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15/06/05 - Par JP. Houdry  - 1088 visites  -  Impression (PDF) 

Portrait en noir et blanc d’une ville du Brésil

Portrait en noir et blanc d'une ville du Brésil - Salvador de Bahia

Salvador de Bahia

Portrait en noir et blanc d’une ville du Brésil - Salvador de Bahia - ville de bord de mer où les souvenirs de l’esclavage et des traditions restent les plus marqués. Pendant que São Paulo, Rio de Janeiro ou Brasilia font figure de capitales, rien ne semble vraiment changer à Bahia avec ses rites, ses fêtes, sa pauvreté et son atmosphère de culture noire et métissée. La Rome noire aux dizaines d’églises catholiques et enveloppée d’une ferveur afro-brésilienne, la Rome noire et ses multiples divinités qui inspirent les carnavals les plus exubérants, une ville de contrastes où quartiers pauvres et cossus se côtoient pour produire ce que les Bahianais appellent eux-mêmes "o melhor lugar do mundo" (le meilleur endroit du monde).

C’est en tous cas ce que Michel Agier - anthropologue et spécialiste de l’Amérique latine - va développer dans une bonne cinquantaine de pages sur son analyse de l’africanité. Et le photographe métisse Christian Cravo dans la deuxième partie de l’ouvrage avec des photographies très inspirées et comme fondues dans les scènes de vie quotidienne.

Sa photographie n’est pas à vrai dire une photographie documentaire mais surtout une plongée dans ce monde de "sang africain". Une photographie sensuelle, à fleur de peau, une photographie qui fait sentir la moiteur des corps et où la nonchalance semble envahir les âmes de ces lieux quand le peuple s’abandonne à l’oubli de soi.

L’eau, le sable, la mer sont des lieux de fête où les corps se meuvent en souplesse, les ruelles, les "cantos" (coins de rues), les ports ou autre lieux d’échanges comme les marchés font naître des regards un peu perdus et comme désenchantés. Proximité, pauvreté et exubérance se mêlent comme en une sorte de soumission et sans volonté d’avenir. On sent bien à travers les photos de ce jeune photographe brésilien le même regard souple, agile qui bondit dans des portraits jamais figés, des cadrages osés qui rentrent dans le sujet. Là aussi on ressent la proximité, le monde de Bahia est familier à ce photographe qui semble revivre et mettre en scène les souvenirs de son enfance brésilienne. Pas de regard extérieur posé ou prédateur, mais une fusion avec ce peuple qui bouge aux sonorités de la ville la plus noire et la plus chantante du Brésil.


Informations pratiques, notation et achat :

Parution : 18/03/2005
19 euros
17 x 1 x 23 cm, broché
158 pages
ISBN : 2746706148
Note sujet : 5/5
Note photos : 5/5
Note textes : 5/5
Note esthétique : 4/5
 


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