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2/07/07 -
Communiqué
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Un prix, une exposition, un catalogue

Les Hôtels Paris Rive Gauche et FêtArt
Les Hôtels Paris Rive Gauche sont menés par une vocation culturelle, le soutien à la création artistique et plus précisément la défense de la photographie contemporaine, art visuel, qui capte un flash de la sensibilité de l’artiste. Lancé en juin 2005, le projet " Photo d’Hôtel, Photo d’Auteur ", permet de découvrir des jeunes photographes en leur offrant le cadre des hôtels. Le projet s’articule autour d’un concept simple : une photographie unique accompagnée d’un texte inspiré d’une nuit passée à l’hôtel. Le cliché, le texte et un extrait du travail du photographe sont ensuite exposés sur la galerie photo virtuelle des Hôtels Paris Rive Gauche. Par ce biais, les Hôtels Paris Rive Gauche souhaitent faire émerger de nouveaux talents et les accompagner en suivant l’évolution de leur parcours grâce à la rubrique « Les Hôtels Paris Rive Gauche aiment la photographie » du Paris Newsblog.
Le projet :
Les Hôtels Paris Rive Gauche souhaitent poursuivre et enrichir ce projet en créant un prix annuel de soutien à la création photographique récompensant le meilleur photographe. A cette occasion, les Hôtels Paris Rive Gauche souhaitent : - organiser une exposition rétrospective des 16 photographies réalisées dans le cadre de « Photo d’Hôtel, Photo d’Auteur », (2005-2006) -éditer le catalogue de l’exposition - faire un vernissage invitant les meilleurs clients de l’hôtel et du public.
Les Hôtels Paris Rive Gauche ont confié à l’association FêtArt l’organisation et la mise en place de ce projet en coordination avec les intervenants des Hôtels Paris Rive Gauche : - recherche du lieu - conception et édition du catalogue - composition du jury - attribution du prix - scénographie - vernissage
FêtArt : « Rencontres entre jeunes artistes et jeunes collectionneurs »
FêtArt est une association née d’un désir de rencontres et de partage des images, des artistes, un public, un lieu. Au travers des expositions organisées dans des lieux dédiés ou non à l’image, souvent insolites, l’objectif est de créer des événements culturels originaux en valorisant un site par un accrochage inédit. Scène de la jeune création artistique, FêtArt donne la possibilité à de jeunes photographes en devenir de s’exprimer, de montrer leur travail encore neuf à un large public. FêtArt permet cette rencontre inouïe et favorise l’échange entre ces artistes et ce public désireux de nouveauté, de découvertes. Entre le collectif et l’agence, nous nous situons en tant que créateurs d’événements collectifs ou particuliers. La diversité des artistes participant à l’aventure permet à celui qui accueille l’événement de bénéficier d’une opération de communication différente. Faire découvrir des artistes émergents lors d’un événement jeune, dynamique, et festif est l’ambition de FêtArt, c’est pour cette raison que les Hôtels Paris Rive Gauche ont confié à FêtArt l’organisation du prix et de l’exposition.
Les Hôtels Paris Rive Gauche : Hôtel des Grands Hommes, Hôtel du Panthéon, Hôtel Jardin de l’Odéon, Hôtel Résidence Henri IV, Eiffel Park Hôtel et Hôtel de la Sorbonne
Les Hôtels Paris Rive Gauche forment un groupe de six hôtels, cinq 3 étoiles et un 2 étoiles, sur la Rive Gauche, au centre de Paris. Au coeur de St Germain des Prés, à quelques minutes de marche de Notre Dame de Paris, du Quartier Latin, de la Tour Eiffel, des Invalides, du Panthéon et des Jardins du Luxembourg.
La société Hôtels Paris Rive Gauche (HPRG), crée en 2003, à l’initiative des propriétaires des hôtels Madame et Monsieur Moncelli, est un prestataire de services pour les six hôtels indépendants, chaque hôtel ayant son propre directeur. Aujourd’hui, le groupe Hôtels Paris Rive Gauche, c’est plus de 80 salariés, 196 chambres et un taux moyen d’occupation annuel de 93%.
L’aisance commerciale des hôtels permet d’apporter à sa clientèle une part de rêve. Les Hôtels Paris Rive Gauche sont ainsi animés par le désir de privilégier le sens artistique, les saveurs et le goût des belles choses qui font l’identité et l’unicité de ces hôtels raffinés et authentiques.
