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18/09/07 - Par Philippe Jalabert (usage interdit)  - 271 visites  -  Impression (PDF) 

Platitudes

Platitudes - Une histoire de la photographie plate

Une histoire de la photographie plate

Une approche de la photographie sous un angle extrêmement particulier : la platitude de l’image ou plutôt d’une « intention plate de la photographie »…

La photographie a été inventée pour produire et reproduire de la profondeur. Certains s’en sont pourtant servi pour créer des images plates, tant du point de vue spatial (l’image s’y présente avant tout comme une surface bi-dimensionnelle), que temporel (la durée y est suspendue sans suggérer la moindre amorce de narrativité) ou sémantique (la signification se s’y annonce pas comme étant à déchiffrer, mais semble se donner d’emblée, comme neutralisée). Bien entendu, ces images peuvent être le fruit d’un simple hasard. Elles n’existent alors que de manière isolée, et seul notre regard rétrospectif y remarque cette particularité. Mais parfois,chez certains auteurs ou artistes, elles deviennent une part importante, voire majoritaire, de la production et c’est l’œuvre tout entier qui en est affecté. Il est ainsi possible de tracer une histoire de la photographie plate, suivant une généalogie souterraine qui va du début du XIXème siècle à celui du XXIème siècle, des portraits anthropométriques d’Alphonse Bertillon aux grandes photographies d’identité de Thomas Ruff, des images sans distances de Paul Strand aux pures surfaces de Philippe Gronon, des architectures de style documentaire de Walker Evans aux monuments paradoxaux des Becher ou de Lewis Baltz.


L’histoire de la planéité est chère aux modernistes et a scellé le destin d’un certain nombre de peintres autour des théories de Clément Greenberg dans les années quarante aux Etats-Unis. Il était intéressant d’aborder un autre médium, la photographie, sous un angle qui ne lui est pas familier, voire quasiment étranger : la volonté plus ou moins affirmée, théorisée, de pratiquer la planéité. Cette vision singulière d’une petite histoire de la photographie est étonnante à maints égards. Elle a, à la fois, le mérite de relancer ce débat sur la planéité et de confronter des pratiques artistiques d’auteurs appartenant à des époques différentes et ayant des préoccupations variées, voire antagonistes.


Cet angle d’attaque inhabituel va surement contribuer à repenser certains pans de la photographie et aider à la resituer dans un contexte plus général des pratiques artistiques. En effet, comme l’écrit Éric de Chassey dans l’introduction de son ouvrage (p. 12) : « Mettre en valeur le caractère plat de la photographie, c’est presque toujours (…) négocier du même coup, dans la contradiction, la place de la photographie dans le régime de l’art. »



Informations pratiques, notation et achat :

Collection « Art et artistes »
256 pages
70 illustrations en noir et blanc
Dépôt légal : 16 novembre 2006
ISBN : 2070771369
Dimensions (en cm) : 16 x 22
Prix : 20.95 euros
Nos appréciations :
Sujet : 4/5
Photos, impression : 3/5
Textes : 4/5
 


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