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Communiqué
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Photographies de Paul Strand à Giverny

Un des plus grands photographes américains du XXe siècle, Paul Strand (1890-1976) poursuit tout au long des soixante années de sa carrière une esthétique moderniste et participe ainsi à l’histoire de la photographie moderne. « Photographies de Paul Strand : trois chemins parcourus » dresse un portrait de l’œuvre du photographe, en l’analysant à travers trois voies de lecture. L’exposition rassemble soixante-quinze tirages originaux provenant de la prestigieuse collection du J. Paul Getty Museum de Los Angeles en Californie.
Né à New York, Strand s’inscrit à la Ethical Culture School, une école moderne qui encourage ses étudiants à devenir des citoyens engagés, en les immergeant dans un environnement favorable au développement de leur créativité et de leur liberté de pensée. Son premier enseignement de photographie lui est prodigué par Lewis Hine, reconnu pour ses reportages sur les conditions de travail des ouvriers américains. En 1907, Hine organise une visite d’étude à la galerie d’avant-garde 291 d’Alfred Stieglitz, qui marque durablement le jeune homme. Cette rencontre est le point de départ d’une amitié durable entre les deux photographes. Dans un article de 1916, Stieglitz écrit : « Strand est un jeune homme que je suis depuis de nombreuses années [...]. Sans nul doute le photographe le plus important que ce pays ait connu depuis [Alvin Langdon] Coburn [...]. Il a apporté une vision nouvelle de la photographie. »
Premier chemin : les principes de l’art moderne
D’abord attiré par le Pictorialisme, Strand adopte une esthétique puriste, presque abstraite dans ses très belles natures mortes. Il est sans aucun doute marqué par les œuvres de Cézanne, Picasso et Braque ainsi que par d’autres artistes d’avant-garde qu’il peut admirer dans la galerie d’Alfred Steiglitz ou pendant la célèbre exposition moderniste, l’Armory Show de 1913. Très tôt, Stieglitz reconnaît dans le travail de Strand, comme Photographie de 1916, une vraie percée stylistique, et offre au jeune photographe sa première exposition individuelle dans sa galerie, dès 1916, tout en publiant ses photographies dans son magazine, Camera Work. De 1925 à 1928, Strand se rend à plusieurs reprises à Georgetown Island, dans le Maine, pour faire des photographies et rendre visite à son ami, le sculpteur Gaston Lachaise. Fasciné par les productions de la nature, Strand photographie les formes organiques avec la même rigueur et la même pureté que ses natures mortes ou ses sujets industriels.
Deuxième chemin : un esprit du lieu
L’exploration par Strand du monde qui l’entoure s’accompagne toujours d’une attention soutenue aux formes et à la lumière. Afin de capter le dynamisme de la métropole moderne, Strand n’hésite pas à adopter des perspectives inhabituelles ou des formats allongés, comme dans les belles compositions de City Hall Park, New York (1915) et New York (1916). En 1920, Strand réalise avec le peintre et photographe précisionniste Charles Sheeler un célèbre court métrage sur la ville de New York, Manhatta, qui associe sur un rythme syncopé, des images abstraites des gratte-ciels. Durant toute sa vie, Strand ne cesse également de voyager, au Mexique, en France, en Italie, et en Écosse. Dans chacun de ces lieux, ses photographies parviennent à dégager un esprit du lieu.
Troisième chemin : une conscience sociale
Strand utilise un appareil photo avec un prisme qui lui permet de réaliser des portraits sans être vu de ses modèles. Si ses portraits ne révèlent pas l’identité de leur sujet l’enregistrement minutieux des visages permet de distinguer l’individu des foules. La femme non-voyante de Photographie, New York (1917) est un exemple de la manière dont Strand oblige le spectateur à se confronter à des personnes qu’il voudrait ignorer. Sa passion du portrait l’accompagne lors de ses voyages, donnant lieu à une fascinante galerie de portraits, photographiés tout autour du monde.
En 1950 Strand quitte définitivement les États-Unis, fuyant le climat politique de la guerre froide et le maccarthysme et s’installe en France où il poursuit son travail jusqu’à sa mort le 31 mars 1976.
Les commissaires de l’exposition sont Weston Naef, Anne Lyden et Anne Lacoste, et à Giverny, Bronwyn Griffith.
Un petit journal accompagne cette exposition (version française et anglaise). Prix public : 1,50 €.
Le film Manhatta de Paul Strand et Charles Sheeler sera diffusé quotidiennement dans l’auditorium.
Source : Musée d’art américain Giverny
Informations pratiques :
Photographies de Paul Strand à GivernyDu 1er avril au 11 juin 2006
Musée d’Art Américain (Giverny 27620)
En savoir plus sur :
- Paul strand Photographe
- Musée d’art américain Giverny Lieu d’expo
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