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Communiqué  - 135 visites  -  Impression (PDF) 

Red square

Red square

Le photographe anglais Christopher Taylor nous propose une exposition en trois tableaux et quelques annexes. Imprégnées d’une nostalgie indissimulable, les photographies de Taylor sont autant de pierres tombales marquant la fin d’ères successives, comme si photographie rimait inéluctablement avec mort. Nimbé d’un doux gris de cendre, le monde qu’il décrit n’a pourtant rien de morbide, juste un constat suave et désabusé de notre fin certaine.

Corps d’image majeur de cette exposition monographique, un important travail sur la ville indienne, avec comme épicentre Calcutta. Vaisseau fantôme paradoxal, héritage de l’Empire britannique, Christopher Taylor nous fait entrevoir une ville « modelée sur Londres, (...) [où il reste] suffisamment d’édifices de l’ère coloniale pour que la deuxième ville de l’empire britannique [en] soit son testament vivant ». L’état des lieux est sans concessions, d’une rigueur glaçante étayée par un savoir technique éprouvé. Entre Eugène Atget et Lewis Baltz, les images de Christopher Taylor nous renvoient à une histoire dont les « monumentales » traces représentent l’archétypale traduction des échecs du colonialisme.

Writer's building, Calcutta
Writer’s building, Calcutta
© Christopher Taylor

Il y a vingt ans, lorsque j’ai visité Calcutta pour la première fois, l’ambiance que j’ai sentie m’a semblé étonnement familière. Modelée sur Londres, – où j’habitais à l’époque – il en restait suffisamment d’édifices de l’ère coloniale pour que la deuxième ville de l’empire britannique soit son testament vivant. J’ai perçu une ville tenue captive de son âge d’or du 19ème siècle, en quelque sorte l’écho d’un Londres maintenant disparu.

Le poids du passé est en partie causé par le déclin économique qui a suivi une période politiquement bouleversante. Après l’indépendance, une tentative brève d’effacer les traces visuelles de l’autorité coloniale, par la démolition de certains bâtiments, a cédé la place à un mouvement de restauration d’éléments clefs du patrimoine de la ville. Les origines cosmopolites de Calcutta ont marqué un tournant dans le développement de la société indienne. A présent un paradoxe se révèle car Calcutta est un emblème du passé impérial dans l’Inde actuelle, puissance émergente de la scène mondiale.

A la manière de précédents empires, les Britanniques ont conçu les villes de Calcutta et Bombay pour symboliser leur pouvoir et disséminer un système de valeurs. Ma connaissance des conséquences de ce chapitre important dans l’histoire de mon pays étant limitée, l’opportunité s’est présentée de produire une recherche avant que l’inévitable processus de modernisation ait gommé les traces du passé. Je suis retourné en Inde chaque année depuis 2003. J’avais décidé de photographier les bâtiments coloniaux, pour la plupart administratifs, qui caractérise encore les centres villes de Calcutta et Bombay. J’ai voulu entrevoir derrière les façades et étudier de près l’infrastructure du gouvernement – les restes d’une bureaucratie installée par les Britanniques. Christopher Taylor

 

Raj Bhavan, Calcutta
Raj Bhavan, Calcutta
© Christopher Taylor

<b>St John's churchyard, Calcutta</b><br />(c) Christopher Taylor
St John’s churchyard, Calcutta
© Christopher Taylor
<b>Statesman house, Calcutta</b><br />(c) Christopher Taylor
Statesman house, Calcutta
© Christopher Taylor
<b>Standard Chartered bank, Calcutta</b><br />(c) Christopher Taylor
Standard Chartered bank, Calcutta
© Christopher Taylor

Informations pratiques :

Red square
Photographies de Christopher Taylor
Du 15 novembre au 9 décembre 2007
Galerie des Arènes (Nimes, 30)
Entrée libre
 


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