Gérez votre site photo :
Photo : D. Gualeni

Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur





Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur



Votre publicité ici


Statistiques



Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur


Acheter cet ouvrage :

Voir aussi : notre boutique

28/04/08 - Par Julia Chenut  - 535 visites  -  Impression (PDF) 

Slaughterhouse Angels

Slaughterhouse Angels

Lorsqu’on leur a demandé s’ils accepteraient d’être surnommés Les Anges de l’Abattoir pour le livre de « Sister Vanessa », les petits survivants des bidonvilles de Thaïlande dictèrent leurs conditions : « que le livre soit regardé par des gens gentils », « qu’ils le traitent avec respect, parce qu’il est vraiment nous » et que, si possible, « on pose un ours en peluche à côté pour le protéger ». Au cas où.

Ce livre se lit donc comme on psalmodierait une prière ; au commencement était Father Joseph H. Maier, prêtre affecté dans une église de Thaïlande. Ses ouailles étaient chargées de tuer les cochons des abattoirs de Klong Toey, tâche inconcevable à effectuer pour des Bouddhistes ou des Musulmans. Horrifié par la misère de ce véritable bidonville et ses terribles conséquences pour la survie des enfants (violence, malnutrition, maladies, drogue, prostitution,…), Father Joe créa la Human Development Foundation (HDF) et le Mercy Centre en 1973. Sa mission, qui était au départ de s’occuper des enfants vivant au milieu des cochons, étendit progressivement son champ d’action aux communautés de trente-trois bidonvilles situés aux alentours de Bangkok au fur et à mesure que d’autres centres ouvraient.


Vanessa von Zitzewitz, connue pour ses travaux de grande qualité dans le monde de la bijouterie de luxe et de la publicité, s’est rendue deux mois quatre ans durant dans les cinq orphelinats gérés par les membres de l’HDF. Dans ces véritables refuges, les enfants réapprennent à ne plus avoir peur, mal, faim. Là, on leur offre non pas une nouvelle chance (car existe-t-elle seulement, encrassée dans une telle misère ?) mais la possibilité de vivre quelques années au moins dans un endroit à l’abri de la violence du monde dans lequel ils sont nés. C’est ce long apprentissage qui est évoqué dans les clichés extrêmement sobres de la photographe. Point de pathos ou de voyeurisme larmoyant recherchés : la dignité que retrouvent petit à petit ces enfants, leurs traits creusés mais lumineux transcendent les images, les rendant presque immatérielles. Vanessa Von Zitzewitz est parvenue à capter l’essence même de leurs combats, de leurs victoires ; ils se reflètent dans leurs yeux étirés aux immenses pupilles noires qui remplissent tout leur regard.

Nous les suivons religieusement à table, au bain, à la sieste, à l’école. Bonheur d’avoir un pyjama propre, un nounours, du riz dans son assiette, des mains qui vous lavent, une ribambelle de nouveaux frères et sœurs. « Vous pouvez nous prendre en photo en train de prendre le petit-déjeuner, comme ça vous saurez que nous allons à l’école le ventre plein », proposent-ils. Si seulement le malheur pouvait s’arrêter aux portes de l’orphelinat… Car il transparaît toujours, et d’autant plus encore lorsqu’on cherche à en faire abstraction. De manière très pudique, avec un respect infini, la photographe en témoigne. Par la moitié d’une petite jambe ravagée que l’on aperçoit sur un cliché, emmêlée dans l’ombre d’une fenêtre au sol. Par le tube dans le nez d’une petite fille avec des couettes, la sucette à la main et le sourire aux lèvres…


A la fin du livre, toutes les photos reproduites dans un trombinoscope donnent des noms aux visages de ces enfants. On apprend aussi des détails très graves, résumés en quelques mots nous poignardant d’autant plus qu’ils définissent les petits êtres innocents et radieux qui nous avaient tant attendris dans les pages précédentes. « Petite fille aveugle atteinte du SIDA ». « Abusée sexuellement à l’âge de quatre ans ». « Les ravages de la polio et du SIDA. » « Peu avant qu’il ne rende l’âme ». « Triplées vendues à l’âge de 7 ans par leur grand-père pour deux caisses de whisky »… Ces trois anges-ci rient aux éclats, exhibant avec malice les trous laissés par leurs dents de lait qui sont tombées. On pleurerait presque au lieu de s’esclaffer avec elles comme on le devrait. Petits anges à protéger… Heureusement qu’ils ont des ours en peluche.

Les bénéfices du livre sont intégralement reversés à l’Human Development Foundation. Pour plus d’informations : http://www.mercycentre.org


Informations pratiques, notation et achat :

Relié : 180 pages
Collection : PHOTOGRAPHY
Langue : Anglais, Allemand, Français, Espagnol, Italien
ISBN-10 : 3832792465
ISBN-13 : 978-3832792466
Notes :
Sujet : 5/5
Photos : 5/5
Texte : 4/5
Esthétique : 5/5
 


En savoir plus sur :



Participer :


  Donnez votre avis sur cet ouvrage (forum)
  Devenez chroniqueur (rub. livres)
Enregistrer au format PDF  Enregistrez / imprimez cet article (PDF)
A la une :

Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur



Chercher un photographe professionnel :

Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur


Photographes :
inscrivez-vous ici
(service payant)


      Choisir un photographeRetour en haut ^