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6/07/07 -
Communiqué
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Prix CANON de la femme Photojournaliste 2007

Axelle de Russé, lauréate
Le Prix Canon de la femme Photojournaliste 2007, a été décerné par l’Association des Femmes Journalistes (AFJ) à Axelle de Russé (France), pour son projet de reportage en Chine sur le retour des concubines. Le jury s’est réuni à Paris le 20 juin 2007. Il était composé de : Cyril Drouhet, Le Figaro Magazine ; Ruth Eichhorn, Géo Allemagne ; Barbara Clément, Elle ; Armelle Canitrot, La Croix ; Delphine Lelu, Festival Visa pour l’Image ; Marc Simon, VSD Et pour l’AFJ : Catherine Lalanne, Pèlerin magazine ; Brigitte Huard et Moïra Sauvage, journaliste.
Le prix, doté par Canon France et soutenu par le Figaro Magazine, sera remis à la lauréate le samedi 8 septembre 2007 au soir, lors du 19e Festival International du Photojournalisme Visa pour l’Image, à Perpignan. D’un montant de 8000 Euros, il est destiné à soutenir la lauréate dans la réalisation de son reportage. Elle aura un an pour le mener à bien et son travail fera l’objet d’une exposition ou d’une projection lors du festival Visa Pour l’Image 2008.
Axelle de Russé a 28 ans. Après des études de commerce, elle a travaillé à l’agence SIPA PRESS en tant que rédactrice. Elle a décidé de se lancer dans la photo en avril 2005 et est partie en Chine en juillet 2005 avec deux journalistes pour travailler sur les « femmes manquantes ». Elle y a découvert également le phénomène des concubines. Depuis janvier 2006, elle diffuse ses photos à l’agence ABACA, pour laquelle elle a couvert la campagne électorale de Ségolène Royal. Elle a publié dans Le Figaro magazine, VSD, Paris Match, L’Express, Le Nouvel Observateur, Le Point, Cosmo (France et Espagne), Glamour (France et Espagne), Marie Claire Mexique.
La jeune photographe va recevoir le Prix Canon décerné par l’AFJ pour réaliser un reportage en Chine où, pendant longtemps, le statut d’un homme se mesurait au nombre de ses femmes, épouses ou concubines. En 1949, les communistes avaient interdit cette pratique ancestrale, signe pour eux de décadence bourgeoise. Aujourd’hui, elle fait son grand retour. Après deux décennies d’ouverture économique, les chinois enrichis affirment à nouveau leur rang social en exhibant voitures, maisons, costumes et …,jolies jeunes femmes. Des villes comme Shenzen sont devenues des « villages de concubines ». Le train qui y mène est surnommé le « concubines express ». Parmi ses femmes, des campagnardes pauvres du sud, des demi mondaines de Shangai, et des concubines de luxe élevées dans la bourgeoisie fortunée. Toutes cherchent à se faire financer des études, une garde-robe, un rang social. Pourtant, le statut de concubine reste précaire. L’homme lassé, les jeunes-filles perdent tous leurs acquis. On estime à 100 000 le nombre de femmes entretenues, rien que dans l’une des province les plus touchées par le phénomène, celle de Guangdong, aux portes de Hong-Kong.
Les mots du jury
Axel de Russé est une toute jeune photographe de news. Elle a suivi la candidate Ségolène Royal durant sa campagne électorale, captant avec sensibilité sa féminité, cadrant ses chevilles bridées de cuir blanc parmi les bouquets de roses jetés à ses pieds au cours d’un meeting, saisissant l’éclair de son sourire radieux le soir du premier tour, montrant avec empathie sa solitude , le col de sa veste frileusement relevé, à la sortie du siège du Parti Socialiste. Capable de garder un regard personnel sur un travail de commande effectué dans l’urgence, Axel devrait achever de nous convaincre de sa virtuosité en menant à terme son projet ambitieux et original : montrer la dichotomie de la Chine, coincée entre tradition et modernité à travers un phénomène de société , le retour des concubines. Rarement un synopsis de reportage aussi soigné aura été soumis au jury de l’AFJ. L’angle est tout aussi ingénieux : en suivant le parcours des demi-mondaines de Shanghai et celui des paysannes pauvres du sud, Axel souhaite dresser un portrait sans concession de la société chinoise et alerter l’opinion sur le statut des jeunes filles asiatiques victimes d’une mode qui fait des ravages auprès des cadres du parti communiste et des chinois enrichis à Taiwan. Parions que sa démarche singulière et humaine, que la fraîcheur de sa vision, nous en apprendront plus sur la situation de la femme chinoise que bien des reportages traditionnels qui se veulent exhaustifs ! Catherine Lalanne, rédactrice en chef au Pèlerin
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