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Exposition photo Paris (75)
Passions

Göksin Sipahioglu
Après une immense carrière qui a généré des milliers de clichés qui vont de la guerre au people, Göksin, pour la première fois a choisi de montrer des photos inédites qui ne sont pas pour l’Histoire mais des moments de sa propre histoire.
Göksin Sipahioglu a bourlingué sous toutes les longitudes et latitudes de la planète. Armé de son seul courage il affronta le regard noir des fusils pointés sur lui, il a promené sa longue silhouette sur les fronts que la guerre ensanglantait, là où la canonnade se faisait entendre, là où on mourait, là où la vie faisait mal. Mais comme s’il voulait aussi garder les traces des interstices du malheur, il prit le temps de s’arrêter sur les visages, ceux des femmes, il les photographia, non dans l’urgence, mais dans une sorte de paix, les laissant s’offrir à l’argentique dans l’intensité de leur grâce d’un instant. Brèves rencontres d’un objectif et d’un corps, d’un homme et d’une femme, ces madones de combat sont prises là, au moment où elles respirent enfin, à l’abri des armes, à l’heure où la vitalité reprend le dessus, où le danger, provisoirement écarté, elles renouent avec la sensualité, que leur corps est redevenu leur propriété et non une marchandise de guerre que les belligérants pouvaient anéantir d’un seul mouvement de gâchette, quelques secondes plus tôt. Ces corps se donnent, ils sont vivants et montrent dans la pénombre le seul bien qui leur reste : leur beauté.
Images de guerre, images de femmes, Sipahioglu navigue entre deux eaux, entre deux zones de réalité : la rage et la volupté, la nudité et la mort. Les visages, anonymes ou célèbres, héros toujours d’un mystère qui les dépasse, gardent leur mystère photogénique à jamais : une jeune fille brandissant le Petit Livre Rouge, une femme ouvrière dans une rizière, une autre plus âgée, à bout de souffle, perdue. Pour parvenir à découvrir le secret d’un regard, d’une dégaine, d’un geste ou d’un désespoir, chaque photo est un combat. Entre qui regarde et qui se sait repéré, une danse de séduction s’organise dans l’urgence. Basia Embiricos a eu la bonne idée pour cette exposition de nous montrer les planches contact de Göksin Sipahioglu. Ainsi nous pouvons voir comment, en cercles concentriques, le photographe tourne autour de son personnage, de l’évènement, il mitraille sous chaque angle offert durant son approche puis, comme l’animal de la jungle, il fond sur son sujet pour en tirer une ultime image : l’image - avec son arrière-plan pour lui donner sens - celle que la postérité gardera.
Cette exposition résume l’œuvre d’un homme de grande générosité, pour des inconnus, pour des proches, curieux de tout ce qui vit et bouge, avide de sensations, de savoir, qui trimballa sur la planète ses innombrables questions. Quelques réponses se trouvent ici. Pour les autres le mystère demeure. Témoigner ? Oui, mais mieux encore, écrire le roman d’un monde en train de se faire et de se défaire : l’éphémère pour le photographe est la règle, comme de saisir au millième de seconde l’implacable opacité des choses.
Yves Simon
Note des commissaires :
Göksin Sipahioglu, fondateur de l’Agence SIPA PRESS est pour nous, une référence dans le photojournalisme tout simplement. Dans les années 60, il couvrait déjà les plus grands évènements dans le monde, dont les images marquantes, emblématiques nous accompagnent et nous inspirent encore aujourd’hui ! Lorsque l’opportunité de faire une exposition de ses clichés s’est présentée, la place du photographe dans une galerie nous est apparue d’emblée comme une évidence. Nous nous intéressons à l’homme sensible qu’il est, et au photographe intimiste qu’il devient lorsque courageux ici, opportuniste là, charmeur enfin, il arrête le temps et immortalise la beauté. La grâce d’une femme à l’angle d’une ruelle, dans une bicoque ou bien encore face aux barricades, ce sont ces images qui transcendent un quotidien souvent grave et parlent de douceur.
Cette exposition est d’abord l’histoire d’une rencontre entre d’une part ce grand homme témoin et acteur du passé et d’autre part notre jeunesse, rêveuse, en quête d’authenticité, et habituée aux flots d’images actuelles envahissantes.
Nous remercions chaleureusement Férit Duzyol de l’Agence SIPA PRESS, pour sa précieuse collaboration.
Nous espérons partager notre émotion et notre regard sur la photographie de reportage avec tous.
Jeremy Blahay & Philippe de la Croix.
Pour moi Göksin est un classique, une référence majeure du photojournalisme, comme le sont Capa ou encore Depardon. Mais c’est grâce à ces deux jeunes passionnés que je suis entrée dans son intimité. Il m’est apparu alors plus proche et plus humain que je ne pensais.
Göksin est quelqu’un de généreux, de mondain, avec une tendresse toute orientale pour les femmes, ce qui dans notre monde occidental est assez rare ! Göksin, est un séducteur d’une grande délicatesse et je comprends pourquoi les femmes l’ont aimé : il est aimable. Une amabilité d’une autre époque. Il garde cette fraîcheur, cet enthousiasme, ce besoin de partager, cette envie de voir des gens.
Il est unique, sa vie est un roman d’aventures.
Basia Embiricos.
Informations pratiques :
PassionsPhotographies de Göksin Sipahioglu
Du 27 Mai au 14 Juin 2010
Galerie Basia Embiricos (Paris 4ème)
En savoir plus sur :
- Goksin sipahioglu Photographe
- Galerie Basia Embiricos Lieu d’expo
- FujiFilm Fabricant (abonné annuaire)
- Central Color Labo
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