Cris et autres autoportraits
Exposition photo
Communiqué
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Cris et autres autoportraits

Cris et autres autoportraits », ce sont 25 images, réalisées en hommage au peintre Francis Bacon, que le photographe Serge Loxias expose du 17 novembre au 1er décembre à la Galerie-Atelier Gérard Ricard, 63 cours Pierre Puget, à Marseille (6°arrdt.) Le vernissage aura lieu le 16 novembre à partir de 18 h 30. A 19 h 30, sera projeté, sur une musique de BeZukho, un "video remix" réalisé à partir de ces images.
Plus qu’un exercice de style, plus qu’un "à la manière de ...", c’est à une réflexion autour de thématiques chères au célèbre peintre anglais que s’attache cette série du photographe Serge Loxias.
Hommage oblige, on relève évidemment quelques clins d’œil : la matière de certains fonds, la géométrie de certains panneaux, cette flèche jaune vers un mur vague, et ces bouches carnassières, et ces titres repris d’œuvres célèbres de Bacon. Ce ne sont que des clins d’œil. L’essentiel, on le trouve dans ces deux citations du peintre qui ouvrent l’exposition comme un manifeste : « La violence doit résider dans la peinture elle-même, non dans la scène qu’elle montre » et « Peindre le cri plutôt que l’horreur ». Cri qui se décline ici à travers l’autoportrait.
L’autoportrait. Un genre délicat, tout d’équilibre, dans lequel l’auteur a beaucoup hésité à se risquer. L’aimable disponibilité du modèle a finalement emporté la décision et, au bout de quelques heures de travail, le sentiment que ce même modèle devenait un étranger, un prétexte, une matière première malléable à souhait.
Peindre le cri plutôt que l’horreur
Le cri. Nous voilà dans le vif du sujet. Il passe comme un fil rouge d’image en image depuis sa genèse incertaine jusqu’à sa fin misérable, brisé en éclats de rire. Quelles horreurs, quelles violences en sont la cause ? Pour tenir le programme fixé par Francis Bacon, cela ne sera ni dit, ni montré. On se résoudra à poser des hypothèses. Les optimistes parleront de l’absurdité de la vie et, pour suivre Camus, de Sysiphe. Ils n’auront pas tort. Les pessimistes non plus, qui y verront un cri sans cause, sans raison, un cri déraisonnable. Le seul indice laissé par l’auteur est contenu dans le polyptique qui vient clore la série : en bas, au comble de l’exaspération, hurlent les adorateurs, tandis qu’au dessus d’eux éclate un vaste éclat de rire dont se détournent même les alter ego du célébrant. Alors, hors scène, les masques pourront revenir combler le vide que le cri a creusé dans les visages. Mais sur l’image, fixe et muette, le rire est si proche du cri qu’il s’en faudrait d’un rien qu’on ne les confonde.
Dans ces mimes du cri, il y a aussi le souvenir de « Figure » de Pierre Charras, cette pièce de théâtre superbement mise en scène par Lukas Hemleb et que jouèrent si intensément Denis Lavant et le danseur Gianfranco Poddighe. Si cette série pouvait en être un écho, Serge Loxias n’en serait pas peu fier. Et puisqu’il est question de théâtre... Comme toute tragédie classique, la série de Serge Loxias respecte la régle des trois unités : unité de lieu - une chambre d’hôtel -, unité de temps - la prise de vue s’est déroulée sur moins de deux heures, unité d’action - le cri.
Informations pratiques :
Cris et autres autoportraitsPhotographies de Serge Loxias
Du 17 novembre au 1er décembre 2006
Galerie Gérard Ricard (Marseille)
En savoir plus sur :
- Serge loxias Photographe
- Galerie-Atelier Gérard Ricard Lieu d’expo
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