Les photographes exposés et concourant pour le prix 2007 :
Eugène Boischarbon (décembre 2006)
Eugène avait pris rendez-vous avec Boischarbon. Ils étaient convenus de se retrouver sur la Rive Gauche, à l’hotel « le jardin de l’Odeon ». Eugène était resté obstinément muet sur les raisons qui lui avaient fait choisir la chambre 25 et pas une autre. Boischarbon, qui connaissait le caractère fantasque de son jumeau n’avait pas cherché à percer les motivations de ce mystèrieux entêtement. Le choix de cet hôtel discret et confortable semblait s’inscrire dans un plan dont Eugène laissait entendre qu’il était d’une importance stratégique. Boischarbon ne s’étonna pas qu’Eugène utilise du film Polaroid. Pas de négatif, pas de trace. Les clichés devaient rester uniques.
Valentine Vermeil : La chambre d’hôtel (novembre 2006) C’était les draps froissés d’une chambre d’hôtel, universels. Cela aurait pu être le minibar ou la télé. Les draps amidonnés un peu rêches au couché, qui se seraient froissés dans la nuit. Cela avait été une nuit ordinaire pourtant, un peu arrosée pour fêter l’occasion. Après une glace et la promenade du Panthéon, on était rentré, dans nos petits lits bien fait avec les draps serrés. Le matin, ils avaient parlés, ils s’étaient défaits et emmêlés.
Olivier Gounot : efifel, efefil, ilefef, felefi, leffie, fileef, feleif... park (octobre 2006)
Le salon de l’Eiffel Park est un lieu d’une cohérence et d’une unité parfaite. Calfeutré, il impose sa différence racée aux pièces attenantes. Tamisée, la lumière y est calme et posée comme si elle avait eu l’éternité pour se reposer au creux des profonds fauteuils de cuir. Aucune photo n’est capable de renvoyer l’image de cette harmonie si totale sans trahir parallèles et perpendiculaires. En choisir un pan serait tellement réducteur. Jaloux, j’ai voulu casser cette unité, renvoyant dos à dos ombres et lumières, brisant les courbes douces des cadres boisés et des taffetas impériaux, opposant au volume des quatre murs protecteurs un angle aigu acéré. Si je ne peux exprimer la beauté de la cohérence en la reproduisant fidèlement, laissez moi au moins vous la suggérer en montrant ses miettes dans un kaléidoscope. Olivier Gounot
Gaëlle Magder : La place du Panthéon (septembre 2006)
Par un soir de juillet, à peine débarqués d’un périple marocain, j’annonce à mon amoureux que notre voyage ne s’arrête pas là. Tout juste le temps de poser nos valises, d’en faire d’autres –plus petites-, et nous voilà de nouveau sur le départ. Cette fois-ci, j’emmène mon bel amant sous la canicule du Ve arrondissement de Paris. Rendez-vous à l’Hôtel du Panthéon. Quoi de plus original que d’aller à l’hôtel dans sa propre ville ?
Après un dîner romantique puis une ballade –pour une fois touristique- dans les rues parisiennes, nous pénétrons dans la chambre n° 53 au décor provençal.
Depuis le balcon, la vue sur le Panthéon est superbe et je photographie tout : lui, moi, nous, la chambre, le lit, la salle de bain, etc. La nuit sera belle et pleine de rêves, et c’est finalement cette image du Panthéon qui l’exprime le mieux.
