du Holga devient alors un moyen tant esthétique que pratique de rendre compte de cette expérience : appareil photographique lié au hasard, il retranscrit avec justesse le parcours ponctué de découvertes incessantes et il permet de capter des images granuleuses comme extraites d’un film, comme des photogrammes prélevés d’un flux cinématographique. Le flux du voyage. Et de rendre compte du regard qui a frôlé, qui a glissé sur ce monde de l’entre-deux.
Martine Fougeron : « La Radiance de l’Avatar Sri Narayani Amma » ; un maitre vivant en Inde
L’exposition inclut une sélection des photographies de ma série La Radiance de l’Avatar Sri Narayani Amma prises lors de cinq voyages prolongés entre 2002 et 2006 dans le Temple Hindou fondé par le Maître Sri Narayani Amma dans l’Inde du Sud. Née et élevée Chrétienne, j’ai très jeune étudié les textes spirituels fondateurs et sacrés et je me suis toujours demandée si ces textes décrivent simplement de saisissantes métaphores et/ou des réalités difficilement transmissibles. Pourquoi Jésus-Christ et les maitres spirituels tels Moise, Buddha, Mahomet ou Lao-Tseu ont-ils engendré tant de métamorphoses pendant leur vie sur terre ? Un frisson de réponse se fit en moi lorsque j’ai côtoyé au quotidien la vie exemplaire d’un Maître Spirituel Vivant dans son Temple. Ce n’était plus une histoire racontée ou lue mais une expérience vécue. Cet essai photographique retrace la sensibilité de mon âme « devant les vérités immortelles » que dégagent l’amour palpable et la conscience universelle d’un maître vivant au-delà des credos meurtriers qui enveniment notre monde. Martine Fougeron
Alfredo Merino : Inde, autre regard
Spécialisé sur la nature, les peuples et les lieux lointains, il présente ici un reportage sur l’Inde.
En Inde il est facile de prendre des photos dramatiques ou folkloriques ; nous sommes très habitués à voir ça. Il y a d’autres perspectives que j’ai découvert pendant mes voyages là bas, comme la facilité qu’à le peuple indien à trouver le bonheur au milieu de son désespoir. Et c’est à travers ce sourire que l’on comprends l’énorme capacité qu’à l’homme de s’élever, même si il est tombé dans la misère. C’est ce que je montre ici cette année. Sur sa technique il affirme que « dans ce type de reportages, je refuse au maximum d’utiliser autre chose que le déclencheur. Je pense que la force est de l’autre coté de l’objectif. Si il y a là une bonne chose, la photo sera bonne aussi. Le sujet seul doit parler, on doit seulement être transmettre son message. Alfredo Merino
Felicia Murray : Dreaming of India
Dans les photographies de Felicia Murray, le sacre se rencontre dans la ville la nuit, dans les gestuels et expressions des personnes et des animaux ainsi que dans les lieux et cérémonies sacres.Les dualités de la nuit et de la clarté, du creux et du mondain, du temps et de l’éternité s’allient dans son art comme dans la vie, chargées de l’aura du mystère primordial d’où l’on pressent le murmure du divin.
Pendant mes deux premiers voyages en Inde, qui a ont eu lieu en hiver 2003 et 2004, j’ai choisi de photographier en noir et le blanc. L’essence intemporelle du lieu s’exprime plus fortement, sans la distraction quotidienne de la couleur. Malgré les foules et l’activité apparemment turbulente qui m’entourait en permanence, c’est l’esprit profond de l’endroit et le sens mouvant de l’espace qui m’ont ému. Ces signes sont devenus plus visibles la nuit lorsque j’observais les animaux et les individus, dans leurs compositions et personnalités démultipliées. Comme dans le souvenir fugace du rêve matinal, des énergies différentes se dévoilent dans le vide et le silence de la Nuit. La Nuit fusionne avec les souvenirs de l’existence diurne et révèle les expressions personnelles de créatures rencontrées dans des environnements urbains et ruraux. Comme j’emploie souvent un flash avec une longue exposition, ce qui transparaît sur le film dépasse la vision tridimensionnelle et crée la mémorable expérience visuelle du mystère des formes décalées. La réminiscence d’une conscience plus profonde dans ma pratique élucide les détails contenus à l’intérieur d’une tapisserie entrelacée de complexités qui bien souvent me dépassent. Je ressens et souhaite partager cette présence de l’ineffable, qui incorpore tous ces éléments du merveilleux et de immédiat –bien souvent inexplicables. Felicia Murray
Françoise Nunez et Bernard Plossu : l’Inde d’un couple
