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Communiqué
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Paysages Aléatoires

Bogdan Konopka photographie en noir et blanc le devenir des villes, leurs faces cachées, fragiles et très souvent menacées : "non comme seul prétexte à une accumulation désespérantes, ni comme illusion d’une conquête, mais comme retrouvaille d’un sens, perception d’une écriture terrestre, d’une géographie dont nous avons oublié que nous sommes les auteurs".
Il a d’abord photographié les villes des pays de l’Est puis Paris, et aujourd’hui, son regard qu’il définit comme attentif et patient, se porte sur les villes chinoises et leur architecture menacée.
Le cinéaste Jean Renoir disait se méfier des intellectuels qui ne savent ni regarder, ni écouter, ni sentir. Cependant, les photographies de Bogdan Konopka, qui n’ont besoin que d’un regard tranquille, font régulièrement l’objet de fort beaux textes. [...] _
Dans ce qui se présente à nos yeux, rien n’est inventé et chaque image possède la référence bien précise d’un lieu et d’une date de prise de vue. Bogdan Konopka repère ses espaces avec minutie et ne travaille pas au hasard bien qu’il sache saisir une rencontre fortuite et la faire s’épanouir dans une image.
Le regard attentif qu’il porte sur le monde s’attache plus particulièrement à l’environnement urbain, l’Europe, la grande, et maintenant la Chine où il vient d’être invité par deux fois. Il est bien sûr facile, mais quand même nécessaire, de rappeler que sa ville natale, Wroclaw, fut détruite au trois-quarts et que son enfance s’est passée tout entière dans les ruines. Mais n’allez pas croire que ses images soient tristes ou mélancoliques, qu’il recherche particulièrement le passé, le typique ou tout simplement le banal. Ne pensez pas non plus qu’il court après le spectaculaire, les démolitions intempestives ou les accidents ravageurs, il se contente très bien de l’ordinaire et du quotidien.
Que ce soit pour une commande officielle, où on lui demandera de rendre compte d’un "patrimoine classé" ou dans des prises de vues personnelles où il s’attachera plus volontiers à ce qu’il nomme lui-même "le patrimoine de rien", c’est "la peau des villes" en mue permanente qu’il nous livre ; cette peau qui s’accumule, disparaît, se reconstruit quotidiennement. Et en regardant ses photographies de Varsovie, de Prague, de Zürich, de Paris bien sûr, on s’aperçoit que chaque cité garde tout à la fois ses racines, sa singularité, mais nous livre aussi une même leçon. Dans leur capacité à disparaître et à renaître chaque jour inlassablement, toutes les villes sont semblables. Sans jamais se départir de son entêtement tranquille à enregistrer ce destin des villes, Bogdan Konopka a choisi d’en traduire toute la réalité plastique, c’est-à-dire de donner une forme à ce qu’il a vu et à ce qu’il veut nous faire voir.
Mais cette "plasticité", pour devenir une réalité photographique, a besoin d’une solide maîtrise technique. Le moindre vent ride ou fait disparaître les images qui affleurent à la surface de l’eau. Alors celui qui dit avoir la patience d’un graveur, sait comment traduire ce qu’il a vu. Au cours du développement et du tirage, il travaille ses gammes de gris jusqu’à obtenir ces images dont la qualité de lumière exerce étrangement le même pouvoir de fascination que celui des daguerréotypes. En nous épargnant la douloureuse expérience du temps qui passe, si souvent associée à la photographie, Bogdan Konopka nous plonge dans un état de grâce subtile et nous livre la durée à l’état pur.
[...] Avec aisance, il parcourt les territoires les plus divers et nous montre qu’à travers toutes les différences, nous pouvons toujours construire une identité. Avec discrétion et sans regrets inutiles, il nous fait savoir que c’est notre destin d’avoir à secouer régulièrement la poussière de nos sandales. Françoise Paviot, Paris, mai 2004
Sa technique, des prises de vues "à la chambre" appareil de grand format sur pied, l’oblige à des poses longues, souvent de nuit qui effacent toute présence humaine et donnent des images qui sont de petites miniatures d’une grande finesse, racontant comment nos villes, nos vies se fond et se défont. Dépouillées de toutes figures humaines, ces miniatures photographiques dégagent un ineffable souffle de vie.
Informations pratiques :
Paysages AléatoiresPhotographies de Bogdan Konopka
Galerie du Théâtre La passerelle (Gap, 05)
Du 15 janvier au 23 février 2008
Vernissage 12 janvier 2008 à 18h30
En savoir plus sur :
- Bogdan konopka Photographe
- Galerie du Théâtre la Passerelle Lieu d’expo
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