Rêve ou réalité ? À vous de voir…Gaëlle Magder
Franck Beloncle :(juillet 2006)
Le Panthéon m’a toujours impressionné. Imposant par son architecture et son histoire, mais aussi par le calme et le silence qui y règnent. N’est-ce pas, à sa façon, un cimetière ? C’est donc à lui que j’ai tout de suite pensé quand Alain m’a proposé de participer à son projet. Dans la chambre bleue, je me suis senti comme chez moi. Si proche de l’énorme monument. Si proche, que je me suis amusé à le faire rentrer, en pleine nuit, à mes côtés. Franck Beloncle
Guillaume Lebrun : (juin 2006)
Le 8 mai dernier, j’invite ma belle Gaëlle à parcourir le quartier du Panthéon sans but précis à part celui de la découverte. Nous nous retrouvons dans le square Paul Painlevé, donnant sur le musée national de l’histoire Médiéval. Un doux parfum de printemps règne sur Paris en ce week-end du 6 mai. Quel plaisir pour des Parisiens du quotidien de se retrouver à l’Hôtel dans leur propre ville. Arrivé aux grands hommes dont nous disposons de la chambre 1 donnant sur la place nous nous laissons aller au plaisir de la sieste dans ce décor grand empire. De nos plaisirs secrets restant entre quatre murs, nous partons dans l’errance des vagabonds. _
Chemin faisant, nous décidons de visiter la crypte du Panthéon où un parfum de révolte et de liberté vous accueille. C’est un lieu d’une puissance incroyable. Quelques photos dans ces couloirs infinis, la sculpture d’un visage datant de l’époque romaine puis des silhouettes passant en son cœur comme des fantômes. En montant sur ces hauteurs, nous découvrons le point de vue d’un Paris inconnu. J’entends une femme chinoise parler de ses premiers amours, un homme est silencieux comme s’il regardait la mer. Le monde entier est à nos pieds et je me demande où sont les grands Hommes d’aujourd’hui. Hommage photographique à ceux qui y reposent. Guillaume Lebrun
Frédéric Durand : (avril 2006)
D’abord un coup de coeur pour les murs bicolores de la 64 au Jardin de l’Odeon. Dans un lieu aussi singulier, l’envie d’une mise en scène. Avec un modèle ? Qui m’en suggère elle-même un autre. Nous serons 3 finalement, plus de possibilités... Merci Rachel et Jingqing. _
Séance contrainte par le temps : c’est mieux je préfère l’improviste et l’urgence. Pourtant je mitraille pour me rassurer. A quoi bon ? Finalement c’est un cadrage tardif qui s’impose. Figer, tailler, préciser, comme une alternative au flou ? Choisir seul ? Mes modèles ont leur mot à dire ; elles font l’image. Ouf on est d’accord ! Frédéric Durand
Frédéric Delangle : (mars 2006)
Les Hôtels Paris Rive Gauche m’ont demandé de choisir UN jour pour visiter leurs hôtels afin d’en choisir UN : l’hôtel des grands hommes. J’ai visité l’hôtel et désigné UNE chambre : la soixante. J’ai du à nouveau fixer UN jour où je viendrais passer UNE nuit dans cette chambre, c’était le 3 mars. Je devais faire des photos. _
Au soir du 3 mars nous nous sommes rendus, Sabrina et moi même, à l’hôtel. La personne à l’accueil m’a donné la clef de la soixante et UNE, je lui ai dit qu’il y avait une erreur car j’avais réservé la soixante mais il m’a répondu que sur son planning c’était bien la soixante et UNE. Nous sommes allés au restaurant puis nous sommes rentrés dans notre chambre. J’avais l’intention de faire UNE photo de Sabrina et moi en train de dormir sur le lit avec UN temps de pose d’UNE nuit complète. Bien sûr, j’avais auparavant tenté l’expérience qui avait échoué techniquement. Je voulais recommencer en ne faisant qu’UNE seule image de l’unique nuit que j’allais passer dans la chambre de cet hôtel, le 3 mars, avec la seule femme que j’aime. Je n’avais pas le choix. _
Eh bien, je l’avoue je n’ai pas osé, j’ai fait une multitude d’images pour être détendu, serein, éviter ce stress de jeunesse où l’on se rendait au labo la peur au ventre en se disant : si j’ ai raté cette fois-ci j’arrête la photo. Je suis allé au labo récupérer mes négatifs et la photo de toute la nuit était bonne. J’ai donc détruit tout le reste qui ne valait rien et qui ne répondait pas à cette unique commande qui restera une expérience unique et qui fera je l’espère l’objet d’une exposition unique pour la plus grande satisfaction d’un personnage tout aussi unique que je remercie pour cette initiative originale ou plutôt cette initiative UNIQUE. Frédéric Delangle
Xavier Alphand : (février 2006)
