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26/02/08 - Communiqué  - 1721 visites  -  Impression (PDF) 

Esprits de chantier

Esprits de chantier

Un hôtel qui fait peau neuve à Paris, une association qui fait rêver depuis 16 ans des enfants hospitalisés . Deux métiers qui n’ont rien à voir et qui pourtant se rencontrent aujourd’hui dans le cadre d’une campagne média originale et utile. Comédiens, chanteurs, écrivains, chefs d’entreprise, libres penseurs ont accepté de se faire photographier dans le chantier du nouveau Mathurin… En contrepartie, l’hôtel reverse, pour chaque personnalité photographiée, 500 euros au Rire Médecin.

Le lieu, qui ouvrira ses portes en septembre prochain, proposera lors de l’inauguration, une vente aux enchères des photographies toujours au profit du Rire Médecin.
Une exposition de la campagne signée Benjamin Chelly sera ensuite ouverte au public dans l’enceinte de l’hôtel et ce durant 2 mois.

La démarche de Caroline Simonds et du Rire Médecin

Caroline Simonds vous êtes fondatrice et directrice du Rire Médecin, comment a commencé cette aventure ?

« Le Rire Médecin » est né de mon amour pour le travail de clown hospitalier. J’ai découvert ce métier à New York, en 1988, avec le Big Apple Circus Clown Care Unit et j’ai eu un véritable coup de foudre pour cette action. Mais rapidement, mon désir a été d’aller beaucoup plus loin tant dans le contenu que dans la forme des interventions. Je voulais tout mettre en œuvre pour qu’il existe une collaboration plus étroite entre les soignants et les comédiens, mettre en place des programmes de formation continue pour les comédiens et développer les techniques d’improvisation pour offrir aux enfants des interventions « sur-mesure ». Après avoir travaillé pendant trois ans et demi avec le Clown Care Unit sous le nom de Dr. Georgette Girafalaf, j’ai donc décidé de revenir en France et de créer en 1991 Le Rire Médecin.

Vous êtes américaine et pourtant c’est en France que s’est développée l’association, pourquoi ?

(c) Benjamin Chelly
© Benjamin Chelly

Je suis francophile depuis l’âge de 4 ans et c’était un vieux rêve d’enfant de vivre en France. Lorsque j’ai eu 16 ans, j’ai eu la chance de venir à Paris comme jeune fille au Pair. En 1969, je suis revenu 1 an pour étudier la musique, le mime et l’acrobatie. A la fin de mon cycle d’universitaire, j’ai décidé de vivre à Paris et ai fondé, avec Jules Cordière, le « Palais des Merveilles », une compagnie de théâtre de rue. Pendant 10 ans j’ai arpenté les villages de France et de Navarre dans tous les sens. La France est mon premier pays d’amour.
Quand je suis revenu des Etats-Unis pour fonder Le Rire Médecin, je savais que j’allais y trouver de bons interlocuteurs. Assez rapidement j’ai rencontré des chefs de service, notamment le Pr. Jean Lemerle, qui ont pris le risque de nous accueillir car comprenaient parfaitement la portée de notre démarche. A cette époque, il y avait un grand questionnement sur la qualité de vie à l’hôpital, et non plus seulement sur la qualité des soins. Notre projet s’inscrivait dans cette démarche, était innovant ; nous avons donc rapidement trouvé des soutiens financiers.

Pourquoi avez vous choisi de soigner par le rire et pourquoi les clowns ?

