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Communiqué  - 444 visites  -  Impression (PDF) 

Swedish Red

Swedish Red

A l’occasion de la publication chez Steidl d’un livre sur le travail du jeune photographe suédois Joakim Eneroth, la School Gallery Paris inaugurée au début de cette année, présente une vingtaine de photos extraites de l’ouvrage. 6 photographies font également l’objet d’une édition d’art réalisée par l’atelier de sérigraphie Eric Seydoux.

Joakim Eneroth, avait déjà fait sensation en 2005 en étant lauréat du prix « voie off » aux rencontres de la photographie d’Arles, avant d’être plébiscité par la critique lors des trans-photographiques de Lille (2005) et du mois de la photo de Lyon (2006). L’occasion pour les parisiens de découvrir le travail de cette étoile montante de la photo scandinave, qui a déjà à son actif des expositions aux 4 coins de la planète. En mai dernier, il était invité par Alain Sayag, conservateur au cabinet de la photographie du Musée National d’Art Moderne/Centre de Création Industrielle, Centre Georges Pompidou à exposer sa série Seing Reality Behind My Projections au Guandong museum of modern art, en Chine.

L’exposition de la School Gallery Paris est intitulée Swedish red littéralement rouge suédois , et elle prend tout son sens lorsque l’on décrypte le sous titre qui l’accompagne Comfortably secure. Dans l’esprit de l’artiste, cela signifierait plutôt confortablement installé dans ses certitudes, une précision énigmatique mais qui sous-tend toute sa réflexion métaphorique. Joakim Eneroth porte un regard à la fois documentaire et sociologique sur son environnement immédiat, qu’il s’agisse de son propre pays ou d’une retraite lointaine, en Asie ou ailleurs. Ses photos présentent des constructions toutes semblables dans leur conception, en bois peint de couleur rouge bordée de blanc, habitat typique de son pays natal et de la scandinavie. Ce « légoland » grandeur nature, répertorie des maisons individuelles. Apparemment présentées sous leurs profils aveugles, dans des paysages de nature, enneigés, verdoyants ou photographiées de nuit, le spectateur est ainsi plongé dans un univers aseptisé voir artificiel qui semble relever davantage d’un monde onirique.

Swedish Red – Comfortably Secure, 2006
Swedish Red – Comfortably Secure, 2006
J. ENEROTH - courtesy School Gallery Paris

Au-delà du cadrage particulier, il s’agit bien d’un réel « trafiqué », d’une réalité « manipulée », le photographe s’employant méthodiquement a occulter à l’aide de photoshop toutes les ouvertures qui permettaient de déceler des signes d’humanité, disciplinant à outrance les constructions, opérant une mutation paysagère, créant une « terra incognita », une altérité, un ailleurs qui suscite à la fois familiarité et étrangeté, présentant un nouvel horizon paradoxal devenu mutique par la volonté de l’artiste. Ce cadre apparemment idéal voire idyllique, devient de fait plus inquiétant, déstabilisant puisque le photographe n’hésite pas à dénoncer en filigrane ce qu’il convient de faire pour être « comme tout le monde », un travers particulièrement accentué dans les pays nordiques ou l’on se doit de respecter la norme, un modus vivendi consensuel mais qu’Eneroth considère comme « liberticide ».

Cette exposition donne un autre point de vue dans le débat sur le statut de la photo et la lecture de l’image, nous invitant à ne pas confondre les photos et ce qu’elles montrent, la représentation et la réalité. Le photographe entend ainsi sensibiliser le regardeur sur tout ce qui n’est qu’illusion, en montrant comment l’on peut-être enfermé dans certains clichés de confort voire de conformisme. Au-delà il nous invite à devenir toujours plus libre, libre de penser, libre de s’évader, ouvert sur le monde, attentif et à l‘écoute des autres et de soi. La qualité esthétique des images d’Eneroth est remarquable et la touche d’ironie du propos du photographe confère à l’ensemble de cette série un impact véritable.

Delution 2007
Delution 2007
J. ENEROTH - courtesy School Gallery Paris / Olivier Castaing


Informations pratiques :

Swedish Red
Photographies de Joakim Eneroth
Du 26 février au 22 mars 2008
School Gallery Paris
Entrée libre
 


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1 Message

  • 386 Solitude ou humanité ?
      3 mars 2008 18:41, par S.M.

    Un travail magnifique. Un vide sidéral et pourtant tant d’humanité... Que cachent ses murs rouges et balancs so swedish ? Et que dire de ses visions hallucinantes de parking, où l’on se sent si seul au milieu de temps de monde !

    Ma préférence du moment aux grandes plages blanches, où l’homme se révèle si petit face à la nature. Bravo Joakim, continuer à être aussi créatif et innovant

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