Un arbre, un banc, une plage, un crayon, un boulevard, une paire de chaussures, une salle de bain… Ce sont là des objets familiers, des lieux communs que nous croisons ou qui nous entourent chaque jour. Ils sont gravés dans notre mémoire, ils font partis d’un quotidien visuel que nous n’interrogeons plus. Ici, ma démarche consiste à casser ces perceptions acquises du monde. Le reflet crée un univers, l’image se fait décor, l’histoire peut commencer. Dans cette chambre d’hôtel, je me suis senti ailleurs… et libre. Xavier Alphand
Jérôme d’Almeida : (janvier 2006)
Quand l’espace d’un instant l’autre est là, à côté et soudain disparaît. Croire en sa présence, persuader de sentir sa chaleur, cette main qui nous couvre, se promène sur nous... Arriver dans cette chambre à deux. Enfin, le croire. Se défaire de ses bagages. Prendre possession de l’endroit. Ces chambres d’hôtels toujours impersonnelles. S’approprier l’endroit afin de s’y sentir au chaud. Se déshabiller. Se promener nu. Se glisser sous les draps. Et puis l’étreinte. Profusion. Abandon. Se réveiller. N’être plus qu’un dans le lit. _
Souvenir d’une nuit confuse. Ces nuits où nos mains et notre corps s’agitent. Des images se précisent. Un flou constant sur ce visage. Aucun son. Sorte de noyade. Le jour à travers les rideaux. Assis dans ce lit plus proche d’un champ de bataille. L’empreinte d’une tête sur le deuxième oreiller. Un verre sur la table de chevet. Je scrute la chambre à la recherche d’autres signes. Rien ne traîne. On sonne. Le petit déjeuner commandé la veille arrive. Pour une personne. Jérôme d’Almeida
Damien Debin : (décembre 2005)
J’en ai fini. Il fait nuit noire dehors. Je rentre dans l’hôtel. La chambre est au dernier étage. Je suis en retard. J’entre doucement. Elle est là. Endormie. Cachée. J’écarte le voilage. Cet oeil. Cette bouche. Je la reconnais. Je me glisse dans les draps. Au chaud. Je m’endors. Damien Debin
Caroline Constant : (novembre 2005)
Comment m’approprier ce cliché ? Une chambre, les gens qui passent, l’hôtel qui reste. Quelqu’un qui sort du champ, un flou de bougé devant le papier peint d’une chambre d’hôtel. Mes photos opposent le net photographique et le flou pictural des tableaux que je ne peins pas. Des images me viennent ; besoin d’un modèle pour une mise en scène : homme ? femme ? une femme, pour m’identifier. Mais qui ? Une inconnue recrutée sur internet ? Devant « Broken Flowers » au cinéma, un flash : Tilda Swinton -brune-pâle-yeux surmaquillés-dramatique- me fait penser à une amie ; et C. m’a dit oui. Caroline Constant
Ludovic Valognes : (octobre 2005)
Une valise, non un sac plutôt – je voyage léger. J’engage ma carte dans la serrure et la porte s’ouvre sur ma chambre. Aucune trace de moi-même, pas de souvenirs, un décor partagé par d’autres avant moi, et pourtant c’est ma chambre, mon point d’ancrage où je vais pouvoir échapper à la foule, à la ville. Je m’enferme dans ma coque. Des fenêtres ouvrant sur l’extérieur, une vue parfois, et l’autre phare qui permet de me retrouver. J’allume la télé, comme automatiquement. Tout le monde a des souvenirs de zapping à l’hôtel. C’est toujours l’autre fenêtre que je choisis, passant d’une image à l’autre, comme un relais pour pénétrer dans le monde qui pourtant m’entoure… Ludovic Valognes
Dominique Jumelle : (juin 2005)
Hôte toi de là
Hôtel des Grands Hommes
Ressuscite les humeurs
Des passants ordinaires
D’une nuit de printemps
À l’ombre des colonnes
J’ai couché ma prière
L’œil est rentré dedans
Au passe sans frontière
J’ai pas touché aux draps
Encore pleins de lumière…
Dominique Jumelle
Sélection pour le prix 2008 :
Pedro Marzorati : (juin 2007)
Ce soir j’ai suivi mes pas et le froid s’est emparé du moi. Vous avez de la chance Monsieur, la chambre de l’hôtel est libre ce soir, prenez le couloir. Au bout du couloir, je tourne à droite dans un autre couloir, qui donne dans un autre couloir, qui donne dans d’autres couloirs. Troublé par ce labyrinthe imprévu, je m’arrête. La chambre est là. Je me couche. Dans mon rêve, je vois une porte qui donne dans un couloir qui donne dans des couloirs mais l’hôtel n’est plus le même. J’ai vu défile l’espoir, la révolte, la passion et les doutes des gens qui ont sommeillé ici. Le téléphone sonne et le réceptionniste me demande de libérer la chambre. Je reprends le couloir pour…. continuer ……à ……..parcourir …le Temps…. comme un fantôme désormais. Pedro Marzorati
