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20/09/06 - Par Laurent Fabry  - 1301 visites  -  Impression (PDF) 

Apple Expo, encore un salon pour Photosapiens et (presque) rien ne change

En France, c’est chacun dans son coin

Du 12 au 16 septembre dernier, Photosapiens accueillait ses clients, partenaires et visiteurs sur Apple Expo, porte de Versailles, Hall 5, stand A66 précisément, puisqu’au prix d’un déplacement de dernière minute l’organisateur, Reed Expositions, nous a permis de profiter d’un stand confortable et bien situé.

(c) Photosapiens Apple Expo a lieu sur l'immense Hall 5 de Paris Expo (dont on ne voit ici que la façade), qui compte deux étages et qui est, depuis peu, bordé par la ligne du tramway.
© Photosapiens
Apple Expo a lieu sur l’immense Hall 5 de Paris Expo (dont on ne voit ici que la façade), qui compte deux étages et qui est, depuis peu, bordé par la ligne du tramway.

Encore un salon pour Photosapiens, et si l’impression immédiate est la meilleure jamais connue - les photographes étant venus nombreux assister à nos démonstrations, et presque autant ayant pris le temps de manipuler sur les postes iMac qui étaient à leur disposition - le constat global est presque amer. Non pas que nous souhaitions revenir sur l’aspect "foire à l’iPod" à laquelle on a pu assister dans certaines allées, cet accessoire de mode étant en effet servi à toutes les sauces, accommodé de tous les gadgets possibles et imaginables, jusqu’à justifier la présence de voitures de luxe donnant des airs de salon de l’auto (devant notre stand, deux superbes cabriolet Audi et leurs hôtesses non moins jolies, voir photo plus bas). Non, Apple Expo, avec ou sans iPod, et même à quelques jours de la Photokina, reste un rendez-vous prisé par les photographes, attachés à leur Mac et soucieux de suivre ses évolutions. Ces derniers ont donc été nombreux à visiter le salon. Alors si les photographes étaient au rendez-vous et qu’ils ont pour certains fait un petit détour chez Photosapiens, que peut-on donc encore bien leur reprocher ? Rien, on peut juste les plaindre d’évoluer dans un marché de la photographie aussi mou, aussi conservateur et même souvent rétrograde. Un contexte propice à tout sauf à leur survie.

(c) Photosapiens Un visiteur parcourt le site de <a href="http://www.paulstarosta.com" class="spip_out">Paul Starosta</a>, béat d'admiration devant ses espèces animales et végétales immortalisées en studio sur fond noir. Comme d'autres, la personne est repartie avec comme souvenir un magnifique poster (le reptile) fabriqué par les imprimeries Escourbiac.
© Photosapiens
Un visiteur parcourt le site de Paul Starosta, béat d’admiration devant ses espèces animales et végétales immortalisées en studio sur fond noir. Comme d’autres, la personne est repartie avec comme souvenir un magnifique poster (le reptile) fabriqué par les imprimeries Escourbiac.

Sans revenir en longueur sur ce que propose Photosapiens, il faut juste expliquer ce qui s’est concrètement passé sur notre stand : des photographes sont venus, comme ils avaient été invités à le faire, avec leur cd-rom d’images basse définition, et ont, en quelques minutes, pu télécharger celles-ci sur un site temporaire pour tester les outils de publications, et d’organisation de Photosapiens. D’ici quelques jours, certains auront peut-être transformé ce compte de test en un vrai site sous leur propre nom de domaine. La plupart ont été séduits, certains bluffés, d’autres carrément enthousiasmés par ce système, au point de vouloir nous embrasser et de répéter "c’est génial, c’est génial..." Pour les démonstrations, nous étions directement connectés à internet, et mettions à jour le site de Yves Lanceau, munis en tout et pour tout de deux choses :
- un navigateur internet (Firefox)
- un cd-rom, sur lequel figuraient en basse définition 4200 fichiers classées en 163 races de chiens...
Yves est même passé nous voir vers la fin (voir photo plus bas) et nous avons pu discuter ensemble de choses et d’autres. De la taille à donner au watemark sur ses images par exemple, ce que nous avons pu modifier en 1 clic tout en sirotant un petit verre...

A côté de cela, des journalistes sont passés autour de notre stand, très à l’écart, faisant un grand détour pour ne pas trop s’en approcher. Egalement, des partenaires qui avaient promis de venir nous rencontrer, et que nous sollicitons inlassablement pour leur complémentarité, étaient trop occupés pour nous donner quelques minutes de leur temps sur 5 jours de présence au total. Voilà donc où l’on en est. Une société novatrice, fondée il y a 7 ans par des gens ayant découvert internet ailleurs qu’en France à une époque où il n’y avait pas l’ombre d’un modem ADSL ou d’un téléphone mobile dans notre pays, fabrique aujourd’hui pour le photographe ses outils de demain, mais tout le monde s’en fout. La presse spécialisée, les acteurs historiques et nouveaux venus de ce métier, et par extension, inévitablement, les photographes. Car à de rares exceptions près, le photographe professionnel est parfaitement ignorant de tout ce qui concerne internet. N’en ayant ni le temps, ni l’envie, ni même la culture, il doit s’en remettre au hasard, et prier pour que cette nébuleuse impalpable ne l’empêche trop de travailler. Alors que cette entité modulable et tout à fait domptable pourrait au contraire le booster, l’aider à avancer et à entrevoir l’avenir. En taisant systématiquement tout ce qui concerne internet, les organes d’information essentiels du photographe que sont les magazines photo ont leur part de responsabilité dans la crise que traverse ce métier dans notre pays du fait de sa non-utilisation des NTIC. Les amateurs en revanche, dix fois plus au courant, utilisent de nombreux outils d’aujourd’hui. Les plus malins d’entre eux - et ils auraient tort de s’en priver - se transformant même, grâce aux agences "nouvelle génération" qui monnaient impunément la photo à 1 euro sur le web, en formidables vendeurs d’images.

