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Par Galerie le Réverbère  - 1230 visites  -  Impression (PDF) 

Tombée des nues, La nuit des treize lunes, La couleur du noir et blanc

Tombée des nues, La nuit des treize lunes, La couleur du noir et blanc

L’invention de l’exposition, avant que l’accrochage ne lui donne une forme, est une mythologie travaillée par les voiles sombres du secret. Un vent dangereux, chargé d’une multitude d’images occultes, coupe le souffle et altère la perception. Il faut réaliser de nombreuses volte-face pour se trouver dos au flux et, dans la force du fragile, opérer des choix. Il faut du temps pour établir, pour extraire le grain à grain, le gris à gris du passage de l’ombre qui, de photographie à photographie, ouvrira l’intime croisement de la matière chimique (les photographies) et de sa fiction (l’exposition). C’est ici que l’histoire rejoint la fiction, elle est je, cette première personne du récit, qui définit la vision. Comme un langage propre, son souffle expectore des images, organise les règles et la distribution de ses acteurs.

La fragilité est sans cesse à l’oeuvre : chaque photographie, mot, titre, remet en question l’ensemble, et pourtant l’exposition n’est jamais que la ponctuation d’une proposition, c’est un inachèvement qui se donne l’air d’un achèvement.

J’ai alors eu envie, en regroupant trois histoires aux titres différents, de conjuguer plusieurs temps à plusieurs personnes pour que la poétique de leur(s) battement(s) prenne la parole.

Tombée des nues... est une mise à l’épreuve des épreuves, chaque photographie essayant d’épuiser les possibilités d’arrangement du corps dans son espace et, dans le même temps, de former un corpus. L’ensemble de nus, ici exposé (2002- 2007), montre la nécessité de regarder en face, de ne pas détourner les yeux, de ne pas maquiller l’idée qu’il y a, à l’intérieur du corps regardé, un sexe, une bouche d’ombre qui, à l’opposé du reste du corps, fuit et repousse la lumière. Ce lieu, sans confins, est la diagonale du fou qui parcourt la photographie de nu. Je n’ai pas d’envie de voir, mais un désir fou de regarder, et cela explique le fait que je ne donne pas de consignes aux modèles : je me poste simplement face à elles pour saisir les images des postures qu’elles m’offrent.

La nuit des treize lunes (1994), est une année, où, au gré des disponibilités de mes soirées, j’ai photographié ma fille, Alice, dans son sommeil. Cet enregistrement répété ne varie que par le changement de postures, de vêtements, de draps, l’abandon et la mort imagés, eux, ne changent pas. Un enfant qui dort, immanquablement, me renvoie à l’angoisse, il faut que je vérifie son souffle, le photographier me rassure. L’année de ces photos fut une année à treize lunes, je ne l’ai su que bien après que le titre ait été trouvé pour éclairer mes nuits noires.

La couleur du noir et blanc (2006-2007), est un prolongement de Tombée des nues..., une recherche sur la juxtaposition et la confrontation des noirs et blancs, sur les vibrations entre le corps et le tissu de soie sur lequel il s’installe, entre les images réunies pour former une même proposition. C’est l’expérience des regards : regard d’ensemble lui-même organisé par un ensemble de regards particuliers. Un même corps devant un même fond est photographié tantôt de très près, tantôt dans son ensemble. Ce morcellement offre des états du regard aux natures différentes, pour être finalement réunis en une seule oeuvre, composite, où toutes les vibrations se mettent en écho pour brouiller et déstabiliser nos certitudes face au sujet photographié : la photographie est une autre ! Jacques Damez, le 17/02/2007

 




Informations pratiques :

Tombée des nues, La nuit des treize lunes, La couleur du noir et blanc
Photographies de Jacques Damez
Du 5 mai au 13 juillet 2007
Galerie Le Réverbère
Vernissage le samedi 5 mai 2007, de 15h à 20h, en présence du photographe, qui signera son nouveau livre
Galerie Le Réverbère
38, rue Burdeau
69001 Lyon
Tél : 04 72 00 06 72
http://www.galerielereverbere.com/
Entrée libre du mercredi au samedi de 14h à 19h et sur rendez-vous
Accès : à 5 minutes à pied de la place des Terreaux, métro Croix-Paquet ou Hôtel de Ville, parking des Terreaux ou parking Tolozan
 


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