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Communiqué
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Shanghai Mingong

En juin 2006, Pierre Henniquant part 3 mois à Shanghai pour réaliser des reportages sur l’envers du décor chinois. L’axe principal de son travail est les " Mingong " - ouvriers paysans. Il passera la majeure partie de son temps à leurs côtés, afin de photographier les différents aspects de leur vie : " Je n’ai pas eu à marcher de longues heures pour les trouver. La majorité des mes images a été prise dans le centre de Shanghai : Huai Hai Lu, Xintiandi, Le Bund, Pudong... Dans ces lieux mythiques chinois, deux univers se côtoîent. On passe aisément d’une rue commerçante à un chantier de démolition. "
Lao Dongwu était paysan dans la province du Hubei, région située au cœur de la Chine. Le besoin d’argent et le manque de travail l’ont poussé à migrer vers les villes. Les Chinois des campagnes ont une vision idyllique de leurs grandes mégalopoles. Dongwu est donc parti le cœur vaillant vers ce nouveau monde dans l’espoir de s’enrichir. De chantier en chantier, il est arrivé sur celui de la Shanghaï World Financial Center. « Je suis très fier de travailler sur ce chantier. C’est le plus haut immeuble du monde. Je n’oublierai pas ces jours... » Effectivement, une fois finie, la SWFC atteindra les 492 mètres, elle sera bien la future plus haute tour du monde. Ce gratte-ciel ultra moderne comprendra des bureaux, un hôtel, des boutiques de luxe, un club privé... En 2005, ils étaient plus de 200 millions dans la situation de Dongwu d’après le China Human Development Report. On les appelle les « Mingong » , ouvriers-paysans. Ils travaillent à bas prix, sept jours sur sept, 10 heures par jour, dans des conditions pénibles. Dongwu gagne 45 yuans par jour et en envoie la majorité à sa famille restée dans sa province natale pour travailler dans les champs. La croissance économique chinoise, basée entre autre sur l’exploitation de cette main-d’œuvre bon marché, permet un enrichissement des campagnes. Le gouvernement chinois connaît l’importance des revenus de ces migrants dans le développement rural.
Les Mingong habitent toujours sur le chantier sur lequel ils travaillent. Ils s’entassent dans des préfabriqués : 8 « Mingong » par pièce d’environ 15 mètres carrés, des paillasses pour lits, un vieux réchaud électrique pour la cuisine, une bassine en guise de salle de bain. Le climat à Shanghai est subtropical : l’été, la température et le degré d’humidité sont très élevés, et l’unique climatisation de leur habitat est un vieux ventilateur. Mais pour Dongwu, les conditions de vie sur ce chantier sont bien meilleures que ce qu’il a connu auparavant. Il est heureux de pouvoir jouir d’eau chaude dans les douches communes, et de bénéficier régulièrement d’une visite médicale. Au trentième étage, le béton s’apprête à être coulé. Les barres de fers servant au béton armé ont été pliées une à une, montées en bloc, puis fixées à la main entre-elles. Les ouvriers travaillent dans un vacarme assourdissant provoqué par le choc entre les barres métalliques et les plaques d’aluminium posées au sol. Accroupis, en ligne, ils se protégent de la pluie qui pénètre l’édifice avec des sacs plastiques ou de la toile. Une des seules consignes de sécurité respectée est le port du casque. Les ouvriers travaillent sans harnais ni chaussures de sécurité. Une planche de bois posée entre deux poutrelles permet l’accès au chantier. 11h00 : certains se retrouvent en bas, devant leur bol de riz pour une pause repas d’une demi-heure. Pour d’autres, c’est le déjeuner qui vient à eux, ils ne quittent ainsi pas leur étage. Le soir, épuisés, ils se retrouvent entre eux : ils regardent la télévision, jouent aux cartes, ou au majong. Occasionnellement, quelques-uns vont dans un salon de coiffure ou de massage, profiter des services des femmes, « Mingong » elles aussi... Et les journées se suivent. Les chantiers ne s’arrêtent jamais. Les équipes se relayent 24 heures sur 24. La motivation de gagner quelques yuans l’emporte sur les difficultés journalières. En Chine, on ne parle pas des difficultés de la vie. On préfère sourire.
Informations pratiques :
Shanghai MingongPhotographies de Pierre Henniquant
Du 1er février au 3 mars 2007
Galerie Librairie Impressions (Paris, 3ème)
En savoir plus sur :
- Pierre henniquant Photographe
- Galerie Librairie Impressions Lieu d’expo
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