En 1970, j’étais allé, avec pas mal de gens de ma génération, à Goa, puis voyager en Inde....... J’y suis retourné en 1989, photographier Jaisalmer, avec la photographe Françoise Nunez, ma femme. L’Inde, toujours, si forte ! Françoise y est retournée souvent après, retrouver une amie en Inde du Sud , Poornima, et voyager du Tamil Nadu au Kerala jusqu’à Calcutta..... Nous aimons beaucoup ce pays, en voici quelques photos.Bernard Plossu et Françoise Nunez
Deidi Von Shaewen : Les Arbres Sacrés de l’Inde
Le travail sur les troncs d’arbres dans le monde et les arbres sacrés de l’Inde a commencé il y a environ 20 ans et je suis toujours fascinée par ce thème.Les arbres, ainsi que tous les plantes, sont considerés « comme Fathered by heaven, mothered by earth, with roots in the primeval cosmic ocean » (Caraka 150 AD). Chaque arbre est la maison(home) du Divin, c’est une tradition très ancienne en Inde, et encore très suivie aujourd’hui. Les arbres sont venerés avec des offrandes. Les arbres sont consultés comme oracles, et on croit en leur pouvoir de donner des enfants, la gloire et la richesesse.Il y a même des mariages avec d’autres arbres ou même avec une femme dans des cérémonies nuptiales. Pour moi ces arbres sont des surprises visuelles et contextuelles, des vraies insatallations qui nous sont offertes faites par une multitude de personnes souvent pendant des longues années. Il y des arbres que je revisite quand je suis de nouveau de passage dans certains endroits et je fais des photos de changements, parfois il y une disparation par une nouvelle route, un bâtiment etc., mais c’est très rare, les arbres résistants mieux que d’autres choses moins respectées. Des visiteurs dans ma récente exposition dans un parc à Madras disaient souvent que cette expo voulait dire qu’il ne faut pas couper les arbres, mais les respecter. Deidi
Sardaigne, regard sur le sentiment religieux d’un peuple
Salvatore Enrico Angotzi
Une recherche sur le ressentiment religieux du peuple sarde, qui a absorbé pendant des siècles les suggestions provenant de l’extérieur de l’île. Des rites anciens transmis de génération en génération et auxquels un observateur agnostique assiste avec une profonde émotion. De là en dérivent des images dans lesquelles les jeux de lumière expriment la profondeur du ressentiment des célébrants, au moyen d’un effet pittoresque rappelant les peintures des auteurs du XVII° siècle. Une réflexion sur le ressentiment religieux de l’humanité ; « ressentiment religieux » entendu comme un effort inévitable s’imposant aux êtres humaines pour faire face au mystère de l’existence.
Liban, Mongolie : regards sur les violences du monde
Joanna Andraos et Caroline Tabet : 290 rue du Liban
290, rue du Liban. A cette adresse se trouvait une vieille demeure traditionnelle libanaise, de celles qui disparaissent chaque jour un peu plus dans la furie de la spéculation immobilière. Construite à la fin du 19ème siècle et située à deux pas de la ligne de démarcation, elle a vu passer plusieurs générations de locataires. Malgré que celle-ci fasse partis du patrimoine, cela n’a pas empêché pour autant sa destruction au courant de l’année 2005. Sous les fondations de la maison, une nécropole romaine fut mise à découvert. Quelles traces a laissé l’histoire des générations qui, à un moment ou à un autre, ont vécu entre ces murs ? Comment alors capturer ces spectres, morts vivants dans la chair de la ville, quand ils s’échappent des décombres de l’ordre ancien que l’on saccage ? C’est à cette expérience que s’est livré Engram qui traque depuis 2003 les présences éphémères, les absences marquées et les trajectoires des individus qui peuplent la ville, théâtre minéral des solitudes existentielles. La série principale de photographies a été réalisée à l’intérieur de cette maison et incarne la présence singulière d’êtres fantasmatiques. Des clichés témoignant du processus de destruction ainsi que des images d’archives sont également présentés.
Engram est un collectif d’expression visuelle crée au Liban en 2003 par Joanna Andraos et Caroline Tabet. Cette cellule de travail a la vocation de réaliser aussi bien des séries photographiques que des installations réunissant les supports photo(argentiques et numériques) et vidéo, dans le but de transcrire en image un concept ou une narration proches du sequençage cinématographique. Secondée par The Altered Ear, cette approche est complétée par la composante sonore pour constituer une expérience d’audio-vision singulière.
