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Communiqué
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Regards sur l’architecture

L’architecture et la photographie sont liées malgré tout ce qui peut en apparence les opposer. La fragilité du papier et la solidité de la pierre, le temps de réalisation, quelques dixièmes de seconde pour l’une, des mois, des années des décennies pour l’autre. Pourtant, dans certains cas, celle que l’on pourrait croire la plus pérenne ne survit qu’à travers sa représentation. En effet, combien de monuments aujourd’hui portés disparus (le World Trade Center pour ne donner qu’un exemple tristement célèbre), persistent-ils dans notre champ visuel grâce à leur projection sur du papier glacé, à travers des pixels et des écrans.
La photographie est née au cours du XIX siècle, et c’est à ce moment que l’architecture a connu sa révolution. Les grandes avancées technologiques de l’architecture, via l’utilisation du fer et les bouleversements urbanistiques, eurent lieu au moment où la photographie balbutiait avant de faire le grand pas vers la rapidité d’exposition, la reproductibilité, la miniaturisation des instruments, l’agrandissement des tirages.
Il n’est donc pas étonnant que la photographie fut utilisée comme vecteur d’enregistrement des différentes phases de réalisation d’un édifice. Elle fut également employée afin d’immortaliser ce qui allait être détruit, on pense notamment aux photographies de Charles Marville représentant Paris durant la campagne de modernisation haussmanienne. On pense également à l’utilisation de la photographie dans le cadre de l’archéologie préventive.
Au delà de l’apport utilitaire du médium c’est bien la nouvelle esthétique produite par la représentation photographique des monument architecturaux des villes en pleine mutation qui allait retenir l’attention du monde de l’art.
De la modernité il est question au sein de cette exposition avec Gabriele Basilico, dont le regard s’est tourné vers Monaco, ville si emblématique de l’urbanisation massive. Basilico est l’un des photographes les plus emblématiques de la photographie d’architecture. Il a sillonné le monde de la pierre et a retranscrit des univers aussi différent que Beyrouth et ses grands bâtiments portant toujours sur eux les stigmates de la guerre, que Berlin et ses usines aussi géométriques qu’imposantes. Il y a des monuments qui toujours interpelleront notre sensibilité, puisqu’ils furent aussi érigés dans ce but : ce sont les édifices religieux.
Suite à une entretien avec une personne ayant vécu les bombardements de l’une des plus belles villes d’Allemagne, Caroline Bach décida de photographier toutes les phases de la reconstruction de la cathédrale de Dresde. Le chantier de rénovation de ce joyau du protestantisme s’étala de 1992 à 2006. C’est donc un travail long, précis et minutieux faisant appel à des qualités scientifiques et historiques que la photographe a accompli.
Le référencement par l’image de la métamorphose de cette page d’histoire mise entre parenthèse pendant un demi-siècle, pour devenir un symbole de la violence humaine, pose la question de l’intérêt d’une telle entreprise. En effet, cette cathédrale, du fait de sa décomposition toujours apparente n’avait-elle pas plus de poids dans nos consciences que la réplique de celle qu’elle fut avant le bombardement du 13 février 1945.
Avec Frédéric Hubert nous restons dans le monde spirituel avec cependant un regard totalement différent. Autant dans les deux démarches précédemment évoquées, le dénuement de l’image de toute présence humaine renvoyait à l’objectivité du regard, autant celle-ci est perceptible chez Frédéric Hubert. De présence humaine, il s’agit avant tout de la sienne, avec ce parti-pris de déformation de l’image via ce flou et ce mouvement intimé à travers les dédales de pierres. La lumière est omniprésente dans ses images. Les éclairages projetés sur la pierre provoque l’impression d’une dématérialisation, dématérialisation qui deviendra effective lors de sa transposition sur le papier. L’édifice ou une partie de celui-ci, passe du statut d’objet à celui de représentation.
Ce que recherche avant tout le photographe, c’est l’énergie déployée par la synthèse des matières, phénomène lui même amplifié par l’émotion que suscite la fréquentation des lieux de cultes. Ces monuments sont chargés d’histoire, il sont bâtis à la force de la foi et de manière inexplicable, l’intériorité de l’âme de la personne sensible est en proie au bouleversement.
Sense Out, tel est le titre de la série des photographies de Max Tomasinelli. Il a arpenté les plus grand musées du monde : le Metropolitan Museum of Art de new York, le MACBA de Barcelone, le Victoria and Albert de Londres… Aux lignes épurées des édifices néoclassiques quand ils ne sont pas postmodernes, il répond par d’indéchiffrables écritures qui ont de ce fait une valeur abstraite et constituent un élément de construction.
Prendre une photographie, c’est un peu s’accaparer un lieu. En rehaussant les photographies grand format de ces temples de l’esthétisme, Max Tomasinelli, marque de sa griffe les salles d’exposition. C’est un peu une manière indirecte d’y exposer ses oeuvres, de donner un point de vue personnel à propos d’édifices qui sont des oeuvres d’art abritant et glorifiant des oeuvres d’art.
Informations pratiques :
Regards sur l’architectureExposition de Gabriele Basilico, Caroline Bach, Frédéric Hubert, Max Tomasinelli
Du 13 mars au 20 avril 2008
Musée de la Photographie André Villers, Mougins (06)
Entrée libre
En savoir plus sur :
- Caroline bach Photographe
- Gabrielle basilico Photographe
- Frédéric hubert Photographe
- Max tomasinelli Photographe
- Musée de la Photographie André Villers Lieu d’expo
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