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6/05/08 -
Par Claire Caquel
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Birmanie, rêves sous surveillance

Manon Ott et Grégory Cohen, les fondateurs de l’association Les yeux dans le monde, se sont rendus en Birmanie à six reprises entre 2003 et la fin 2007. À force de rencontres ô combien enrichissantes, les deux photographes partis pour témoigner d’une situation politique préoccupante ont finalement décidé de privilégier l’aspect humain et personnel du vécu sous une dictature. Récits, témoignages, photographies en noir et blanc et documents couleurs sont réunis dans ce livre qui vient nous rappeler que même si l’actualité en Birmanie a aujourd’hui disparu de la une des grands médias internationaux et que la situation est officiellement "revenue à la normale", la colère de son peuple est toujours là.
En septembre 2007, "les médias du monde entier se sont emparés de la révolte safran au cours de laquelle des milliers de moines, épaulés par une jeunesse éprise de liberté, ont défié une junte au pouvoir depuis plus de quarante ans. Mais très peu de journalistes ont pu, comme Manon et Grégory, explorer le coeur de la résistance birmane : interroger les femmes et les hommes qui font de la Birmanie un pays où le pouvoir doit user de la force pour faire taire ses opposants", constate Robert Ménard, le secrétaire général de Reporters Sans Frontières.
People’s Desire
En Birmanie, le "paradis des censeurs" comme on le surnomme à RSF, l’armée a fait inscrire sur de grands panneaux rouges la volonté du peuple birman : le "people’s desire". Ces formules étranges se retrouvent également à la une de chaque publication, sur les écrans avant la projection d’un film et dans les journaux. Les photographies de Manon Ott et Grégory Cohen présentées dans ce premier chapitre suffisent à elles seules pour démontrer le fossé qui sépare ce "people’s desire" des aspirations de la population birmane.
Histoire de Résistance
Le deuxième chapitre est construit comme un hommage aux dissidents, en première ligne desquels apparaît Aung San Suu Kyi, fondatrice en 1988 de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), prix Nobel de la paix en 1991 et symbole de la résistance birmane.
Faites savoir au monde que nous sommes prisonniers dans notre propre pays. Aung San Suu Kyi
Entre Survie et Guerilla
Autre problème majeur en Birmanie : celui des minorités ethniques. Les civils sont les premières victimes de conflits de cet ordre comme celui qui oppose depuis soixante ans l’armée birmane et les rebelles karens, qui aspirent à l’indépendance. Au nom de "l’unité nationale", la langue et la culture birmane sont imposées par la force. Le travail forcé pour réaménager les routes est monnaie courante dans les régions périphériques.
Zone Frontière
Négociants d’armes ou de pierres précieuses, policiers, agents des services de renseignement thaïs et birmans, guérilleros, candidats à l’émigration vers la Thaïlande, la "zone frontière" est un lieu où tout se passe en sous-main. Un simple pont sépare les postes-frontières des deux pays. Parmi les milliers de personnes qui s’organisent chaque année pour traverser la rivière clandestinement, ceux qui y parviennent sont souvent contraints de vivre dans la clandestinité en Thaïlande. Espoirs souvent déçus d’un "havre de paix tant espéré".
A noter, l’exposition Birmanie, rêves sous surveillance à voir actuellement aux Voûtes (Paris 13ème)
Informations pratiques, notation et achat :
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Broché 175 pages Parution : 30 avril 2008 Collection : Monde, Photo Langue : Français ISBN-10 : 2746711478 ISBN-13 : 978-2746711471 Prix : 25 euros Notes : Intérêt du sujet : 5/5 Photographies : 4/5 Texte : 5/5 Présentation : 5/5 |
En savoir plus sur :
- Grégory cohen Photographe
- Manon ott Photographe
- Autrement Editeur
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