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13/11/07 -
Par Doriane Allain
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Portraits de la comédie française

Le métissage des styles
Andrés Serrano, photographe américain, connu pour ses oeuvres sulfureuses qui ont fait toute sa renommée, a été choisi pour tirer le portrait de la Comédie Française. Nous proposant ainsi une quarantaine de photographies loin de son style provoquant, mais qui redonne vie à l’art du portrait, présentant ainsi au public les sociétaires de la Comédie Française, un travail exposé cet été à Avignon. Ces derniers n’ avaient plus suscité l’intérêt des photographes depuis les années 40 avec le Studio Harcourt maître du portrait en noir et blanc.
Cela en étonnera plus d’un que le choix se soit porté sur un des photographes les plus trash de sa génération pour prendre en photographie les comédiens de cette noble institution qu’est la Comédie Française. Alors qu’en fait pas tant que ça. Depuis le 11 septembre 2001, Andrés Serrano a pris pour axe de travail une présentation de la société américaine par le biais du portrait. Avec pour contrainte artistique de présenter sans tabous les thèmes du sexe, de la mort ou de la religion, par le biais d’un œil cru et sans artifice sur la réalité. Andrés Serrano, du fait de sa pratique du portrait, était le photographe le mieux placé pour donner un coup de fouet à la tradition de représentation des sociétaires, qui regorgent d’oeuvres diverses dans le musée de la Comédie Française. En effet cette dernière a inspiré nombre d’artistes peintres, mais aussi de photographes, à commencer par le pionnier Nicéphore Niépce, comme il est précisé dans la préface qui raconte la relation entres les sociétaires de la Comédie Française et les artistes photographes.
Andrés Serrano avait pour seule exigence que chaque comédien pose dans le costume d’un de ses personnages favoris, présent dans le répertoire. Du fait du cadrage serré au plus prés du visage, seul le photographe perçoit le côté théâtral, dévoilant ainsi au spectateur des visages comme mis à nu devant des fonds acidulés, loin du classicisme que peut refléter l’institution concernée. Il crée un paradoxe entre la mise en scène, l’élément principal du théâtre qui se veut de créer un simulacre d’existence, et la réalité, en nous présentant des visages sans artifice, pour nous faire ainsi oublier le personnage.
A la manière des grands peintres portraitistes, comme Raphaël ou Rembrandt qui ont influencé son art photographique, Serrano nous met en communication directe avec le comédien. Nous les présentant, non pas dans le temps du jeu mais dans le temps présent de l’être. Il accentue le regard de ces hommes et de ces femmes, créant ainsi une sensation d’être face à l’âme du comédien qui ne peut plus se cacher derrière son costume. Certains ont le regard tourné vers le haut, comme s’ils pensaient déjà au futur rôle qu’ils allaient interpréter. D’autres nous fixent de manière frontale, nous plaçant ainsi en communication directe avec eux, sauf que pour une fois ces derniers n’ont pas la parole. Nous seuls pouvons alors nous exprimer devant ces masques d’expressions. Ici c’est l’objectif du photographe qui fait redevenir humains ces êtres supposés ou considérés comme intemporels.
Informations pratiques, notation et achat :
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Format : broché 111 pages Parution : 6 septembre 2007 Dimensions : 29 x 24 cm ISBN-10 : 2070119041 ISBN-13 : 978-2070119042 Prix : 24 € Note sujet : 4/5 Note photos : 4 /5 Note textes : 3/5 Note esthétique : 5/5 |
En savoir plus sur :
- Andres serrano Photographe
- Gallimard Editeur
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