La mission du clown est unique : introduire le rire à travers le jeu dans un lieu où rien ne s’y prête, où beaucoup de choses très graves se jouent en permanence. Aucun autre intervenant n’a cet objectif en tant que tel et pourtant cela est indispensable et fondamental.
L’enfant se développe beaucoup par l’imaginaire et le clown possède de formidables atouts pour accrocher l’attention et la curiosité de l’enfant, pour le surprendre dans le bon sens du terme. Il est anachronique, « farfelu ». Aucun spectacle n’arrive préfabriqué au chevet de l’enfant ; à chaque rencontre, le clown va proposer un jeu, un univers que l’enfant peut s’approprie. Ensemble, enfant et clowns vont inventer quelque chose qui n’était pas du tout prévu. Dans un temps très court, l’enfant peut s’exprimer, s’impliquer dans une mini aventure improvisée et trouver sa part de rêve où il n’y a plus de limites, où il est permis de désirer. Dans cet espace imaginaire, il existe à part entière. Cela crée aussi des relations de complicité avec les clowns très particulières ; elles sont à la fois intenses et brèves ce qui leur confère un caractère magique et mystérieux qui a aussi son intérêt.
Le clown est également synonyme de surprise, et de bonne surprise. Avec le clown, tout est possible. Cette force de vie prend le contre-pied de la routine, de la mort, de la souffrance et de l’ennui. Cela est forcément ressourçant pour l’enfant. Enfin, le clown a une énergie fantastique. Il est plein de vie et il transmet ce goût et cette pulsion de vie à ceux qu’il rencontre. Les moments de jeu et d’aventures nourrissent l’enfant et compensent en partie les expériences désagréables répétées et cela aide l’enfant à ne pas se déprimer.

(c) Benjamin Chelly
© Benjamin Chelly

Quel est le plus que vous avez le sentiment d’apporter aux enfants, mais également aux soignants et parents ?

Que la vie continue malgré tout. Le jeu fait partie de la vie et permet à l’enfant de rester toujours un enfant et non pas seulement un malade. C’est une bulle d’oxygène qu’apportent les clowns. Nous mettons tout en œuvre pour leur apporter du plaisir adapté à leur état. Si c’est un tout petit, le plaisir peut être apporté à travers un jeu de marionnettes, de mains, un sourire de sa maman, une chanson, une parade improvisée dans les couloirs… Le jeu est toujours très important. Généralement les parents sont très émus de voir leur enfant sourire pour la première fois à l’hôpital. Ils comprennent vite que nous sommes des partenaires de la santé de leur enfant. Nous aidons et encourageons aussi les parents à rejouer avec leur enfant.

Quels sont vos objectifs concernant Le Rire Médecin pour les années à venir ?

Grandir avec grâce pour toujours garder la qualité de nos interventions sur le terrain. Nous souhaitons que tous les enfants hospitalisés en France bénéficient de ce travail. En termes de délais, nous aimerions que, dans 10 ans, tous les services pédiatriques aient leurs clowns. Nous voulons également promouvoir la « bientraitance » sous toutes ses formes, et ainsi servir d’exemple pour une approche ludique et humaine des enfants hospitalisés mais aussi de leurs parents et de leurs soignants. Nous souhaitons également créer une école pour permettre aux comédiens d’apprendre ce métier et d’en sortir vraiment qualifié. A plus court terme, nous voulons continuer nos formations auprès d’autres groupes de clowns afin qu’ils se professionnalisent. Quel est votre rêve pour Le Rire Médecin ?
Obtenir une réelle reconnaissance du métier d’hôpiclown par les pouvoirs publics et les hôpitaux d’une manière officielle. Il ne suffit pas, pour être clown à l’hôpital, de mettre un nez rouge et d’avoir suivi un stage. Il faut avoir reçu une formation spécifique pour travailler auprès des enfants malades. Créer une école pour transmettre notre savoir-faire et former va dans ce sens.

L’hôtel des Mathurins vous soutient désormais à l’année, une association originale, qu’est ce qui vous a séduit dans ce choix ?

J’ai tout de suite été très touchée par le profond respect qu’ils ont manifesté pour notre action. Cette association, c’est une rencontre de passionnés, puisqu’ils sont aussi passionnés par ce qu’ils font que nous le sommes. Il y a là une vraie rencontre humaine placée sous le signe de la complémentarité. Ils ne nous apportent pas seulement de la reconnaissance en nous mettant en avant via des événements mais bien un réel soutien. Soutien qui se transforme sur le terrain en sourires et rigolades.

