| Tweet |
Par Maison de la photographie Robert Doisneau
849 visites Impression (PDF) |
Exposition photo Gentilly (94250)
Vivants

Lucien Hervé
Principalement connu pour avoir été le photographe attitré de l’architecte Le Corbusier, de 1949 jusqu’à la mort de ce dernier en 1965, Lucien Hervé est pourtant de ces photographes inclassables dont la créativité s’est exprimée bien au-delà de cette seule activité. Né en 1910 en Hongrie, il arrive à Paris en 1929. Attiré très tôt par le dessin, il met en oeuvre cette formation acquise à l’école technique supérieure de Vienne en devenant dessinateur de mode chez le couturier Jean Patou en 1933.
Renvoyé deux ans plus tard pour activités syndicales, il se tourne vers le journalisme et commence à pratiquer la photographie à partir de 1938 pour illustrer ses articles. Mobilisé lorsque la guerre éclate et fait prisonnier en 1940, il s’évade un an plus tard pour rejoindre la résistance. Il abandonne alors son nom hongrois, Lszl Elkn, et adopte celui de Lucien Hervé dans la clandestinité, nom qu’il gardera ensuite toute sa vie. Il pratique la peinture, à laquelle il s’est initié pendant sa captivité, afin de couvrir ses activités de résistant et expose à Monte Carlo, Grenoble et au Salon d’Automne de Paris à deux reprises. Après la guerre, il dessine des affiches, crée des décors et des costumes de théâtre. Ses pratiques artistiques, ainsi que ses relations avec de grands artistes, dont son ami Lajos Kassk, jouent un rôle significatif dans sa manière d’interpréter la photographie. Autodidacte, il reste en effet très libre dans son rapport au medium, et donne une place importante au travail en laboratoire, en jouant sur la forme des ombres, en accentuant les contrastes, en expérimentant différents cadrages d’une même vue et en faisant des choix de recadrages serrés et obliques. En 1947, pour France Illustration et Point de Vue notamment, il est photographe spécialisé dans les arts plastiques. Puis sa rencontre avec Le Corbusier en 1949 marque un tournant décisif dans sa carrière qui sera liée désormais non seulement à celle du célèbre architecte, mais aussi aux plus grands d’entre eux, Niemeyer, Aalto, Prouvé, Nervi, Gropius, Neutra, …
Lucien Hervé parcourt le monde pour y photographier les plus belles architectures, du passé ou en cours de réalisation, mais son regard bienveillant s’attarde toujours sur les hommes qu’il rencontre. Perdus dans un petit coin de l’image, ou simplement suggérés par une ombre ou un fragment de corps, les êtres vivants [1] habitent de manière récurrente ses photographies. Emu par les gens simples, les enfants ou les hommes au travail, Lucien Hervé va nourrir son oeuvre de cet humanisme discret et constant. Conscient de cette étroite imbrication, il écrivait d’ailleurs, en 1970, dans la préface de son livre Le beau court la rue : « La vie est tumultueuse et présente en tout. Même la nature morte porte témoignage de la vie, des gestes, des intentions, des harmonies, des absences, des drames. Le plus que nous pouvons espérer, c’est de faire naître une vague idée du tout, en cernant souvent un détail minime. »
Annie-Laure Wanaverbecq
Lucien Hervé
Lucien Hervé nait en 1910, à Hdmezövàsàrhely, Hongrie. A l’âge de 18 ans, après ses études secondaires à Budapest, Lucien Hervé (de son vrai nom Lszl Elkan) part pour Vienne où il suit des cours de dessin. En 1929, il rejoint son frère à Paris où il exerce plusieurs métiers. Il devient dessinateur de mode et travaille dès 1933 pour le couturier Jean Patou. Il est renvoyé en 1935 pour activités syndicales. En 1937, il est naturalisé français. En 1938, Lucien Hervé travaille comme journaliste pour Marianne Magazine pour accompagner son cousin photographe, Nicols Muller. Quand ce dernier quitte la France en 1938, Lucien Hervé réalise alors lui-même les photographies pour illustrer ses articles et conserver son travail [2]
Son oeil et sa technique de dessinateur, ainsi que son goût pour le cinéma (Eisenstein), marquent son approche de la photographie. Il reste très libre par rapport à cet outil qu’il aborde en autodidacte. Ses prises de vues sont des esquisses qu’il travaille par recadrage et interprétation au laboratoire. En 1939, il épouse Mado Ferrand dont il divorcera à la fin de la guerre. Quand la guerre éclate, il est mobilisé. Fait prisonnier en 1940 dans un camp de Prusse Orientale, il s’initie à la peinture pendant sa captivité et crée une cellule de la résistance avec des prisonniers. En 1941, il s’évade pour rejoindre la résistance. C’est à cette époque que, dans la clandestinité, il choisit le pseudonyme de Lucien Hervé, nom qu’il gardera par la suite.
En 1947, il reprend son activité de photographe spécialisé dans les arts plastiques, notamment pour France illustration et Point de vue. En 1949, il se marie avec Judith Molnr avec qui, en 1957, il aura un fils, Rodolf, qui deviendra également photographe.
Il se lie d’amitié avec le Père Couturier, dominicain directeur de la revue Art Sacré (et futur initiateur de la chapelle de Ronchamp), qui lui suggère, en 1949, de photographier la Cité Radieuse de Le Corbusier alors en chantier à Marseille. Passionné par ce qu’il découvre, Lucien Hervé prend 650 photos en une journée et en envoie une sélection à l’architecte qui lui écrit aussitôt une lettre enthousiaste (« vous avez l’âme d’un architecte et savez voir l’architecture… »). Ainsi débute une amitié et une collaboration qui durera jusqu’à la mort de Le Corbusier en 1965. Fort de cette réputation, Lucien Hervé photographie pour les plus grands architectes : Niemeyer, Aalto, Prouvé, Gropius, Breuer, Nervi....
En 1965, sa carrière est à son apogée lorsqu’il est frappé d’une sclérose en plaques qui l’oblige à restreindre son activité. Il continue néanmoins de travailler sur ses archives et réalise collages et projets de livres.
Dans les années 80 et 90, Lucien Hervé reprendra régulièrement son appareil photo en mains pour réaliser quelques commandes et fixer des images de son quotidien (séries "visiteurs", "L’appartement", …).
En 1999, une rétrospective est présentée aux Rencontres Internationales de la photographie d’Arles. En 2000, Lucien Hervé reçoit le Grand Prix de la ville de Paris et le Kahitsukan, Musée d’art contemporain à Kyoto, fait l’achat d’une importante collection de son œuvre. Une monographie parait en 2002 aux éditions du Seuil sous la direction de Gilles Mora.
Une rétrospective de son œuvre est présentée en janvier 2002 à l’Hôtel de Sully, Mission du patrimoine photographique.
En 2006, un ensemble de photographies de Lucien Hervé entre dans les collections du Musée d’art moderne de la ville de Paris. Lucien Hervé meurt à Paris le 26 juin 2007.

