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Communiqué
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Steichen. Une épopée photographique

L’exposition Steichen est la première rétrospective en Europe de l’oeuvre d’Edward Steichen. L’exposition est organisée à partir de 400 photographies d’époque (vintages) provenant de grandes collections publiques et privées des deux côtés de l’Atlantique. Après sa présentation à Paris, l’exposition circulera à Lausanne, Zurich, Reggio Emilia, Madr id, Wolfsburg et New York .
Esprit curieux et inventif, Edward Steichen (1879-1973) est l’un des photographes les plus prolifiques et influents de l’histoire de la photographie au XXe siècle. Cet américain d’origine luxembourgeoise co-fonde avec Alfred Stieglitz en 1902 le groupe Photo Secession, et participe activement à la revue Camera Work. Il est à la fois peintre et photographe. Comme photographe, il réalise des portraits, des paysages, des natures mortes, des nus ; il exerce ses talents dans la photographie de mode, de danse, de théâtre, de fleurs, dans la publicité, ainsi que dans la photographie de guerre et la photographie aérienne. Aucun genre, semble-t-il, n’échappe à son œil novateur. Graphisme, typographie, direction artistique offrent aussi un terrain fertile à sa créativité.
Condé Nast, séduit par ses photographies pictorialistes, lui confie en 1923 la direction artistique de Vogue et de Vanity Fair. Il sera aussi conservateur de la photographie au MoMA. La célèbre exposition qu’il y organise, The Family of Man, circule à partir de 1955, et touche environ dix millions de visiteurs à travers le monde. Ce sera le couronnement de sa carrière.
Quel que soit le Steichen que l’on privilégie — le "pur" artiste des débuts, le héraut de l’avant-garde artistique, l’artisan consommé d’images commerciales ou l’imprésario de classe internationale — la vaste étendue de ses talents est indiscutable. À des degrés divers et à des moments variés, il a imprimé sa marque sur la lithographie, la peinture, la photographie, l’écriture, le montage, la mise en page, la direction artistique, le design industriel, la muséographie et la conservation muséale. Et lorsque le besoin s’en faisait sentir ou qu’une opportunité se présentait, il était capable de lancer de vives polémiques, de lever des fonds pour des grands projets, de diriger des films et de faire office de jury à lui tout seul (le rédacteur en chef de l’influent magazine américain U.S. Camera finira par remercier les autres jurés réguliers pour laisser Steichen décider à sa guise). Au fil des décennies, il est demeuré l’inlassable porte-parole de l’art bourgeonnant — et du moyen de communication — qu’était alors la photographie.
Rares sont les domaines de la photographie que Steichen n’a pas explorés à un degré ou un autre, et grâce à son penchant marqué pour l’expérimentation, la plupart d’entre eux ont profité de ses innovations. Il a travaillé dans tous les genres — portrait, nu, paysage naturel et urbain, nature morte, fleurs, mais aussi documentaire, reportage, théâtre et danse, guerre (reconnaissance aérienne durant la Première Guerre mondiale, photographie de combat durant la Seconde), propagande, publicité, mode — et touché à toutes les techniques, dont les nouveaux procédés de tirage monochrome et couleur, le photomontage et les panneaux muraux, et même à un système de rendu du relief qu’il baptise "photosculpture". De l’enfant terrible de 1900 au photographe le mieux payé et (vraisemblablement) le plus connu de 1925, puis au conservateur tout-puissant de 1950, son parcours dans le monde artistique est impressionnant à tous égards. Considérant la durée et l’étendue de sa carrière, l’historien de la photographie Joel Smith conclut à juste titre que Steichen était indéniablement "la personne la plus mobile dans son domaine". "Un Jeune Homme aux idées nouvelles" William A. Ewing (extrait de l’introduction du catalogue de l’exposition)
Depuis les paysages oniriques et les portraits au modelé vaporeux réalisés dans les premières années du XXe siècle, jusqu’aux clichés de mode lucratifs enchaînés à un rythme rapide dans les années vingt, les vies photographiques d’Edward Steichen semblent se situer à des extrêmes difficilement compatibles. Il serait simpliste de chercher dans ses œuvres maîtresses des indices de génie, bien séparés des données biographiques. La période qui entoure la Première Guerre mondiale reflète la complexité d’un monde en mutation. À ce moment-là, Steichen se révèle lui-même un personnage multiple : photographe, peintre, botaniste et messager auprès du monde de l’art. La synthèse d’éléments de ces diverses activités confère à ses œuvres une richesse qui fait fi des barrières sociales et artistiques. Les malentendus sur la dimension sociale de l’art de Steichen ayant persisté au-delà de l’époque moderniste, c’est seulement à présent que l’on prend en compte toute l’étendue de son apport. "À la recherche de la lumière magicienne, Voulangis, 1908-1922" Ronald J. Gedrim (extrait du texte du catalogue de l’exposition)
"Le plus grand photographe du siècle". Qu’Edward Steichen ait pu si facilement conquérir ce titre peut s’expliquer de multiples façons : un sens certain de l’autopromotion, une carrière qui a circulé entre les formes, multiplié les genres et traversé les époques — il serait à lui seul toute la photographie du siècle —, mais plus sûrement encore le fait d’avoir su, comme son mentor Alfred Stieglitz, dépasser justement la photographie, déplacer son activité de la production à la promotion du médium, jusqu’à devenir une sorte de "métaphotographe" capable, dans cette distance même, d’incarner et de représenter tous les autres. "Edward Steichen scénographe d’exposition" Olivier Lugon (extrait du texte du catalogue de l’exposition)
Les répercussions et l’influence des activités de Steichen sont encore vivaces aujourd’hui. Du début à la fin de son épopée photographique, ses œuvres et sa personne conservent, à notre époque, une pertinence pour le médium qu’il s’était choisi. Edward Steichen apparaît donc comme une de ces forces culturelles que chaque génération se doit de redécouvrir et de réévaluer. Cette phase du débat ne fait que commencer. "Steichen hier, aujourd’hui et demain : le legs d’une icône" A.D. Coleman (extrait du texte du catalogue de l’exposition)





Informations pratiques :
Steichen. Une épopée photographiqueDu 9 octobre au 30 décembre 2007
Jeu de Paume site Concorde (Paris 8ème)
Vernissage le lundi 8 octobre 2007
Entrée : 6 €, tarif réduit - 3 €
En savoir plus sur :
- Edward steichen Photographe
- Jeu de Paume - site Concorde Lieu d’expo
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15 octobre 2007 10:20