La démarche de Didier Moinel Delalande, directeur de l’hôtel des Mathurins

Didier Moinel Delalande, vous êtes directeur de l’hôtel des Mathurins depuis 2 ans, vous avez initié au sein de cette entreprise familiale des rencontres culturelles depuis plus d’un an sous la formule du "Rendez vous du Mathurin" : exposition photos, peinture, lectures, avec notamment Natacha Régnier, Irène Jacob, Denis Podalydès. A la suite d’une lecture et exposition pour enfant vous avez reversé les bénéfices au Rire Médecin (Les clowns à l’hôpital).

Pourquoi cette démarche et pourquoi être allé vers cette association sachant qu’il y en a beaucoup d’autres ?

(c) Benjamin Chelly
© Benjamin Chelly

Parce que les rencontres que je fais dans ma vie m’amènent à prendre des positions, je n’aime pas rester inactif devant des sujets qui peuvent avoir des solutions… La solution qu’apporte le Rire Médecin aux enfants hospitalisés me parait être la plus belle et noble qui soit. Les enfants sont la part naissante de la culture de demain. Caroline Simonds et toute l’équipe du rire Médecin soutiennent moralement ces enfants tout en leur donnant cette culture du rire, de l’humour…
On ne peut qu’avoir envie de participer à cette aventure humaine. Vous positionnez vous comme un mécène ou comme un simple dirigeant d’hôtel qui essai de communiquer différemment tout en étant utile ? Je penche pour la deuxième réponse… Je dirige un hôtel, je ne dirige pas un musée, ni un coffre fort où l’on entrepose des oeuvres… Je veux faire vivre l’art et la culture, même si dans le cadre du « Rendez vous du Mathurin » nous sommes sur des durées plus courtes.

Le Rendez vous du Mathurin va t’il se poursuivre dans le nouvel Hôtel ? Les enfants y auront-ils leur place ?

Oui bien sûr, les enfants auront leur place, je ne fais pas les choses sur le court terme. La culture est l’une des clefs de voûte de notre métier, nous recevons tant de nationalités, tant de personnes de cultures différentes. Nous essayons à notre niveau, de leur donner un aperçu de la culture française autre que celui de la sempiternelle visite de la tour Eiffel ou du Sacré Cœur et nous tentons également de proposer cela aux enfants.

L’hôtellerie doit elle être pour vous nécessairement autre chose que le gîte et le couvert ?

Bien évidemment, si les clients le souhaitent, il y a des chaînes hôtelières où l’on met sa carte de crédit dans un distributeur et où l’on vous donne un code pour accéder à votre chambre, notre plus value est le contact que nous développons avec notre clientèle.

Sont-ce les 4 étoiles qui doivent marquer la différence ?

(c) Benjamin Chelly
© Benjamin Chelly

Pas nécessairement. De plus en plus d’hôtels de très grand standing, ouvrent avec une qualité de services et de décoration qui invitent à la culture et au bien être, le fait d’avoir 4 étoiles permet aux clients de savoir qu’ils auront un standard élevé dans le service proposé, maintenant c’est à nous directeurs et propriétaires de structures hôtelières de savoir aménager nos établissements pour que les clients se sentent accueillis. « Le luxe d’être chez soi » est mon light motiv… Dans la campagne que vous menez avec le Rire médecin des personnalités ont accepté d’être photographiées, en échange vous vous engagez à reverser 500 euros par personnalité. Comment choisissez vous ces personnalités ?

Je ne les choisis pas, je fais des propositions acceptent ceux qui le veulent. Vous incorporez dans votre campagne des personnages dédiés à l’hôtel (femme de chambres, responsable de communication et même votre silhouette apparaît). Font-ils vraiment partie de votre staff ? Pourquoi les mélanger aux personnalités ? Parce qu’elles et ils sont l’âme de l’Hôtel. Elles et ils sont comme moi des anonymes qui mettent leur savoir faire et leur assiduité à la réalisation d’une entreprise qui se veut différente et qui propose du fait de sa taille réduite, une vraie alternative originale dans la vie hôtelière de notre établissement. C’est une façon de les remercier.

Quels sont vos rêves pour le nouvel hôtel LE MATHURIN ? De pouvoir répondre aux rêves de nos clients en leur proposant l’endroit auquel ils rêvent quand ils planifient leur voyage à Paris…



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