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4/03/06 - Par Laurent Fabry (usage interdit)  - 3878 visites  -  Impression (PDF) 

Premières impressions enthousiastes

Premières impressions enthousiastes - Adobe Lightroom beta 2

Adobe Lightroom beta 2

Chez Photosapiens, nous sommes très sensibles à l’évolution des outils logiciels pour la photographie. Non seulement parce que nous sommes les inventeurs de l’un d’entre eux (notre service en ligne de création / gestion de site internet autonome pour les photographes). Mais aussi et avant tout, parce qu’en tant que photographes nous-mêmes, travaillant exclusivement en numérique, nous avons besoin d’outils puissants pour la gestion quotidienne de nos images. Cette fois non pas sur un site internet, mais en amont, sur ordinateur, dans le but de les éditer (les choisir, les retoucher et les classer).
Pour répondre à ces différents aspects, il existe déjà une myriade d’applications, toutes bien distinctes, allant de la plus simple à la plus sophistiquée. La première d’entre elles concerne la retouche photo, il s’agit bien sûr de Photoshop.
Or comme nous l’avons souvent dit ici, Photoshop, ce logiciel connu de tous, présent au sein des studios de création, devenu indétrônable et indispensable pour la plupart des corps de métier qui interviennent sur l’image après sa prise de vue, se montre parfois inadapté pour les modestes besoins du photographe, bien que peu d’entre eux osent malgré tout s’en passer. C’est d’autant plus vrais dans les spécialités comme la photographie sociale (mariage, événementiel, etc.) où la retouche se limite généralement à quelques équilibrages d’exposition et corrections chromatiques. Et où les quantités de photos à gérer sont telles qu’elles rendent peu efficace l’utilisation de logiciels aussi fins que Photoshop, dans la mesure où ceux-ci imposent systématiquement pour chaque image :
- L’ouverture d’un fichier
- L’enregistrement d’un nouveau fichier
Deux opérations non seulement fastidieuses, mais qui entrainent des impératifs techniques très lourds :
- Qui dit transformation de fichier (passage d’un format à un autre par exemple pour "développer" un fichier RAW), dit perte d’informations, et donc normalement conservation d’un original et notation minutieuse des modifications apportées aux éventuelles versions finales
- Qui dit fichiers multiples pour une même photo, dit gestion avancée par répertoires, données associées, classement, archivage, sauvegardes, etc.
On voit donc ici clairement qu’avec le numérique, la distinction entre l’étape de la retouche et le problème du classement s’amenuise. Si les logiciels modernes tendent vers une solution globale apportant dans le même package à la fois un outil de retouche et un système de classement (on pense notamment à ACDSee ou Photoshop Elements pour le grand public ou encore à iView Media Pro pour les pros), Adobe ne proposait pour les photographes professionnels encore rien dans ce sens. Ce sera bientôt chose faite avec Lightroom, disponible en version beta 2 gratuitement ici (pour l’instant en anglais et uniquement pour Mac OS x), et que nous testons depuis plusieurs semaines avec, une fois n’est pas coutume, un enthousiasme non dissimulé...

Les données du problèmes :

Ce qui a très certainement motivé le géant Adobe à plancher sur le projet Lightroom, comme le confirme d’ailleurs son concurrent britanique iView dans un grand sondage réalisé auprès de 700 photographes professionnels, c’est d’abord tout simplement l’attente des photographes en terme de systèmes plus puissants. Les images numériques sont aujourd’hui immensément plus nombreuses que les images argentiques numérisées (auparavant, on ne scannait que la ou les images choisies), elles prennent donc plus de place sur les disques durs (notamment lorsqu’elles sont au format RAW) et demandent plus de temps lors de leur ouverture. Ensuite, la notion "flux de production photographique numérique" ("digital workflow"), évoquée succinctement en introduction est un aspect nouveau apparu avec le numérique, dans la mesure où le photographe possède aujourd’hui à la fois la possibilité et l’impératif de s’investir plus à fond dans la chaîne de travail de l’image, depuis sa prise de vue jusqu’à sa livraison.

La solution proposée :

La solution proposée se définit assez simplement, c’est une seule et même application pour tout gérer : l’import des images sur le disque dur, leur classement automatique, et un outil intégré pour une retouche globale (sans outils manuels comme le détourage) rapide, efficace et non destructive, le tout épargnant si possible à l’utilisateur la couche logicielle la plus basse et la plus ingrate : la gestion de fichiers.

Le principe retenu : est donc que le logiciel présente à l’utilisateur toutes les images indépendemment de leur localisation physique sur les disques, maintient cette copie intacte pour un retour au fichier source original si besoin, et n’enregistre les modifications apportées que de manière "descriptive" (probablement en xml) : aucun nouveau fichier n’est créé tant que l’on n’effectue pas un export, les réglages d’une image restant disponibles d’une ouverture du logiciel à l’autre !