Benoit Grimalt : (mai 2007)
Je me faisais tout un cinéma en allant dormir à l’hôtel de la Sorbonne puisqu’il se situe dans le quartier latin entre les cinémas Champo et l’Accatone. C’est à l’Accatone que j’ai vu mon 1er film en arrivant à Paris : « Alice dans les villes de Wenders. » Ici ce n’est pas « Benoît dans les villes » mais « Benoît à l’Hôtel de la Sorbonne » , qui happé pas les draps blancs en a oublié d’aller au cinéma.Et qu’y a t-il de mieux que de s’endormir et de se réveiller dans des draps tout propres ? Benoît Grimalt
Yury Toroptsov : (avril 2007)
Ils m’ont offert de passer une nuit dans un hôtel de mon choix à Paris. A mon tour, je les ai offert une photo de lit d’hôtel où j’ai passé la nuit, et un rêve que j’ai fait dedans. C’était un beau jour d’été. J’ai rencontré Catherine Deneuve. Elle était tranquillement assise sur l’herbe au bord d’un fleuve. A ses côtés il y avait une valise ouverte avec des produits de beauté et de maquillage professionnel. C’était un moment de pause entre des prises, je crois. Elle était seule quand je l’ai approchée. « Excusez-moi, Madame, de vous déranger. Je voudrais simplement vous dire bonjour. Je m’appelle Yury. Je suis photographe. On était en contact. » Elle a tourné la tête vers moi. Elle m’a regardé et a répondu - « Bonjour. Oui, je me souviens de vous ». On a parlé. Je lui ai dit que je voudrais la photographier. Elle a dit d’accord. Et puis, là, je me suis réveillé. Yury Toroptsov
Jean-Stéphane Cantero : (mars 2007)
Elle était là sublime et naturelle. Elle était là en train de contempler la vie qui s’offrait à ses yeux. Elle ne me regardait pas... Elle a même oublié ma présence dans la chambre. Seul le vent caressant et jouant avec ses longs cheveux blonds aurait pu lui faire oublier le bruit timide qui s’envole de la rue, des enfants jouant au ballon devant l’Histoire de France, dressée sur ses colonnes terrifiantes. La vie défile sous ses yeux alertes.... Elle est juste là, témoin d’un moment qu’elle n’oubliera pas et pourtant il ne se passe rien. Le silence fait parfois un doux bruit de bonheur... Elle s’oublie pour se laisser envahir d’émotions. Je suis là incapable d’interrompre ce moment, juste bon à l’immortaliser, à le figer ? Jamais. Jean-Stéphane Cantero
Nicole Miquel : (février 2007)
Une invitation à passer une nuit dans un hôtel et y prendre une image, une image que cet endroit m’inspirerait, je l’ai vécu comme un exil. Un exil à huit stations de métro de chez moi, seule, sans bagage aucun. Avec la volonté d’un vide et d’un oubli de moi-même laissé là-bas. Arrivée dans ce lieu de passage, dans ce refuge d’une nuit où j’étais également un décor, je me voulais concerner que par ce présent. Un vague à l’âme m’habitait. La lumière, le décor, les objets happaient mes sensations et je cherchais à les transformer en autre chose que ce qu’ils me montraient. Dans tout, j’épiais et tentais de dénicher la mystique et la spiritualité qui sont l’obsession de mon travail photographique. Poser mon regard et y montrer autre chose que l’immédiat, l’évidence. Oublier l’immédiat pour y découvrir une autre possibilité d’interprétation et capter comment la lumière transforme le quotidien, le transcende et fait voir les choses autrement. Pendant vingt quatre heures, j’étais dans ce lieu inconnu, cet autre quartier. Juste pris le temps d’aller au hasard des rues trouver un restaurant grec, manger des slouvaki et boire du retsina. Nicole Miquel
Cyril Perrin : (janvier 2007)
21 janvier 2007, j’ai 36 ans, 21 janvier 2007, j’ai la chambre 16, 21 janvier 2007, ici, je ne me sens pas étranger, 21 janvier 2007, je clic, clic et reclique !
Des couloirs, des escaliers, une salle de réception, des canapés d’accueil, Des couleurs, des tableaux au mur, une salle de bain, un patio, J’explore, je me laisse happer, pas de bouée de sauvetage, Si je coule ? si je suffoque ? t’as déjà entendu parler d’apnée ? Un chien aboie, la caravane passe, boxer ou caniche ? Les rois mages ? la livraison pour le marchand de sable ? personne n’y fait attention, Un bruit suspect, comme une chute, tient c’est quoi ce parfum…. J’entrouvre une porte, et derrière la 4ème dimension ? Tout est calme, reposé, Je n’entends rien tintinnabuler, Toi, esprit es tu là ? Mon ange ? le sauver ? et pourquoi pas une crème renversée ? Cyril Perrin
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