Crue de la Marne (mars 2008) © Philippe GRAINDORGE Photo aérienne verticale de la crue de la Marne vers Châlons en Champagne, Photo aérienne verticale de la crue de la Marne vers Vitry-la-Ville, permettant une analyse des chemins d'écoulement (client : DIREN Champagne-Ardenne).Eolienne en construction © Philippe GRAINDORGE Pales et cabine posées au sol d'une éolienne en construction près de ChartesTransport Fluvial ( confluent Seine-Oise) © Philippe GRAINDORGE Le fleuve est un moyen de transport peu polluant.Philippe GRAINDORGE
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Exposition photo

Valérie Sarrouy à l’Atelier de visu

Valérie Sarrouy à l'Atelier de visu

Cette série de photographies s’apparente à l’utilisation des kôans dans la pratique du dhyâna ou méditation zen. Un kôan est une énigme à laquelle le pratiquant doit trouver une réponse. Cependant, celle-ci ne peut être découvert par les seuls moyens de la logique ou de la pensée rationnelle. La seule manière de trouver une réponse est d’en faire l’expérience, d’en prendre conscience par sa réalisation dans la vie quotidienne.

On trouve souvent le mot « kôan » dans le titre des histoires policières chinoises traditionnelles. À l’origine, il désignait une affaire judiciaire où il était question de vie ou de mort. Le zen s’est emparé de ce terme pour indiquer la nature immédiate de l’éveil et la conscience intime de la vie et de la mort au coeur même de chaque instant de la vie. Lorsque je photographie avec mon « diana », je retrouve ce rapport immédiat avec le monde. Ce que je recherche à travers les choses que je photographie, c’est une part de moi-même avec cette idée que nous faisons partie de ce qui nous entoure. La photographie serait la rémanence de cette quête intérieure : des images qui posent des questions qui restent ouvertes. En effet, comme pour le kôan, il n’y a pas de réponse toute faite car ce qui compte ce n’est pas la réponse mais celui qui répond.

La photographie est une réaction chimique qui amène à la conscience des choses pour ce qu’elles sont, dans l’istant et dans l’impermanence. L’image nous dit autre chose que ce que nous dit le mot. Elle se fabrique dans la pensée, c’est sa particularité. Dans ma pratique de la photographie, l’idée ne précède jamais l’image. Celle-ci surgit sans l’avoir attendue ou cherchée. Elle se produit simplement « comme pénètre un fraiche brise lorsqu’on laisse la fenêtre ouverte »*. La photographie est donc pour moi le contraire d’une capture. Il ne s’agit pas non plus de sauver ou de conserver quelque chose car, outre le fait que rien ne dure, pas même la photographie, sauver une chose impliquerait une séparation entre celui qui observe et la chose observée. Elle est alors un état de disponibilité totale, une attention passive qui accueille une chose au moment où l’on a arrêté de la chercher. Cette attitude face au monde implique un oubli de soi et de son passé même si ce dernier surgit de toute façon. En effet l’image nous apprend quelque chos sur notre passé. Elle renvoie toujours à l’étrange « ça a été » mais elle peut aussi évoquer un passé plus lointain, plus fl ou, plus fl ou que chacun se réapproprie. La conscience que le passé interagit toujours sur le présent est notre manière de l’aborder provoque une autre réaction chimiue. Celle d’une poésie qui fait rupture et qui échappe au flot de la pensée, il n’ y a plus de passé, plus de futur, plus de temps, mais juste l’instant photographique. Mon travail interroge la mémoire, celle reurgit par hasard dans le présent de la photographie : là où se situe le travail de l’inconscient dont la métaphore serait l’image latente. Dans la réalité qui m’entoure, je prends des photographies que je perçois comme venant d’une mémoire potentielle. Par le jeu de l’inconscient laissé libre et de l’appareil photographique, il y a surgissement d’une présence fulgurante. Je laisse l’évènement se produire sur la péllicule, je ne le maîtrise pas. C’est le phénomène de la mémoire involontaire provoquée par la rencontre inopinée d’un élément extérieur et d’un élément intérieur, souvent oublié. C’est également le principe associatif de la psychanalyse freudienne. Pricipe repris par les surréalistes à travers l’écriture automatique et l’opération du collage. Je prends ainsi délibérément en compte l’inconscient comme préexistant au hasard extérieur. Il ne s’agit pas de reproduire dans un langage une expérience vécue mais que le langage photographiquemême participe de l’expérience et de son caractère inachevé. Pour cela, j’utilise un appareil photo rudimentaire avec une optique en plastique. Cependant j’équilibre l’imperfection de la technique par une attention aigue à la lumière pour obtenir des images souterraines comme sorties d’un rêves. Valérie Sarrouy

 

(c) Valérie Sarrouy
© Valérie Sarrouy

<b>(c) Valérie Sarrouy</b>
© Valérie Sarrouy
<b>(c) Valérie Sarrouy</b>
© Valérie Sarrouy

Informations pratiques :

Exposition photographique de Valérie Sarrouy
Du 7 juin au 20 juillet 2007
Atelier de visu (Marseille)
 


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