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura

Courtesy galerie Camera Obscura
[1] Ce terme est emprunté à Lucien Hervé qui classait certaines boîtes de photographies sous cette appellation.
[2] Certaines précisions biographiques sont extraites de l’article de Miriam Rosen « Lucien Hervé, il aurait cent ans…et quelle modernité ! », 2010, et du livre d’Attila Batár, Lucien Hervé, Budapest, éd. Héttorony Könyvkiadó, 1990.
Informations pratiques :
VivantsPhotographies de Lucien Hervé
Du 10 février au 7 mai 2011
Maison de la Photographie Robert Doisneau (1, rue de la Division du Général Leclerc, 94250 Gentilly)
Agrandir le plan
1 rue de la Division du Général Leclerc, 94250 Gentilly
Tél : 01 55 01 04 85
Email : r.pareja@agglo-valdebievre.fr
http://www.maisondelaphotographie-r...
Ouverture : mercredi et vendredi de 12h à 19h, samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h, dimanche de 14h à 19h, fermée les jours fériés, groupes et visites scolaires, sur rendez-vous
Tarifs : plein tarif : 2 €, demi tarif : 1 € pour les étudiants, chômeurs, retraités, gratuit pour les moins de 18 ans, groupe à partir de 10 personnes : 1 € / pers. groupe avec visite guidée : 2 € / pers. groupe avec visite guidée en anglais : 2 € / pers. + forfait 30 €, gratuit tous les 1ers dimanches de chaque mois
Accès : RER B, station Gentilly, Bus : n° 57 , (Porte de Bagnolet - Arcueil/Laplace), arrêt Division Leclerc, n° 125, (Porte d’Orléans - Maisons-Alfort), arrêt Mairie de Gentilly, n° 184, (Porte d’Italie - Fresnes), arrêt Mairie de Gentilly, Bus Valouette, réseau de transports gratuits entre les communes de l’agglomération de Val de Bièvre, sStations Vélib’, à proximité, périphérique : sortie Porte de Gentilly
En savoir plus sur :
- Lucien hervé Photographe
- Maison de la photographie Robert Doisneau Lieu d’expo (abonné annuaire)
D'autres événements sur :
- Gentilly (94250)
- Île-de-France (Essonne, Hauts de Seine, Paris, Seine et Marne, Seine Saint Denis, Val de Marne, Val d’Oise, Yvelines)
Evénements à la une en ce moment :
Agenda Expositions :
(actuellement 17)
Prochains vernissages >>
Autres événements >>
Stages - Formations >>
un photographe
pro
référencez-vous
ici
Veuillez mettre à jour le player Flash de votre navigateur
Trouver
un photographe
pro