Après 7 ans de dur labeur, d’ingratitude et de mépris, après avoir fabriqué successivement un service de partage photo grand public, un magazine en ligne sur les appareils photo numériques, puis aujourd’hui un service d’hébergement pour les photographes, et un magazine en ligne sur l’actualité culturelle de la photographie, après avoir participé à de nombreux salons et non des moindres (Apple Expo, Adobe Live, MIPS, ou encore celui de l’UPC au Sénat en 2006 par exemple), Photosapiens va peut-être devoir encore inventer d’autres stratagèmes. Pour se créer de nouvelles passerelles, pour pallier à l’immobilisme, pour remplacer les acteurs qui devraient travailler ensemble mais font tous rigoureusement leur petit truc dans leur coin. Pour faire sans tous ceux qui, y compris sur internet, gardent jalousement leur terrain d’action, conservant l’illusion stérile que l’on peut être seul sur son secteur et développer son marché. Eh bien non, il n’y a pas de marché lorsqu’on est seul. Où en sont les investissement publicitaires sur le web des grands acteurs de la photographie ? Nulle part. Photosapiens doit systématiquement vendre ses espaces à des sociétés étrangères. Un comble lorsque l’on possède en France quelques unes des sociétés les plus innovantes, par exemple DXO pour ne pas la nommer, une firme qui se fait annonceur sur une multitude de sites américains et pas un seul chez nous [1]

Combien de prestataires, sur cette édition d’Apple Expo, entreprenaient d’aider le photographe à comprendre comment fonctionne internet ? Combien lui proposaient de l’accompagner pour dompter cette matière vivante et en faire son outil marketing et commercial de demain ? Un seul, le notre. Il y avait pour cela 27.5 tous petits mètres carrés (pour nous ils étaient grands, c’est pour le photographe qu’ils représentent une peau de chagrin). Nous sommes pourtant bien en 2006.

Mais ne dramatisons pas, tout ne va pas si mal, il y a iWeb, le nouveau truc d’Apple, ça suffira bien. Et puis laissons une nouvelle fois cela aux Américains. Contentons-nous de ce que nous savons bien faire. Occupons-nous de nos commémorations, soignons nos monuments historiques...

<b>(c) Photosapiens</b><br />Au premier plan, le stand Audi, et au second, en bout d'allée, le stand Photosapiens, dans un style plus sobre, et plus studieux.
© Photosapiens
Au premier plan, le stand Audi, et au second, en bout d’allée, le stand Photosapiens, dans un style plus sobre, et plus studieux.
<b>(c) Photosapiens</b><br />N'en déplaise aux puristes, l'iPod est LA star incontestée de ce salon. Cela dit, il est dommage effectivement, de voir réduire la marque à ce joujou, mais c'est sans doute un signe des temps, à bien prendre en compte...
© Photosapiens
N’en déplaise aux puristes, l’iPod est LA star incontestée de ce salon. Cela dit, il est dommage effectivement, de voir réduire la marque à ce joujou, mais c’est sans doute un signe des temps, à bien prendre en compte...
<b>(c) Photosapiens</b><br />L'équipe de choc qui animait notre stand voisin Audi
© Photosapiens
L’équipe de choc qui animait notre stand voisin Audi
<b>(c) Photosapiens</b><br />Sous des airs de salon de l'auto, on aperçoit le stand Photosapiens derrière l'attroupement qui s'est formé autour du bolide.
© Photosapiens
Sous des airs de salon de l’auto, on aperçoit le stand Photosapiens derrière l’attroupement qui s’est formé autour du bolide.
<b>(c) Photosapiens</b><br />Qu'est-ce qui est le plus affligeant ? Une voiture à 50 000 euros pour vendre un adaptateur iPod sur Apple Expo ? Ou le fait que sur ce même salon, en 2006, seulement 27.5 mètres carrés proposent au photographe professionnel de dompter enfin internet ?
© Photosapiens
Qu’est-ce qui est le plus affligeant ? Une voiture à 50 000 euros pour vendre un adaptateur iPod sur Apple Expo ? Ou le fait que sur ce même salon, en 2006, seulement 27.5 mètres carrés proposent au photographe professionnel de dompter enfin internet ?
<b>(c) Photosapiens</b><br />Laurent Fabry et Yves Lanceau
© Photosapiens
Laurent Fabry et Yves Lanceau

[1] Màj : Aout 2007, soit près d’un an après cet édito, DxO s’offre une première campagne sur Photosapiens.com, les choses évoluent peu à peu...

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