Laurent Chardon : Tangente
La Mongolie fait partie de ces pays de l’impossible, de ces contrées qui sont à certains moments un combat entre les éléments. Le chaos bat la mesure de l’atmosphère. Au sein de ce paysage lunaire, il y a ce peuple autrefois nomade, aujourd’hui emprisonné de cette architecture, oeuvre manifeste d’une ère sovietique qui s’est figé dans son propre non-sens. Derrière l’objectif il y a ce jeune photographe en quête d’absolu. Sa présence dans ce monde dans lequel il faut savoir se fondre pour l’apprivoiser, est relatée via l’image, de manière si intense que nous pouvons presque ressentir sa respiration.
P. Lomascolo : mon Liban
Des hommes, des femmes, des enfants, croisés dans les rues libanaises. Multiples émotions, ethnies et religions coude a coude. Une idée toute personnelle du pays qu’ils habitent et qui les habite. Et une envie de capter la vision qui les traverse quand ils pensent et rêvent d’un Liban meilleur, de leur Liban idéal. P. Lomascolo a demandé à ces inconnus de se prêter à cet effort imaginatif : visualiser la date à laquelle leur pays parviendrait à cet état idéal. Ceux qui ont accepté sont photographiés ici, yeux clos et électrodes posées sur le front, comme pour mieux laisser au public recréer dans sa tête les images -si liés à ce moment de l’histoire- qui traversent le cerveau de ces personnages. Cela donne trente-cinq clichés sous tension et imprimés sur des posters collés directement au mur. Le spectateur, délesté des stéréotypes et des constructions médiatiques et engagé d’une façon interactive, n’a plus qu’à se figurer quelle image personnelle ces Libanais se font de leur pays.
Jean Merhi
Instigateur en 1998 avec henry chapier, president de la Maison Européenne de la photographie, du mois de la photo au Liban, en s’occupant de la direction artistique d’une cinquantaine d’expositions des photographes franco-libanais dans plusieurs villes libanaises. L’année suivante, en collaboration avec le ministère libanais de la culture et l’UNESCO Paris, une exosition-photos collective et itinérante intitulée « Un autre regard sur le patrimoine », réunissant les oeuvres d’une vingtaine de photographe franco-libanais. Cette exposition, qui a inauguré le nouveau centre ville de Beyrouth en 1999 dans le cadre « Beyrouth, capitale culturelle du monde arabe », etait accompagnée par un choix de films et une seie de debat et de rencontres pendant tout l’été dans une quinzaine de localités de Nabatiyé, passant par baalbeck, Ehden, Bylblos, etc. Pour rompre le silence sur la guerre civile au Liban, il compose et enregistre la chanson « Beyrouth toujours » en 1990, pour laquelle il obtient le trophée de la chanson française. Depuis 1998, il est responsable des archives de la MEP, et réalise des films documantaires (« l’enfermement », « Passion française », « projections privées »...). Avec Serge AKL, il est à l’origine de l’association « artistes pour le Liban », qui a pour but de promouvoir et de diffuser des artistes franco-libanais.
Anne Françoise Pelissier : Apnée
Témoin fasciné de la reconstruction après la guerre civile, depuis 10 ans Anne-Francoise Pelissier « radiographie » le Liban. La guerre de l’été 2006 l’a particulièrement affectée et, c’est avec son projet photographique qu’elle transcende une réalité de la vie ordinaire d’ hommes, de femmes, de familles enracinés avec la perspective d’un départ éventuel, voire radical . Anne-Francoise Pelissier nous parle du monde réel tel qu’il l’entoure et nous plonge dans sa vision d’un Liban en « suspension ».
Quand je fixe ces lieux publics ou privés, soupape de sécurité des libanais qui sont restés, qui restent, je ne peux taire la douleur des silhouettes. Et, comme pour vouloir rendre moins chaotique les extérieurs, je m’accommode de la simple réalité des intérieurs. Portes grandes ouvertes, non pour fuir mais pour accueillir...entre le plein des êtres et le vide des lieux en apnée, moi, je respire avec mes yeux un passé, un présent, un avenir. Anne Françoise Pelissier
commissariat : PlanetstudiO_Atelier Sylvie de La Dure
coordination : marie france Roger
graphisme : Lucie Niney
Informations pratiques :
Off du Off au couventDu 3 au 10 juillet 2007
Arles (quartier de la Roquette)
En savoir plus sur :
- Joanna andraos Photographe
- Salvatore Enrico angotzi Photographe
- Sylvie boyer Photographe
- Laurent chardon Photographe
- Aurélie derhee Photographe
- Martine fougeron Photographe
- P. lomascolo Photographe
- Jean merhi Photographe
- Alfredo merino Photographe
- Felicia murray Photographe
- Françoise nunez Photographe
- Anne Françoise pelissier Photographe
- Bernard plossu Photographe
- Caroline tabet Photographe
- Deidi von shaewen Photographe
- Le couvent d’Arles Lieu d’expo
- Rencontres d’Arles Festival
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