Un but recherché qui, s’il commençait à se fait bigrement attendre, restait relativement ambitieux notamment à cause des ressources système nécessaires : on a pu voir dernièrement la présentation du tout nouveau logiciel du constructeur Apple, Aperture, destiné au même type d’utilisation, et dont une version 1.1 est visiblement prévue pour courant mars. Lequel logiciel s’est clairement montré incompatible avec la puissance de calcul des machines fabriquées par la marque jusqu’ici !

En pratique

L’objectif pouvait sembler ambitieux voire difficilement réalisable, et pourtant l’éditeur Adobe s’y est employé : on peut enfin, sans ouvrir le moindre fichier, une fois l’application lancée, revenir sur une lot d’images en cours de traitement pour continuer de les retoucher, les renseigner, les noter, les classer, les exporter et les imprimer. On est loin, très loin, de tout ce que l’on connaissait jusqu’ici avec des application monotâches ou usines-à-gaz nous imposant de jongler de l’une à l’autre, nous assurant au passage une perte de temps, et ne garantissant ni l’efficacité ni même la pertinence.

 Dans le module "library" (sélectionné en haut à droite et qui est aussi le mode par défaut), les vignettes apparaissent dans des sortes de diapositives dont la taille peut être réglée par un curseur. Elles portent toutes un numéro, et la ou les images sélectionnées présentent deux autres indications : la note (ici la notation n'a pas été faite, sinon on verrait des étoiles au lieu des 5 points, le mécanisme de notation est très simple puisqu'il suffit juste d'utiliser les touches 0 à 5 du pavé numérique sur son clavier), et deux flêches de rotation (rotation bien entendu interne au logiciel qui n'affecte pas l'image sauf lors de son export). Le panneau de gauche permet de changer de "projet" (shoot), ou de collection, d'afficher la liste de mots-clés disponibles dans toute la photothèque et le nombre de photos porteuses de chacun d'entre eux, et d'effectuer une recherche ou un filtrage par note. Quant au panneau de droite, c'est une version simplifiée des outils de retouche que l'on trouvera dans le module "Develop".
Dans le module "library" (sélectionné en haut à droite et qui est aussi le mode par défaut), les vignettes apparaissent dans des sortes de diapositives dont la taille peut être réglée par un curseur. Elles portent toutes un numéro, et la ou les images sélectionnées présentent deux autres indications : la note (ici la notation n’a pas été faite, sinon on verrait des étoiles au lieu des 5 points, le mécanisme de notation est très simple puisqu’il suffit juste d’utiliser les touches 0 à 5 du pavé numérique sur son clavier), et deux flêches de rotation (rotation bien entendu interne au logiciel qui n’affecte pas l’image sauf lors de son export). Le panneau de gauche permet de changer de "projet" (shoot), ou de collection, d’afficher la liste de mots-clés disponibles dans toute la photothèque et le nombre de photos porteuses de chacun d’entre eux, et d’effectuer une recherche ou un filtrage par note. Quant au panneau de droite, c’est une version simplifiée des outils de retouche que l’on trouvera dans le module "Develop".

 Toujours dans le module "Library", il est possible de zoomer dans l'image instantanéement. Ici les panneaux de gauche, de droite et du bas ont été maintenus, mais ils peuvent être réduits ou bien masqués / affichés d'un simple clic, lorsque l'on souhaite disposer de tout l'espace utile pour visualiser les vignettes ou une image agrandie. Image agrandier que l'on verra adaptée à la taille de la fenêtre, zoomée à 100% (zoom déplaçable avec espace vide autour de l'image). D'un simple clic dans l'image, on peut basculer entre ces deux modes ou encore revenir aux vignettes, ce qui est d'un confort absolu. Quant aux panneaux, lorsqu'ils sont invisibles, ils réaparaissent instantannéement en approchant la souris du bord de la fenêtre, à la manière du dock de Mac Os X.
Toujours dans le module "Library", il est possible de zoomer dans l’image instantanéement. Ici les panneaux de gauche, de droite et du bas ont été maintenus, mais ils peuvent être réduits ou bien masqués / affichés d’un simple clic, lorsque l’on souhaite disposer de tout l’espace utile pour visualiser les vignettes ou une image agrandie. Image agrandier que l’on verra adaptée à la taille de la fenêtre, zoomée à 100% (zoom déplaçable avec espace vide autour de l’image). D’un simple clic dans l’image, on peut basculer entre ces deux modes ou encore revenir aux vignettes, ce qui est d’un confort absolu. Quant aux panneaux, lorsqu’ils sont invisibles, ils réaparaissent instantannéement en approchant la souris du bord de la fenêtre, à la manière du dock de Mac Os X.

