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23/03/07 -
Communiqué
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Prix Hasselblad 2007

Nan Goldin, lauréate
La Fondation Erna et Victor Hasselblad a décidé d’attribuer le Prix International de la Fondation Hasselblad 2007 à la photographe américaine Nan Goldin. 500 000 SEK (approximativement 70 000 dollars) et une médaille d’or lui seront décernés à la cérémonie qui se tiendra à Göteborg, en Suède, le 10 novembre 2007. Conjointement à cette cérémonie, une nouvelle exposition des oeuvres de Nan Goldin se tiendra sous l’égide du Centre Hasselblad.
La Fondation a justifié sa décision d’attribuer le Prix 2007 à Nan Goldin par la citation suivante : Nan Goldin est l’une des plus importantes photographes de notre époque. Depuis plus de 30 ans, elle immortalise sa vie, celle de ses amis et des nombreux membres de sa famille, mettant l’accent dans les années 70, 80 et 90 sur la scène urbaine new yorkaise et européenne, qui fut si dramatiquement marquée par le virus du SIDA. Tout en se basant sur l’esthétique directe de la photographie instantanée, son travail présente sa vie privée comme une oeuvre d’art intime d’une beauté formelle, accompagnée d’une utilisation intense des couleurs. L’influence de son travail sous forme de diaporama est perceptible chez les photographes de la génération suivante. La photographie est pour elle un outil de mémoire, un moyen de se protéger contre la perte et un acte de préservation, qui répond aux besoins de notre époque.
Cette année, le comité d’attribution qui soumettait sa proposition au comité directorial de la Fondation était composé de :
Christine Frisinghelli, (Présidente) directrice de Camera Austria, Graz, Autriche.
Frits Gierstberg, responsable des expositions, Nederlands Fotomuseum, Rotterdam, Pays-Bas.
Lars Schwander, directeur du Fotografisk Center, Copenhague, Danemark.
Teresa Siza, directrice du Centro Português de Fotografia, Porto, Portugal.
Liz Wells, professeur de théorie photographique et directeur du groupe de recherche pour la terre/l’eau et des arts visuels, Faculté des arts, Université de Plymouth, Plymouth, Grande Bretagne.
Nan Goldin est une photographe contemporaine exceptionnelle et l’une des artistes les plus influentes de notre époque, tant son travail est un modèle pour des générations de photographes. « The Ballad of Sexual Dependency » (La ballade de la dépendance sexuelle) son opus magnum, a permis d’ajouter de nouvelles problématiques significatives au débat sur la vérité documentaire en photographie. Les moments de grande intimité (désir, souffrance, mort et violence) de son travail sont exposés au regard du spectateur avec une incessante candeur. Son utilisation de la photographie est touchante de simplicité : photographier pour la mémoire, comme pour se protéger de la perte de l’être aimé, ou comme une autoreprésentation, une preuve de l’unité du groupe et de la famille, ces fonctions sociales de l’image trouvent leur racine commune dans l’équation radicale de la vie et la photographie, donnant à chaque image sa vérité intime et son ancrage dans une histoire écrite et sans cesse relatée par la photographe. Peu de débuts officiels dans le monde des arts ont été aussi remarquables et restent aussi mémorables que ceux de Nan Goldin : « The Ballad of Sexual Dependency » (La ballade de la dépendance sexuelle) a été présentée la première fois au milieu des années 80 à un public restreint et impliqué : la « famille nombreuse » de l’artiste, sous forme de diaporama. Cette oeuvre a été plus tard exposée dans des clubs de New York et lors de festivals de film européens avec un bande son et des arrangements plus structurés, puis avec la sortie du livre, dans des galeries et des espaces dédiés à l’art.
En outre, peu d’œuvres de ces dernières décennies se sont autant polarisées que celles de Nan Goldin. Elle décrit avec justesse ses propos dans le titre de l’une de ses expositions : « La vie, la perte et l’obsession ». Les images passionnées, sensibles et brutes de la famille nombreuse de l’artiste reflètent les propos sociaux et politiques d’une génération, celle touchée par la crise du SIDA au début des années 80, envers laquelle le public a longtemps fermé les yeux, cette question n’étant considérée pertinente que pour des groupes de personnes jugées déviants par la société : les homosexuels et les toxicomanes. Ce milieu artistique urbain, auquel Nan Goldin appartient et dans lequel elle propose au spectateur un aperçu de son travail, forme le cadre historique et social de ses photographies. Selon les aléas de sa propre vie, Nan Goldin n’a cessé de choisir de nouvelles directions et de nouvelles formes dans son travail. Il n’est que représentation de la profondeur et de l’importance de sa solitude et de ses dépressions, accompagné d’un amour profond pour la beauté des relations humaines. Ses images emmènent le spectateur dans les recoins internes des relations familiales intimes, prises au sein d’hôpitaux psychiatriques, de chambres vides et à l’extérieur avec des paysages et des objets qui lui sont chers.
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