 Dans le module "develop" (sélectionné en haut à droite), l'environnement de travail propose à gauche un "presets browser" pour simuler d'un simple survol de la souris plusieurs traitements préconfigurés ou enregistrés (ici le sépia), en bas la liste des images en une frise déplaçable et dont on peut faire varier la hauteur, et à droite un panneau montrant l'histogramme RGB, ainsi que des curseurs pour la température de couleur, la teinte, la saturation, l'exposition, et la courbe (compression / expansion des tons).
Dans le module "develop" (sélectionné en haut à droite), l’environnement de travail propose à gauche un "presets browser" pour simuler d’un simple survol de la souris plusieurs traitements préconfigurés ou enregistrés (ici le sépia), en bas la liste des images en une frise déplaçable et dont on peut faire varier la hauteur, et à droite un panneau montrant l’histogramme RGB, ainsi que des curseurs pour la température de couleur, la teinte, la saturation, l’exposition, et la courbe (compression / expansion des tons).

Après quelques milliers d’images gérées et plusieurs clients livrés en temps voulu, ce qui ne nous était jusqu’ici que très rarement arrivé, le bilan provisoire que nous pouvons tirer de Lightroom est extrêmement positif. On dispose à la fois d’une vue globale sur un travail qui peut comporter des centaines d’images (navigation aisée dans les vignettes, ouverture et zoom instantanné), confronter celles-ci à d’autres projets, retoucher une image sans devoir changer d’environnement, simuler sur celle-ci rapidement différents traitements proposés ou enregistrés, retrouver son état initial, etc. C’est donc un véritable plaisir que de gérer ses images avec autant de confort, le seul inconvénient étant le risque de se voir replonger dans d’anciens travaux, ne serait-ce que pour uniformiser sa photothèque et lui appliquer une gestion commune, ou revenir sur des images que l’on n’avait peut-être pas exploitées à fond.

La rapidité est tout à fait acceptable dans les conditions du test :
- images JPEG 4 et 6 Mp
- Imac G5 cadencé à 2 Ghz, muni d’1 Go de Ram, avec écran panoramique 20 pouces et monté sous OS X 10.4.5
La machine reste disponible pour d’autres applications quand le logiciel est ouvert, et celui-ci se lance et se ferme rapidement.

L’interface est très intuitive, et pour celles et ceux qui voudraient le tester mais ne comprennent pas la langue de Shakespeare, voici un lien vers des démos flash suffisamment éloquentes pour constater que l’environnement de travail peut être ajusté selon ses besoin (jusqu’au gadget ultime : la police des quatre liens du menu en haut à droite...) En tous les cas, voici enfin un logiciel dont la plupart des fonctions sont visibles ou bien rangées dans des volets qui s’ouvrent et se referment d’un clic, sans risquer transformer l’espace de travail en une foire à l’encadrement. Bref, c’est un système que l’on aura plaisir à prendre en mains et à utiliser, avec la sensation de pouvoir le maîtriser complètement et rapidement sans devoir se ruiner en outils de formation, ce qui, pour un logiciel Adobe, reste plutôt rare.

La suite ?

Lightroom sera-t-il le gestionnaire d’image universel de demain ? Même si, ne travaillant par exemple pas en RAW, nous ne l’avons testé que de manière partielle, tout nous pousse à croire que la chose soit possible. Il est incontestable qu’en se montrant à l’écoute des photographes, en développant rapidement des applications inédites et inovantes, et en proposant à ces derniers de les tester gratuitement avant leur lancement (premier signe concret d’intégration de la culture web héritée de la société Macromedia, récemment acquise), Adobe frappe aujourd’hui très fort. D’autant que de nombreux photographes jusqu’ici peu à l’aise ou carrément improductifs sous Photoshop verront peut-être enfin en Lightroom une des clés de leur gestion d’images quotidienne.

Reste une inconnue, la question des données associées. En effet, si seule une gestion des mots-clés existe (saisie, affichage et filtrage simple), celle-ci n’est très clairement pas encore du niveau de certains concurrents (on pense en particulier à iView, mais il en existe quelques autres). Dans l’état actuel de Lightroom, ce sont très justement les aspects graphiques (qui sont aussi les plus lourds en terme d’optimisation logicielle) qui ont été prioritaires : disponibilité permanente de toutes les images, ouverture et zoom instantanés, taille des vignettes ajustable dynamiquement sans attendre leur fabrication (comme cela semble être le cas sous iView), enregistrement automatique, modularité, édition non destructive, etc.) Le reste n’est qu’affaire de base de données, et sans doute les ingénieurs Adobe choisiront-ils bientôt d’intégrer une dimension supplémentaire à cet étonnant, attendu, et déjà relativement concluant nouveau logiciel...




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